Après le temps du déploiement, c'est l'heure de l'optimisation du réseau pour Enedis, qui vient de mettre en service le dernier des 6.286 compteurs Linky installés sur l'île Yeu depuis juillet 2019. « Un taux de déploiement de 98% quand il atteint un peu plus de 80% au plan national », se félicite Eric Salomon, directeur client d'Enedis. L'intégration de ce nouvel outil est cruciale à l'île d'Yeu, reconnue « Territoire à Énergie Positive pour la Croissance Verte » par l'État en 2015, engagée dans la mission « Transition énergétique, Yeu 2030 », qui vise les économies d'énergie, l'efficacité énergétique, et le développement des énergies renouvelables (EnR). Alimentée depuis 1982 par trois câbles sous-marins de 20.000 volts long de 18 kilomètres, reliés au continent, l'île, dont la production locale compte 1% de la consommation d'électricité contre 15% en moyenne dans les Pays de la Loire et en France, est devenue un territoire d'expérimentation et un accélérateur d'innovation pour Enedis.
Le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité vient de signer une convention avec la municipalité pour accélérer la transition énergétique sur un territoire habité par 4.967 habitants et une population de 25.000 personnes en été. Et parmi les 2.000 à 3.000 véhicules qui circulent sur l'île, 10% sont déjà passés à l'électrique. Un taux supérieur à la moyenne qui prouve aussi la sensibilité des habitants pour la gestion de l'énergie et les besoins grandissants du territoire. « Les questions énergétiques et environnementales sont essentielles dans les îles », rappelle Bruno Noury, le maire de l'île d'Yeu, qui butte, depuis des années, sur un projet de développement d'une centrale de panneaux voltaïques à la pointe des Corbeaux, au Sud-Est de l'île, sur un ancien centre d'enfouissement de déchets inutilisés depuis trente ans. « Un terrain isolé de 5 hectares qui permettrait d'assurer 30% de la consommation de l'île » indique Bruno Noury, empêché par une « loi littoral » qui impose « que toute nouvelle urbanisation doit se faire en continuité des habitations existantes ». Ses démarches auprès des ministères de la transition écologique n'ont pour l'heure pas abouties. « On nous oppose des réponses techniques alors que c'est un sujet politique », déplore-t-il.