Mélissa Sabatier Versailles, la sourcière des Pyrénées
Pierrick Merlet
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Rémi Benoit pour La Tribune
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Un vendredi ensoleillé du mois d'avril, non loin du sous-traitant aéronautique SFIB installé dans les Hautes-Pyrénées, un petit groupe de personnes parcourent les parcelles agricoles à proximité. À entendre leurs échanges, nous avons l'impression d'assister aux prémices d'un projet immobilier. « J'aimerais installer mes futurs bureaux ici et là l'espace de vente », présente, en montrant du doigt, tout en faisant des schémas, le jeune homme propriétaire des terrains. « Moi je vois plus ta future boutique dans cet espace et tes bureaux à l'étage », lui répond Mélissa Sabatier Versailles en arpentant une bâtisse qui sert aujourd'hui de lieu de stockage pour du matériel agricole. Non, son interlocutrice n'est pas une architecte d'intérieur, mais plutôt une architecte de la nature. « Je suis consultante en développement environnemental », précise-t-elle. Et le chantier s'annonce important pour elle dans cette propriété agricole qui comporte 40 hectares de prairie et 20 de cultures. Le jeune homme, qui souhaite garder l'anonymat, reprend l'exploitation de ses parents avec l'ambition d'en faire une ferme ouverte. Autrement dit, le nouvel agriculteur souhaite accueillir d'autres projets de transformation agricole portés par d'autres, en plus de ses propres activités, avant de revendre le produit final sur place, tout en développant également à terme une offre d'hébergement pour les saisonniers ainsi qu'un espace de réception. Pour mener à bien cette stratégie de coworking agricole nouvelle génération, l'agriculteur « souhaite partir sur de bonnes bases » grâce aux compétences de Mélissa Sabatier Versailles.
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« J'ai une hypersensibilité à l'eau. Je suis capable de voir les cours d'eau présents dans les sous-sols. J'ai comme une sorte de carte dans la tête [...]. Mon travail est notamment d'associer les bonnes parcelles aux bonnes cultures en étudiant et en travaillant en partie sur les blocages au niveau des sols. Si c'est le cas, vous pouvez mettre dix ans à obtenir des résultats que vous devriez avoir normalement en deux ans », poursuit la professionnelle à la tête du cabinet Anobé. L'entrepreneuse est ce qu'on appelle - de manière plus rustique - une sourcière en eau, cette profession souvent associée au marcheur qui ne fait que chercher de l'eau avec ses baguettes métalliques. « Un sourcier n'est pas là uniquement pour chercher de l'eau ou bouger les courants d'eau, son devoir est aussi de la comprendre et de voir ce qu'elle véhicule. Il y a des courants d'eau positifs et des courants d'eau négatifs, qui peuvent exercer une influence sur les sols et les corps. Il faut donc parfois arrêter le courant d'eau en question ou le purifier. Les animaux sont particulièrement hypersensibles à cela », répond Mélissa.
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