Datacenters : OVH incite l'Etat à adopter le Cloud

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Nous sommes leader européen. Nos concurrents sont de grands groupes américains dont la position dominante nuit à la compréhension des solutions françaises. Il faudrait que les appels d'offre en tiennent compte. (Laurent Allard, CEO d'OVH Group)
"Nous sommes leader européen. Nos concurrents sont de grands groupes américains dont la position dominante nuit à la compréhension des solutions françaises. Il faudrait que les appels d'offre en tiennent compte." (Laurent Allard, CEO d'OVH Group) (Crédits : OVH)
Le leader européen de l'hébergement d'applications Web voudrait que l'Etat montre l'exemple en intégrant les nouvelles technologies numériques disponibles en France. Cet appel a été lancé directement à Emmanuel Macron venu inaugurer le nouveau campus d'OVH à Roubaix.

"En France, la dépense publique informatique est énorme parce que les services publics continuent à investir dans des technologies anciennes et à gérer leurs propres infrastructures informatiques. Or, nous avons tous besoin qu'ils réduisent leurs coûts et soient plus agiles. C'est justement ce que permet le Cloud. Les entreprises l'ont bien compris. Il est temps que l'Etat fasse de même."

Laurent Allard, CEO d'OVH Group, leader européen du Cloud et des infrastructures Internet, n'y va pas par quatre chemins et dit mettre tout en œuvre pour que les services de l'Etat opèrent cette rupture. Jusqu'à interpeller publiquement Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, venu inaugurer à Roubaix le premier bâtiment du nouveau campus d'OVH.

L'arme des appels d'offres pour valoriser la technologie européenne

"L'Etat pourrait être davantage exemplaire dans l'intégration des nouvelles technologies présentes en France. Nous sommes leader européen. Nos concurrents sont de grands groupes américains dont la position dominante nuit à la compréhension des solutions françaises. Il faudrait que les appels d'offre en tiennent compte. Il faut défendre ce que le marché européen du numérique peut apporter. Nous demandons à être traités à égalité."

En réponse, Emmanuel Macron a rappelé que son ministère a modifié le cadre des achats publics de manière à y introduire les critères d'innovation, d'économie sociale et d'environnement. Et il a poursuivi en rappelant les partenariats que les GAP (groupement d'achats publics) sont appelés à développer avec les entreprises labellisées French Tech.

L'arme de la sanctuarisation des données des Européens

"Nous voulons également construire un marché unique du numérique en Europe pour que se constitue une offre européenne permettant aux consommateurs et aux entreprises de savoir comment sont stockées et sécurisées leurs données. Enfin, nous nous sommes lancés dans la bataille des normes de manière à mettre en avant des réponses françaises et les porter au niveau européen et, ensuite, face aux américains. Dans tous ces domaines, notre réussite passe par notre capacité collective à nous organiser au niveau local, national et européen."

Un campus dédié à la recherche mais aussi au bien-être des salariés

Et c'est bien cette capacité des services de l'Etat - en particulier celle de l'Etablissement Public Foncier et à la Préfecture - à travailler en collaboration étroite avec les collectivités locales - dont la métropole de Lille - qui a permis de construire en un temps record - six mois à peine! - le premier bâtiment de 2.000 mètres carrés du nouveau campus d'OVH sur une friche industrielle polluée de Roubaix située en bordure du siège du groupe familial.

Dédié à l'innovation technologique, ce campus abritera de la recherche, des laboratoires d'essai, un incubateur ainsi que des salles de sport et de loisir pour les salariés d'OVH. Aujourd'hui, il couvre 2.000 mètres carrés. Dans deux ans, il s'étendra sur 9.000 mètres carrés.

