Pollution lumineuse : les « allumés » de Rochechouart
Fanny Arlandis
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Site d’observation astronomique de Babaudus, à côté de Rochechouart.
LTD/Michel DEROMME
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Site d’observation astronomique de Babaudus, à côté de Rochechouart.
LTD/Michel DEROMME
C'était en décembre 1999. Deux tempêtes d'une violence exceptionnelle plongeaient une partie de la France dans l'obscurité pendant plusieurs jours. « Et là, au milieu du chaos, le ciel de mon enfance brillait à nouveau. » Vingt-cinq ans plus tard, Michel Deromme est toujours ému. Au volant de sa voiture, en direction de la petite commune de Rochechouart (Haute-Vienne), à une quarantaine de kilomètres de Limoges, l'homme qui a bricolé une petite cabane au toit roulant au fond de son jardin pour observer les étoiles revit en accéléré plus de vingt ans de lutte. Celle contre la pollution lumineuse, générée par la lumière artificielle, dont les effets sont délétères pour l'observation astronomique mais aussi pour les animaux et les humains. Et l'enjeu est de taille. Entre 1992 et 2021, le nombre de points lumineux du seul éclairage public a bondi, en France, de 89 %.
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Depuis la mi-juin, le téléphone de ce bénévole pour l'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturnes (ANPCEN) n'arrête pas de sonner. Les inscriptions pour la nouvelle édition du concours « Villes et villages étoilés » viennent de débuter. Ce label attribue un nombre d'étoiles aux communes et aux territoires qui cherchent à améliorer la qualité des nuits en modifiant l'orientation de leurs éclairages, leur puissance, leur couleur et leur temporalité [horaires et durées] de fonctionnement. « Au début, on allait à la chasse aux communes », explique Michel Deromme, qui, après un temps d'arrêt, se permet la blague facile : « On passait pour des allumés. Aujourd'hui, elles se précipitent. » À l'heure actuelle, 722 sont labellisées en France. Elles étaient 39 en 2009.
Fanny Arlandis