Jusqu'où ira la robotisation dans les entrepôts logistiques  ?

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Au cœur de l'entrepôt CDiscount à Bordeaux, une armada de petits robots mobiles se déplacent de façon autonome grâce à une navigation laser. Capables de porter jusqu'à 30 kilos, ils peuvent se hisser jusqu'à 10 mètres de haut. Ils apportent même les marchandises jusqu'au poste de travail de l'opérateur... Derrière cette innovation disruptive, une start-up lilloise, Exotec Solutions.
Au cœur de l'entrepôt CDiscount à Bordeaux, une armada de petits robots mobiles se déplacent de façon autonome grâce à une navigation laser. Capables de porter jusqu'à 30 kilos, ils peuvent se hisser jusqu'à 10 mètres de haut. Ils apportent même les marchandises jusqu'au poste de travail de l'opérateur... Derrière cette innovation disruptive, une start-up lilloise, Exotec Solutions. (Crédits : Exotec)
A l'occasion du comité de pilotage annuel d'Euralogistic en Hauts-de-France, le pôle d'excellence régional s'est posé la question du rapport de l'homme à la machine, dans un univers logistique amené à s'automatiser et à se robotiser.

Il s'appelle Skypod. Et a conquis le cœur de l'entrepôt CDiscount à Bordeaux. Là-bas, une armada de ces petits robots mobiles se déplacent de façon autonome grâce à une navigation laser. Capables de porter jusqu'à 30 kilos, ils peuvent se hisser jusqu'à 10 mètres de haut. Ils apportent même les marchandises jusqu'au poste de travail de l'opérateur...

Cette première génération de « robots en trois dimensions » a fait une entrée remarquée dans le monde de la logistique. Derrière cette innovation disruptive, une start-up lilloise, Exotec Solutions.

Répondre mieux aux pics d'activité

« Le système de cette flotte de robots peut accompagner facilement l'accroissement de l'activité sans nécessiter obligatoirement de gros investissements, ce qui plaît beaucoup aux e-commerçants », note Romain Moulin, co-fondateur de la solution avec Renaud Heitz.

Car les pics d'activité sont de plus en plus resserrés dans le temps. Si, avant, une campagne de Noël commençait le 15 novembre, elle a de plus tendance aujourd'hui à vraiment démarrer le 15 décembre, signe d'un profond changement dans les habitudes des consommateurs. Et gage de stress maximal dans les supply chains !

Jusqu'où les cadences pourront-elles aller ?

Pour Francis Ciuch, Pdg de l'entreprise éponyme, spécialiste des solutions de mécanisation d'entrepôt, qui a travaillé avec Exotec, pas de doute : « Skypod est une rupture technologique sans précédent. C'est l'avènement du good-to-man, la logistique qui amène le produit à l'homme afin de diminuer la pénibilité », a commenté le dirigeant à l'occasion du comité de pilotage annuel d'Euralogistic en Hauts-de-France.

Le pôle d'excellence régional, cluster d'entreprises, s'est justement penché sur la question de l'« homo logisticus », la place de l'homme face à la machine et au robot. Jusqu'où les cadences pourront-elles aller ?

« Skypod permet 400 pickings par station, on pourrait aller jusque 700 colis par heure, mais CDiscount nous a dit stop, c'est trop rapide. »

La robotisation progresse mais la performance dépend de l'humain

Dans la région des Hauts-de-France, plusieurs acteurs expérimentent depuis longtemps la robotisation. Comme chez Log's (1.400 collaborateurs, 100 millions de chiffre d'affaires), « créateur de solutions logistiques », notamment à travers les exosquelettes, ces structures mécaniques d'assistance à l'effort. Ou encore Neopost qui a mis au point une machine permettant de découper les emballages sur mesure en fonction de la taille des produits.

« Nous n'en sommes qu'au début : des robots peuvent désormais sortir des palettes entières sans l'intervention de l'homme. Reste que l'humain a plus que jamais sa place dans la logistique : c'est auprès de l'opérateur que l'on va chercher la performance, ce fameux ROI (retour sur investissement, Ndlr) », commente Franck Grimonprez de Log's.

« Je crois beaucoup à la semi-automatisation pour aider les opérateurs puisque dans mon métier, on peut très bien avoir à traiter un crayon à maquillage qu'un fût de bière de 5 litres », avance Olivier Coryn de Log Vad, spécialiste de l'e-commerce et de la VAD.

Adapter les métiers aux nouveaux besoins

Derrière cette dimension humaine, les entreprises réfléchissent à l'évolution des métiers. « Les fonctions de cariste par exemple évoluent », explique Frédéric Henon, directeur général de Kloosterboer, spécialiste des produits alimentaires sous température contrôlée travaillant notamment pour Mc Cain à Harnes.