Emploi, chiffre d'affaires, expansion... OVH se multiplie

Le leader européen de l'hébergement d'applications Internet voit grand. A Roubaix, il emploie environ 750 personnes dont près de 660 salariés. Dans les cinq prochaines années, les effectifs devraient y doubler. Dans le même temps, OVH compte quadrupler son chiffre d'affaires, qui avoisinera alors le milliard d'euros. De 1.200 collaborateurs aujourd'hui à travers le monde, les effectifs dépasseront à cet horizon les 2.000 personnes. D'ici là, il aura construit 12 nouveaux centres de données (ou datacenters, datacentres...). Aujourd'hui, il en a 17, dont 6 à Roubaix, qui ne sont pour l'instant remplis qu'au quart de leur capacité.

"Nous allons implanter nos prochains datacenters aux Etats-Unis, à Singapour, en Australie, Espagne, Grande-Bretagne, Pologne, Italie et Allemagne. Par rapport à nos concurrents américains, nous savons faire du Cloud totalement dédié via notre offre Dedicated Cloud. En cela, notre offre est très compétitive", indique Laurent Allard.

Economie des données, confiance numérique et objets connectés

Aujourd'hui, OVH est déjà présent dans 17 pays. Il a 1 million de clients dans 130 pays. Avec ses prochaines implantations, il va déployer ses ressources en Europe, en Asie et aux Etats Unis, un marché qu'il fournit pour l'instant depuis le Canada où il est présent depuis 2013. Sur les quinze dernières années, OVH a investi 700 millions d'euros. C'est déjà beaucoup. Il compte faire davantage dans les cinq ans à venir.

Emmanuel Macron a salué la réussite de cet acteur français du numérique avant de faire la revue des Solutions de la Nouvelle France industrielle (NFI) dans un des bureaux d'OVH en présence de plusieurs acteurs du numérique. Lors de cette réunion, des solutions ont été étudiées sur l'économie des données, la confiance numérique et les objets connectés.

"Autant de solutions que nous pouvons offrir à travers le Cloud", a tenu à préciser Laurent Allard.

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Commentaires
a écrit le 18/02/2016 à 18:58 :
Je parie que le premier à sauter le pas sera le ministère de la Défense...
a écrit le 18/02/2016 à 13:40 :
La problématique du cloud est assez facile à poser.

Que puis-je donc confier à un inconnu:
- qui n'est ni de ma famille, ni de mes amis, ni même un ami d'un ami
- qui n'habite nulle part
- qui n'existait pas il y a cinq ans et dont rien ne garantit qu'il existera encore dans 6 mois
- dont on ne sait pas ce qu'il fera de ce qu'on lui confie (fera t'il des copies, si oui combien et est-ce que je pourrais les effacer définitivement et intégralement?)
- qui est soumis à des pressions extérieures (un patron, des actionnaires, des autorités judiciaires) qui vont l'obliger à tenter de rentabiliser au mieux ce qu'on lui confie, voire à le dévoiler.

La réponse est : ce qui n'a pas d'importance, ce qu'on peut perdre, ce qu'on peut voir dévoiler en place publique, ce qui n'est ni personnel ni intime... bref RIEN.
Réponse de le 18/02/2016 à 18:49 :
Effectivement,

le cloud c'est comme confier les clés de son coffre fort à des inconnus situés ... dans les "nuages" ...

lorsque, inconscientes et négligentes, les entreprises auront subit un préjudice économique majeur, vol de données revendues à la concurrence et aux plus malveillantes officines,

les entreprises "violées" iront demander réparation à un Tribunal "dans les nuages" !!!!

