Axe Seine : au Havre, Jean Castex exauce le vœu d’Edouard Philippe
Nathalie Jourdan
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Jean Castex a retrouvé son prédécesseur à l'occasion du comité interministériel de la mer au Havre
Reuters
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Jean Castex a retrouvé son prédécesseur à l'occasion du comité interministériel de la mer au Havre
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« Les gens de mer le savent. Au milieu des tempêtes, l'important est de fixer un cap ». Sous l'œil d'un Edouard Philippe impassible mais attentif, Jean Castex a filé la métaphore marine au Havre à l'issue du quatrième Cimer de l'ère Macron. Le cap dont il est question, c'est le déploiement d'une nouvelle stratégie censée permettre à la France de tenir son rang de deuxième nation maritime au monde.
Pièce maîtresse de ce plan ? La fusion, au 1er juin, des trois grands ports de l'axe Seine au sein d'un établissement public du nom d'Haropa - que l'on traduira indifféremment par Harbours of Paris ou Le Havre-Rouen-Paris. Placé sur les fonts baptismaux dès 2017 par l'ancien premier ministre qui peut en revendiquer la paternité, le futur ensemble portuaire est l'instrument par lequel le gouvernement espère « reconquérir les parts de marché perdues au profit d'Anvers ou de Rotterdam », son successeur dixit.
Pour témoigner de cette volonté, Jean Castex n'est pas arrivé les mains vides dans la ville qui abritera le siège d'Haropa. Le chef du gouvernement a annoncé un plan d'investissement de près de 1,5 milliard d'euros sur la période 2020-2027 au bénéfice des trois places portuaires, « le double de ce que l'Etat a injecté au cours des huit années précédentes » assure t-on à Matignon.
Bien que replète en apparence, cette enveloppe - dont plus de la moitié ira à la modernisation du premier port à conteneurs français - ne sera pas de trop car la maison brûle. « Le trafic conteneur, baromètre de l'économie portuaire, a déjà connu une baisse de 30 % depuis le début de l'année pour le port du Havre. Le risque pour les prochaines années est que ce dernier décroche définitivement par rapport aux ports du nord de l'Europe » prévient l'Institut Montaigne dans un rapport publié à point nommé en début de semaine et dont l'analyse est largement partagée.
Nathalie Jourdan