Les Treize nouvelles régions auront moins de disparités démographiques et économiques

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Selon l'Insee, les 13 nouvelles régions seront davantage homogènes au niveau démographique et économique
Selon l'Insee, les 13 nouvelles régions seront davantage homogènes au niveau démographique et économique (Crédits : Ministère de l'Intérieur)
Dans sa nouvelle publication "La France et ses territoires"*, l'Insee estime que les 13 nouvelles régions seront plus homogènes sur le plan économique et démographique.

Treize nouvelles régions plus homogènes et aux caractéristiques démographiques plus proche. Au-delà des polémiques qui n'ont pas manqué sur la création des 13 nouvelles régions métropolitaines (au lieu de 22 jusqu'ici) le 1er janvier 2016 (après l'élection des conseils régionaux les 6 et 13 décembre), l'Institut national de la statistique (Insee) s'est penché sur ces nouveaux ensembles pour en examiner la cohérence. Déjà, pour l'Insee, un constat s'impose: "comme pour tout processus de regroupement, la création de ces ensembles plus vastes induit mécaniquement une réduction des différences démographiques et économiques observées". Explications.


Une répartition démographique plus homogène

A l'avenir, aucune des nouvelles régions françaises continentales ne comportera moins de 2 millions d'habitants. Alors que c'était le cas auparavant notamment pour le Limousin, la Basse-Normandie, Champagne-Ardenne, etc. Derrière les deux très grandes régions (Ile-de-France, 11, 9 millions et Rhône-Alpes, Auvergne, 7,6 millions), suit un groupe de cinq régions de taille intermédiaire, comportant chacune cinq à six millions d'habitants (Nord-Pas-de-Calais, Picardie ; Aquitaine, Limousin Poitou-Charentes ; Languedoc-Roussillon, Midi Pyrénées ; Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine ; Provence, Alpes, Côte d'Azur).

Mais des disparités démographiques subsistent encore. Par exemple, la population des régions du Nord et de l'Est augmente moins fortement que la moyenne française et elle reste plus jeune. A l'inverse, la population des régions du Sud et de l'Ouest augmente et vieilli plus vite.

Moins de différences dans le PIB par habitant


Au niveau économique aussi, la création de plus grandes régions dessine une carte où un nombre plus importants de régions présente un poids économique intermédiaire (derrière l'Ile-de-France qui pèse pour près de 30% du PIB français), ce qui n'était auparavant le cas que pour Rhône-Alpes et Paca. Désormais, ces deux régions additionnées à quatre autres (Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes ; Nord-Pas-De-Calais, Picardie ; Languedoc-Roussillon, Midi Pyrénées ; Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine) représentent près de la moitié du PIB national (47,7%).

Par ailleurs, la création des nouvelles régions va réduire la dispersion des PIB par habitant. En effet, des régions présentant un PIB par habitant supérieur à la moyenne sont regroupées avec des régions où ce même PIB se situe en deçà de cette moyenne. L'exemple le plus criant est le cas de Rhône-Alpes (PIB par habitant supérieur de 15,6% à la moyenne) et de l'Auvergne (- 6,3%).


La répartition de la valeur ajoutée se rapproche

De même encore, le processus de regroupement conduit à rapprocher la répartition par secteur de la valeur ajoutée dans les nouvelles régions.Ainsi, alors que, actuellement, c'est en Champagne-Ardenne que le secteur agricole pèse le plus avec 8,7% de la valeur ajoutée régionale, le poids de l'agriculture chutera à 3,5% dans le nouvel ensemble que formera cette ancienne région avec l'Alsace et la Lorraine. Et c'est dans la nouvelle région Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes où le poids de l'agriculture sera désormais le plus élevé (4,1%). Quant à la région Normandie, elle présentera la plus forte part de valeur ajoutée industrielle (20,2%). A l'opposé, le poids de l'industrie sera le plus faible en région Paca (10,8%), maintenant que le Languedoc-Roussillon est regroupé avec Midi-Pyrénées.
Enfin, s'agissant des services marchands, derrière l'Ile-de-France, c'est la région Paca (35,1%) qui détient la palme de la valeur ajoutée. A l'inverse, la nouvelle entité Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine est la moins orientée vers les services marchands (28,3%).

