Bioélectronique : Microvitae Technologies cherche à capter l'activité du cerveau

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La technologie, qui reste à industrialiser, intéresse dans l'immédiat la neurochirurgie des tumeurs et le diagnostic de l'épilepsie ou du diabète. Mais à plus long terme, ces capteurs pourraient permettre par exemple à des personnes paralysées de commander les jambes ou bras artificiels avec leur cerveau. © Microvitae Technologies
La technologie, qui reste à industrialiser, intéresse dans l'immédiat la neurochirurgie des tumeurs et le diagnostic de l'épilepsie ou du diabète. Mais à plus long terme, ces capteurs pourraient permettre par exemple à des personnes paralysées de commander les jambes ou bras artificiels avec leur cerveau. © Microvitae Technologies (Crédits : © Microvitae Technologies)
La PME, spécialiste de la bioélectronique, a mis au point une puce totalement biocompatible qui présente un intérêt immédiat pour la neurochirurgie des tumeurs et le diagnostic de l'épilepsie ou du diabète.

Une petite révolution dans le domaine médical, des neurosciences et de la recherche fondamentale saluée par la revue Nature Communications : spécialiste de la bioélectronique, la société Microvitae Technologies vient de développer une puce 100 % biocompatible destinée à capter l'activité du cerveau ! Une puce révolutionnaire qui est le fruit de la collaboration de la PME avec le département de Bioélectronique de l'École des Mines de Saint-Étienne et des chercheurs de l'Institut de neurosciences des systèmes du CHU de la Timone, à Marseille.
Actuellement, les capteurs utilisés pour enregistrer l'activité cérébrale sont "standards et n'ont pas évolué depuis une quinzaine d'années. Un marché occupé par des conglomérats mondiaux comme 3M ou Netronic", précise Thierry Hervé, le fondateur de la société, en 2002 à Gardanne (Bouches-du-Rhône). Plus grave, ces capteurs auraient tendance à interférer avec le milieu avec lequel ils sont en contact et à provoquer une réaction de défense des tissus se soldant par une perte de signal.
La puce développée par la société, qui se présente comme un patch électrode, est épaisse de quelques microns, fine et souple comme de la cellophane, très résistante, avec une qualité de signaux dix fois supérieure. La technologie, qui reste à industrialiser, présente un intérêt immédiat pour la neurochirurgie des tumeurs et le diagnostic de l'épilepsie ou du diabète. Mais à plus long terme, ces capteurs pourraient aussi jouer un rôle clé en matière d'interface cerveau-machine en permettant par exemple pour les personnes paralysées de commander, avec leur cerveau, des jambes ou bras artificiels.

Négociations avancées pour lever 3 millions d'euros

"On est en train de préparer plusieurs gammes de puces-électrodes par marché. Si l'on ne prend que l'exemple de la surveillance cardiaque, qui représente 25 % des dépenses de santé en France et un million de personnes, Microvitae est en mesure de proposer un système de surveillance ambulatoire qui permettrait de rester à domicile. Globalement, nous sommes sur un potentiel de marché de plusieurs centaines de millions d'euros", précise l'ingénieur physicien-électronicien et docteur en électronique de l'Institut national polytechnique de Grenoble.
Pour assurer son besoin en fonds de roulement, la société, qui possède quatre brevets, développe et commercialise des appareils de diagnostic ORL pour le spécialiste de la prothèse auditive Amplifon. Elle est actuellement en négociations très avancées pour lever 3 millions d'euros.
 

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