l'entreprise en chute libre en provenance de la satellisation finira grillée comme les météorites ...
a écrit le 18/02/2016 à 11:16 :
Ayant eu à exercer des responsabilités dans le domaine informatique et télécom (SI) de la fonction publique, après une carrière industrielle, j'ai été sidéré par :
- le retard technologique des hôpitaux et des différentes structures publiques sur leur SI,
- les dépenses énormes de chaque établissement sur leur SI, aucune mutualisation des dépenses même au niveau régional ! résultat déficit pour tous ...
- malgré ces dépenses, le niveau de compétences des informaticiens est très en retard (dû au fonctionnement de la FP et de son mode de recrutement), la sécurité informatique est lamentable (piratage facile), les services informatiques très en dessous de leurs possibilités .
En conséquence, je préconise la mutualisation des dépenses (divisées par 10 en regroupant !) et pour cela il faut créer un cloud au moins régional ! Le cadre budgétaire est aussi plus clair avec les conseils régionaux et les préfectures de régions.
Ensuite que le Cloud soit public ou privé est une question qui vient après. D'après mon vécu professionnel d'ingénieur, un cloud privé sera bien plus professionnel actuellement (24/24, 7 jours sur 7, ce qui est impossible en hôpital par exemple), les équipements, niveau de compétences, niveau de sécurité des données, seront sans équivalent avec un Cloud public. Donc appel d'offres et concurrence, contrat clair et net, sous-traitance d'un domaine qui coûte bien trop cher à nos structures publiques (donc ajoute aux impôts) ! Il faut petit à petit faire revenir la fonction publique dans l'efficacité de la société civile dont elle est trop coupée (compétences notamment), mais il faudra que les politiques décident enfin et quelqu'un qui pilote l'action !
Réponse de le 19/02/2016 à 9:09 :
@labete
" j'ai été sidéré par :
- le retard technologique des hôpitaux et des différentes structures publiques sur leur SI,
- les dépenses énormes de chaque établissement sur leur SI, aucune mutualisation
[...]
- le niveau de compétences des informaticiens est très en retard
[...]
D'après mon vécu professionnel d'ingénieur, un cloud privé sera bien plus professionnel actuellement "

Vous posez bien le problème et en tirez les mauvaises conclusions. Les données de l'Etat n'ont pas à être confiées à une entreprise dont le but est de faire de l'argent. La solution n'est pas de tout sous-traiter au privé mais d'embaucher des réelles compétences dans le Public, de leur offrir des perspectives de carrière, de bien les rémunérer, bref de savoir les retenir. Ce qui n'est pas fait actuellement (de nos jours, tous les gros chantiers sont confiés bien salement à des grosses SSII -pardon, ESN- dont le seul atout est leur taille et leur nom).
a écrit le 18/02/2016 à 10:01 :
Tout ces acteurs privés qui n'arrêtent pas de nous dire que l'état c'est nul mais qui comptent essentiellement dessus pour se faire du profit ça commence à devenir obscène un peu quand même...

L'économie se "libéralise"-t'elle ou bien se soviétise-t'elle svp ? On y comprend plus rien...
a écrit le 18/02/2016 à 9:29 :
Le cloud, c'est l'hyper danger pour l'éternité ;

Personne n'est capable de garantir quoi que ce soit, tous les piratages sont possibles et certains dans le cloud,

les conséquences des piratages se mesurent sur l'incertain LONG terme.
Réponse de le 18/02/2016 à 10:14 :
c est vrais mais c est une entreprisse francaise qu ien veut, et qui veut se demarque des americains, il faut favorise et aide cette entreprisse inovente et francaise???
Réponse de le 18/02/2016 à 13:12 :
LOL, vous pensez que les équipes IT de votre entreprise sont capable de garantir mieux? Dans la plupart des entreprises, le départ d'UN SEUL membre clef de l'équipe IT mettrait en danger pour des semaines voire des mois la stabilité de l'édifice. Quand au piratage, il est dans une TRES grande mesure le résultat de hacking social (i.e. téléphoner à votre secrétaire et lui demander le mot de passe, simplement...). Quand au hacking software, je préfère faire confiance à un opérateur qui gère 200'000 serveurs qu'au neveu du directeur de l'IT qui s'est mis à Linux il y a 3 mois.

Mais je suis persuadé que votre entreprise fabrique sa propre électricité, purifie sa propre eau et utilise ses propres autoroutes? Pour l'Internet, vous avez créé votre version privative également? L'IT n'est malheureusement qu'une commodité de plus, n'en déplaise aux dinosaures de l'informatique, qui, plus que sauver leur entreprise, cherchent surtout à sauver leur job.

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