* "La France et ses territoires", collection Insee références, Éditions 2015 (Prix: 19,70 euros).

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Commentaires
a écrit le 16/04/2015 à 9:11 :
pour gommer toute disparité, une solution simple:
regrouper le tout en une seule région ! :-)
a écrit le 15/04/2015 à 11:12 :
Quel article navrant, tout autant que ce projet de fusion des régions.
On voit déjà qu'il y a des guerres entre fiefs pour savoir qui sera la capitale de ces nouvelles régions, ravivant d'ancien conflits qu'on pensait éteint en entendant un élu de franche comté dire que la bourgogne est entrain de les annexer.... On est entrain de créer un schisme de plus entre Français, bravo Hollande, bravo l'UE.
Le reste on s'en fout un peu, c la culture, l'histoire qui façonne les régions et donc leur économie et non pas l'inverse
a écrit le 15/04/2015 à 11:10 :
Beau découpage de la France en 5 bandes NNE-SSO. Chaque région devrait avoir sa métropole internationale. La Normandie et la Bourgogne sans métropole, sans aéroport international font parents pauvres. Est-ce que la France socialiste et bureacratique veut leur faire payer leur gloire passée, celle des duc de Normandie et duc de Bourgogne?
a écrit le 15/04/2015 à 9:41 :
C'est en lisant ce genre d'article que l'on mesure la bêtise francaise. Quelle importance d'avoir des régions homogènes en taille et en PIB moyen à part avoir de jolis statistiques ? Additionner une région pauvre avec une riche pour obtenir une moyenne acceptable cela s"appelle 'cacher la misère' mais cela ne changera strictement rien à la situation sur le terrain. Ce qui compte pour les politiques aujourd'hui (et les médias ) ce sont les statistiques, pas les gens.
Réponse de le 15/04/2015 à 10:20 :
Je partage votre constat mais il est à espérer, si les politiques jouent le jeu, que sur les compétences des nouvelles régions (?) les disparités soient réduites afin de permettre un développement plus homogènes. Cela parait un peu utopiste il est vrai.
Réponse de le 15/04/2015 à 11:07 :
Cette réforme se fait dans un esprit Jacobin appliqué aux régions. Le critère de choix des préfectures est à ce titre très significatif.
Il y avait 2 options : choisir la ville la plus dynamique pour des raisons d'image ou au contraire privilégier l'emploi public dans les endroits les plus touchés par le chômage pour équilibrer les territoires.
C'est malheureusement la 1ère option qui a été systématiquement choisie. Cela est très regrettable, car ce type de politiques de rééquilibrage est au coeur des missions d'un Etat. Bien des pays l'ont compris (En Europe, aux Etats-Unis, en Australie...) Non seulement cela ne coûte rien de plus à l'Etat, mais cela limite le développement des politiques d'assistanat de manière positive.
Au lieu d'intervenir constamment dans la vie économique, développer des politiques de l'emploi complètement inadaptées et désormais financer les entreprises sans le moindre succès, l'Etat ferait mieux de se demander ce qu'il peut faire lui-même pour les territoires en difficulté.
En l'occurrence dans ma région près de 5 000 emplois vont être déplacés de l'ancienne préfecture, l'une des plus touchées en France par le chômage, vers une nouvelle préfecture, l'une des plus dynamique du pays en matière d'emploi. Globalement, les postes ne seront même pas supprimés, mais juste déplacés, il n'y aura donc même pas d'économies au final sur le budget de la collectivité. Pas d’économies globales, un renforcement des inégalités pour les territoires déjà faibles : quel est le sens de cette réforme ?
a écrit le 15/04/2015 à 8:34 :
Chic, on va créer un étage de fonctionnaires en plus! Il va falloir embaucher pour de nouvelles administrations: communes, départements, régions, grandes régions,........la France est un pays remarquable: on plante des fonctionnaires et il pousse des impôts! (Clemenceau )

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