« Sur le quai, ils chargeront et déchargeront toujours les camions. Dans notre processus d'amélioration continue, nous avons répertorié tous les aléas afin d'éviter un certain nombre de gaspillages et d'aléas : du coup, nous avons besoin de personnes capables d'utiliser des outils numériques, des tablettes, des scanners, d'aller chercher des données dans l'ordinateur en fonction de la situation rencontrée, etc. »

Recherche automaticien H/F pour la maintenance des robots

Nathalie Pruvost, magasinière chez Décathlon depuis six ans, a vu arriver la tablette et les puces RFID sur chaque article « des procédés qui réduisent énormément les risques d'erreurs et surtout font gagner du temps pour faire autre chose, comme la commande de cartons ou de consommables, par exemple ». Dans des métiers plus pointus, la pénurie se faite sentir. « Je cherche un profil d'automaticien depuis un an », se désespère Franck Grimonprez de Log's, qui a donc décidé de lancer une Log's School, centrée notamment sur la maintenance des robots.

Pour Patrick Isaert de Condiservices, spécialiste du « spécifique », basé à Mouvaux près de la frontière belge (140 salariés et 6,2 millions d'euros de chiffre d'affaires, 5 établissements), si la robotisation est incontournable, « l'humain est au coeur de l'entreprise : impossible de fonder l'activité sur la mécanisation même si cette dernière permet souvent d'aider le collaborateur ", explique-t-il.

Pour lui, « la différence entre l'homme et le robot, c'est l'algorithme. On peut innover pour aller plus vite que l'humain, mais l'homme aura toujours besoin de sens et de reconnaissance. »

Euralogistic, intervenants, logistique, Hauts-de-France, Gaëtane Deljurie,

[ Le 5 février 2018, à Euralogistic, pôle d'excellence régional logistique et supply chain en Hauts-de-France, la table ronde de l'Euralogistic'Day 2018 a réuni des praticiens et des chefs d'entreprise de la région : de gauche à droite, Patrick Isaert (Condiservices), Frédéric Henon, (Kloosterboer), Franck Grimonprez (Log's), Olivier Coryn (Log Vad), Francis Ciuch (Ciuch), Nathalie Pruvost (Décathlon). ]

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Vidéo de présentation du système Skypod développé par la startup lilloise Exotec pour l'entrepôt de CDiscount à Bordeaux (source : Exotec, durée 2'11")

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Commentaires
a écrit le 01/03/2018 à 23:28 :
il on meme prevue des fermes agricole bio ans les villes dans des batiments robotise la robotisation n en n ai qua ses debuts plein d idee nouvelles sont en etude dans tous les pays du monde, mais la grande question pouront il donne du travail ou un revenue a tous vue l augmentation demographique dans certain pays???
a écrit le 28/02/2018 à 19:11 :
C'est normal d'automatiser tout ce qui peut l'être. Il y a de bonnes innovations dans ce robot mais je me souviens d'un hopital qui était deja munis de robots dans les années 80 pour alimenter les salles d'operations en équipements, il y a presque 35 ans !

Ca met du temps à être "affordable" et maintenant ca va se développer de manière exponentielle jusqu'à atteindre des limites physiques, métaux rares, terres rares, salaires rares, un jour elles seront tellement rare qu'il faudra guerroyer pour les acquérir mais c'est pas possible entre états nucléaires. Une guerre nucléaire circonscrite entre l'inde et le pakistant par exemple entrainerait un hiver nucléaire dommageable à son tour à tous les habitants de la planète (famines).
Le progrès va trop vite et ne fait que ruisseler vers le haut, captation préemption pour des produits C discount jettables remplis de plastiques petroliers.
On va tous morfler à cause de rapaces meme pas aware qu'une fois montés jusqu'aux ciels les baobabs nous retombent sur la gueule couchés par les vents violents d'altitude!
a écrit le 28/02/2018 à 8:48 :
Difficile de ne pas pas avoir en tête ce reportage sur ces employés de LIDL qui travaillent dans des entrepôts obligés de suivre à la lettre les ordres de robots.

Car c'est ce qui est en train de se passer, ils ont tellement fait chuter les salaires qu'il vaut mieux faire obéir un humain à un robot plutôt que de totalement robotiser, une horreur qui devrait être sanctionnée par la justice, puisque nos politiciens sont dorénavant totalement corrompus.

Donc oui à fond pour la robotisation, mais à fond et pas à moitié déshumanisant toujours plus notre économie qui n'en a vraiment pas besoin.

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