En 2038, la France devrait mettre en service son Porte-Avions Nouvelle Génération (PANG). Si l’horizon est lointain, dans l’estuaire de la Loire, la construction de ce colosse à propulsion nucléaire de 75.000 tonnes et de 300 mètres de long commence. Le pic de production est annoncé pour 2028-2032 et promet une petite révolution industrielle pour la région où le plus difficile sera la gestion du temps long.Au Chantier de l'Atlantique, la coque. A Naval Group Indret, le système de propulsion nucléaire. Si dans l'estuaire de la Loire, la construction du futur Porte-Avions Nouvelle Generation (PANG) français n'est pas encore palpable, en coulisse, le chantier a déjà commencé. « Le site de Nantes-Indret va connaitre une révolution comme il l'a connu dans les années 80-90 pour la construction des sous-marins lanceurs d'engins (SNLE) de deuxième génération, du porte-avions Charles de Gaulle assemblé à la DCN de Brest. Même si, en ce moment, nous réalisons les sous-marins d'attaque Barracuda, là, on va changer d'échelle », promet Emmanuel Chol, directeur du site de Nantes-Indret de Naval Group.
A titre indicatif, l'actuel Charles de Gaulle, qui sera retiré du service en 2038, fait 45.000 tonnes de déplacement quand le futur PANG en fera 75.000 tonnes. Sous la houlette de la société TechnicAtome, Nantes-Indret réalisera les deux chaufferies nucléaires de 220 MW (thermique) chacune (contre 150 MW pour le Charles de Gaulle) et les éléments connexes. « De part ce volume, on va fortement augmenter nos capacités industrielles . Nous allons fabriquer des modules nucléaires intégrant de gros composants comme la cuve de 150 à 200 tonnes, des générateurs de vapeurs, des pressuriseurs, des convertisseurs de vapeur en énergie... Il nous faudra des capacités d'usinage et de chaudronnerie beaucoup plus imposantes», détaille Emmanuel Chol.
Une partie difficile qui prend du temps
En 2032, deux énormes modules de 2.000 tonnes constituant les circuits primaires et secondaires des chaufferies nucléaires quitteront Indret pour rejoindre le site des Chantiers de l'Atlantique. « Dans cette partie-là , nous intervenons assez peu, explique Laurent Castaing, directeur général du chantier naval, sauf que nous devons quand même faire la coque, apporter un certain nombre d'utilités comme l'électricité, les réseaux hydrauliques etc., qui sont pensées dans des blocs assemblés comme pour un paquebot. Nous allons, d'abord, construire un tronçon d'une centaine mètres de long pour y placer les deux réacteurs nucléaires et les deux turbo réacteurs. C'est la partie difficile qui peut prendre du temps. Une fois terminée, nous l'intégrons dans la chaine de fabrication et construisons le porte-avions autour », dit-il.