Aérolia investit 100 millions à Saint-Nazaire

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Les panneaux de carlingue. Photo Frédéric Thual
Les panneaux de carlingue. Photo Frédéric Thual
Un an après avoir décroché le marché de fuselages d'avions pour le canadien Bombardier Aerospace, le spécialiste français des aérostructures Aérolia, va investir 100 millions sur cinq ans sur le site de production de Saint-Nazaire.

Une bouffée d'oxygène pour Saint-Nazaire. Tandis que le chantier naval STX voisin peine à remplir son carnet de commande, Aerolia, filiale d'Airbus, vient d'annoncer un plan d'investissement de 100 millions, 20 millions par an, sur son site de Saint-Nazaire. «Nous avons clairement la volonté de nous appuyer sur les savoir-faire actuels de nos sites historiques pour aller chercher de la compétitivité», explique Christian Cornille, le président d'Aérolia, filiale d'EADS depuis le 1er janvier 2009. En 2010, le groupe a investi 260 millions à Méaulte (1400 personnes) pour se doter d'une unité spécialisée dans le composite. « Comme nous l'avons fait en Picardie, nous voulons concevoir, ici, le meilleur de la filière métallique à Saint-Nazaire pour accroître nos parts de marché et prendre pied chez de nouveaux constructeurs », ajoute-t-il. Spécialisé dans la fabrication de pointes d'avions, de panneaux de fuselage et de tuyauterie, le site Nazairien va être équipé pour fournir des structures équipées (de tuyauteries et faisceaux électriques) et de sous-ensembles formant les tronçons centraux des avions, de manière à livrer des éléments « Plug & Fly ». Où il ne restera plus qu'à connecter la tête et la queue de l'appareil.

L'énergie d'une start up ... nonagénaire

Trois ans après s'être émancipé d'Airbus, Aérolia a remporté une belle victoire au printemps 2011 en décrochant la commande de fuselage d'avions d'affaires (Global 7000 et 8000) pour le compte de l'américain Bombardier. « Nous avons l'énergie d'une start-up et la richesse de nos 90 années d'expérience dans l'aéronautique », justifie Arnaud Mayor, directeur de l'unité de Saint-Nazaire, qui pilota avec Christian Cornille, l'externalisation d'Aérolia ( 710 personnes aujourd'hui). Plus largement, Aérolia qui affiche une progression de chiffre d'affaires de 28% entre 2009 et 2011 (864 millions l'année dernière), table sur une croissance de 10% en 2012. L'entreprise cherche d'ailleurs a recruter deux cent personnes, dont un tiers à Saint-Nazaire, pour des postes de production ou d'ingénieurs. «C'est, curieusement, l'une de nos principales difficultés », reconnaît un des cadres de l'entreprise où depuis le début de l'année la réorganisation du site industriel de Saint-Nazaire a démarré. 50% des ateliers et de l'effectif devrait être impactés par ces nouveaux enjeux. Car, installé sur 100.000 m² entre l'estuaire de la Loire et le chantier STX, l'absence de réserves foncières impose d'être ingénieux.

Passer de 1,2 à 3 milliards d'ici 2020

«Notre succès avec Bombardier est à la fois un moyen de pérenniser les emplois sur le site et un accélérateur de développement de notre schéma directeur industriel », reconnaît le patron d'Aérolia S.A.S, qui s'arme pour mieux rivaliser avec les grands de l'aérostructure dans le monde (Spirit Aérosystems...). Si à ce jour, Airbus représente encore 92% du portefeuille clients, Aérolia, N°1 Français des Aerostructures et numéro deux mondial pour la conception et la production de fuselages et pointes avant d'avions, entend bien transformer son essai avec Bombardier. Grâce à son savoir-faire technique, à l'image d'un système d'usine mécanique venu se substituer à l'usinage chimique, utilisé pour désépaissir les panneaux de carlingue. « Plus propre, ce process, « unique au monde » permet de gagner 30% de temps de production », assure-t-on. A l'horizon 2020, Aérolia aimerait répartir son activité à 50% avec Airbus, 25% avec Boeing et 25% avec les autres constructeurs (Embraer, Bombardier...). « Aujourd'hui, nous avons fait 50% du chemin », avance Christian Cornille qui vise un chiffre d'affaires de 3 milliards de dollars pour 1,2 milliards en 2020, aujourd'hui.

 

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