Bastion de la construction navale en France, Saint-Nazaire ne veut plus n'être que « la ville des paquebots ». « Saint-Nazaire, c'est autre chose. C'est la porte d'entrée littorale de la métropole Nantes Saint-Nazaire, avec une ouverture vers l'océan, des espaces verts à 300 mètres de la plage, la proximité des marais de Brière, un patrimoine bâti inexploité, une qualité de vie grâce à des faubourgs jamais très éloignés du centre-ville.... Une diversité de richesses dont on ne tirait pas parti jusqu'à présent », défend Elodie Lamouroux, directrice de l'aménagement de l'agence d'urbanisme de la région nazairienne (Addrn). Sans renier son caractère industriel (les chantiers de l'Atlantique, Airbus...) -qui la fait vivre-, la ville, bombardée et reconstruite à la hâte après-guerre veut montrer que son territoire recèle d'autres atouts à révéler et à exploiter. Pour cela, le maire, David Samzun a lancé courant juillet, le plus gros projet d'urbanisme et d'immobilier de son mandat destiné à revitaliser huit quartiers de la ville. Et offrir un parc immobilier aux normes actuelles pour satisfaire les exigences des habitants et des nouveaux arrivants.
Sur les traces de son prédécesseur, Joël Batteux qui, dans les années quatre-vingt-dix, avait initié le programme Ville-Port pour rapprocher le centre-ville des activités industrielles et portuaires et transformé le visage besogneux de la ville, David Samzun fixe le cap de la ville pour les vingt ans à venir. « Ça répond à un afflux de population, à une attractivité de plus en plus soutenue et à une augmentation du nombre de transactions. Même si le projet était dans les cartons avant la crise sanitaire, on voit bien que l'effet Covid est là », observe le maire, d'une ville moyenne, de bord de mer. Elle a gagné 8.000 habitants en cinquante ans pour atteindre une population de 71.686 habitants en 2020, et devenir l'une des cinq villes de plus de 50.000 habitants sur de la façade Atlantique. Un havre loin des brouhahas métropolitains et de la capitale. « On peut parfois avoir des projets qui arrivent au mauvais moment, cette fois, il tombe plutôt à pic », souffle l'instigateur du programme «Ambition Maritime et littorale », qui a gardé dans ses prérogatives l'urbanisme stratégique.