Entre économie circulaire et transition énergétique, la startup Qairos Energies développe un concept de production d’hydrogène vert et de biométhane à partir de chanvre, cultivé en local. Initié dans la Sarthe, le démarrage de ce démonstrateur n’attend plus que le lancement d’un appel à projets qui permettra, au gouvernement, de fixer un prix de rachat pour ces nouveaux gaz de synthèse.C'est une des solutions imaginées pour accélérer la production de « gaz verts » en France et dans les Pays de la Loire. Opéré dans un stricte cadre législatif, la démarche de Qairos, retardée par la crise sanitaire, n'attend plus que l'autorisation de l'Etat. A Mareil-en-Champagne, dans la Sarthe, Jean Foyer, PDG et co-fondateur de la startup Qairos Energies en 2019, est lui, prêt à lancer la construction de la première unité de pyrogazéification de biomasse pour produire de l'hydrogène vert, de la chaleur et du biométhane à partir de chanvre. « Tout est bouclé. Le terrain, le bâtiment, les financements... », explique Jean-Foyer, qui vient de signer une convention de partenariat, avec Frédéric Martin, directeur général de GRDF pour expérimenter l'injection de gaz de synthèse renouvelable produit à partir de chanvre. Une première étape pour ce projet qui, au-delà de l'initiative sarthoise, vise à déployer des écosystèmes industriels de production et de distribution de gaz verts en France.
Deux projets en Pays de la Loire
Dans le cadre du « bac à sable réglementaire », qui permet à de nouveaux acteurs de tester une technologie innovante durant deux ans, la Commission de Régulation de l'Energie (CRE) a donné son feu vert à l'opération tandis que la parution de deux décrets, les 30 septembre et 1er octobre 2021, ont, d'une part, permis d'élargir la notion de biogaz à tout type de biomasse, et d'autre part, permettre l'instauration de contrat d'expérimentation pour l'achat de ces nouveaux biogaz.
A la demande de Qairos Energie et de GRDF, l'Inrae (Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'Alimentation et l'Environnement) va entreprendre un bilan des émissions de gaz à effet de serre et un bilan carbone de ce processus de production destiné à transformer la graine de chanvre en molécules de gaz verts. Bref, les planètes s'alignent pour lancer la construction de ce démonstrateur, destiné à servir de site pilote pour dupliquer ce concept ailleurs dans l'Ouest, en France et à l'international. « Au niveau législatif, tous les arguments sont là. Il nous manque aujourd'hui qu'un tarif de rachat du biométhane » , se languit Jean Foyer, freiné par la crise sanitaire, qui espère un déblocage de la situation au cours... des prochains jours voire semaines.