Restructuration de Brice, Jules et Bizzbee : Happychic se révolutionne

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La crise du marché de l'habillement serait en cause avec la concurrence de géants comme Zara, H&M ou Primark mais aussi le changement des comportements d'achats, notamment avec le shopping en ligne.
La crise du marché de l'habillement serait en cause avec la concurrence de géants comme Zara, H&M ou Primark mais aussi le changement des comportements d'achats, notamment avec le shopping en ligne. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Après Pimkie en début d’année, c’est au tour des magasins Brice, Jules et Bizzbee d’annoncer une restructuration d’envergure visant carrément à lancer une nouvelle enseigne. Des mutations profondes sont à l’œuvre dans la galaxie Mulliez.

D'ici 2021, 88 magasins non rentables fermés (48 Brice, 30 Jules sur 546 Jules et Brice et 10 Bizzbee), 466 postes supprimés sur un effectif de 3.191 salariés en France : la réorganisation d'Happychic - appartenant à l'Association familiale Mulliez dont fait partie Auchan -, est profonde.

« Continuer de garder des magasins dans des zones où il n'y a plus de trafic, laisser ouverts des points de vente qui perdent de l'argent depuis longtemps, c'est du gâchis de ressources que l'on pourrait dédier à un projet qui serait beaucoup plus créateur de valeurs et d'emplois », a expliqué Jean-Christophe Garbino, ex-Kiabi à la tête d'Happychic, rappelant sa mission de maintenir la pérennité de l'entreprise.

Reste que les syndicats ont été profondément déçus par le détail des mesures sociales, annoncées le 11 septembre lors d'un comité d'entreprise exceptionnel au siège de Roubaix ce mardi : 700 euros d'indemnités par année d'ancienneté.

La crise du marché de l'habillement serait en cause avec la concurrence de géants comme Zara, H&M ou Primark mais aussi le changement des comportements d'achats, notamment avec le shopping en ligne. « À titre personnel, je pense que nous n'en sommes qu'au début, l'industrie de la mode ne s'est pas réinventée depuis une quarantaine d'années. Le modèle de produire plus d'offres que de demandes est en train de s'effondrer », a expliqué Jean-Christophe Garbino.

« Dans ce contexte, nous avions deux possibilités. Soit prendre une position défensive et mourir à petit feu. Soit prendre une position offensive en créant une nouvelle entreprise, avec pour objectif de redevenir un leader en France et de réussir à l'international : c'est cette 2e option que nous avons choisie. »

D'abord la fusion puis le nouveau modèle

Le plan de restructuration va se dérouler en deux phases. En 2018-2019, « d'abord retrouver un socle de rentabilité pérenne pour les marques Jules et Brice : il s'agit de réduire les coûts, aujourd'hui disproportionnés par rapport au chiffre d'affaires réalisé ». L'enseigne, présente dans une vingtaine de pays, réalise un chiffre d'affaires mondial de 561,7 millions d'euros HT pour 3.191 collaborateurs en France, d'après la direction.

Pour cela, les structures, les équipes, les opérations de Jules et de Brice vont être regroupées sous une seule et même identité Jules & Co. L'enseigne Bizbee, « pépite sur notre marché » s'adressant aux jeunes générations, garçons et filles, prendrait, elle, son autonomie pour « trouver l'agilité, la rapidité, l'efficacité propre à son marché et à sa taille ». La société Happychic Logistique, en charge des flux logistiques, ne fait pas partie du périmètre de la fusion : au Mans, l'entrepôt Brice du Mans sera fermé, son activité transférée à Wattrelos dans le Nord.

À partir de 2020, Happy Chic entérinera un nouveau « business model », avec un nouveau concept de magasins et aussi un nouveau modèle économique. Chaque enseigne reconstruira son activité autour d'un « recentrage des magasins », d'une offre « plus serrée et plus lisible », d'une « politique commerciale et marketing offensive » mais aussi d'une plus grande autonomie des magasins et d'un univers digital revisité.

Des remous dans toute la galaxie Mulliez

En début d'année, c'était au tour de Pimkie, autre enseigne d'habillement du groupe Mulliez, d'annoncer un plan de 207 départs volontaires et 37 magasins fermés. D'après la direction, l'entreprise présente des résultats déficitaires depuis 2015 et un chiffre d'affaires 2017 en baisse de 10% par rapport à l'année précédente. En 2016, Grain de Malice a perdu 177 salariés.

Pour faire face à ces remous, les grandes enseignes d'habillement de la galaxie Mulliez (la famille est propriétaire d'Auchan) ont été rassemblées dans un groupement d'intérêt économique baptisé Fashion3 (prononcer Fashion cube). Un regroupement qui concernait alors Pimkie, Jules, Brice, Gentle Factory, Bizzbee, Orsay, Grain de Malice et Rouge Gorge. Objectif : mutualiser, maximiser les synergies dans un écosystème de marques d'habillement autonomes, coopérantes et interconnectées, a indiqué Jean-Christophe Garbino qui, avant de prendre la tête d'Happy Chic, dirigeait Kiabi.

La raison d'être de ce Fashion3 avait déjà alerté la section fédérale du commerce de la Fédération FO des employés et cadre. Il s'agit de « faire des économies et vendre mieux sur le web, faire toujours plus d'argent avec toujours moins de salariés ».

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Par Gaëtane Deljurie,
correspondante pour La Tribune dans les Hauts-de-France

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