Nantes vit sa "folle journée" pour booster ses exportations

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70 experts nationaux et internationaux - dont l'une des exigences est d'être installé à l'étranger - , choisis par Ubi France, la CCI ou des cabinets spécialisés vont se relayer pour transmettre les ficelles du bon exportateur, lors de cette nouvelle édition, la sixième, de l'International Connecting Day.
70 experts nationaux et internationaux - dont l'une des exigences est d'être installé à l'étranger - , choisis par Ubi France, la CCI ou des cabinets spécialisés vont se relayer pour transmettre les ficelles du bon exportateur, lors de cette nouvelle édition, la sixième, de l'International Connecting Day. (Crédits : DR)
Lancé il y a six ans à Nantes, l'ICD (International Connecting Day), devenu le rendez-vous de l'international dans les Pays de Loire, s'apprête ce 2 octobre à accueillir 70 experts nationaux et internationaux pour accompagner plus d'un millier d'exportateurs confirmés ou en herbe.

Peu consistants à l'international, les Nantais ont malgré tout réussi à vendre un dragon aux Chinois! Figure de légende et symbole du savoir-faire technique et culturel nantais, Long Ma, cheval-dragon de 49 tonnes pour dix mètres de haut, déambulera dans les rues de Pékin pour la célébration des 50 ans du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine.

Un marché de 5 millions d'euros pour la compagnie nantaise "La Machine" et une jolie opération de séduction pour une région qui ne cultive pas un profil de grande exportatrice. "En raison de sa situation géographique très excentrée et d'un terreau où l'on s'est développé sans trop regarder au delà des frontières nationales", justifie Pascale Faou, directrice du World Trade Center (WTC) de Nantes, coorganisateur de l'International Connecting Day (ICD), qui se déroule le 6 octobre, à la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Nantes-Saint-Nazaire. Dédiée à l'aventure internationale des entreprises, cette manifestation se rêve de devenir une "folle journée" de l'exportation.

Des rencontres par pays et filière

"L'idée de l'ICD, c'est de faire se rencontrer les gens et qu'ils échangent leurs expériences", explique Pascale Faou. La journée sera rythmée par des ateliers d'une heure, des rencontres individualisées de 30 minutes avec des experts par pays ou par thématique, des cafés "Pays" pour découvrir un marché, des opérations "filière" pour décrypter la Silver économie, l'Eco-construction, les Energies Marines Renouvelables (EMR), les biothérapies, etc. ou encore un "speed dating" international où les chefs d'entreprise vont apprendre à "pitcher" en anglais.

Au total, 70 experts nationaux et internationaux - dont l'une des exigences est d'être installé à l'étranger - , choisis par Ubi France, la CCI ou des cabinets spécialisés vont se relayer pour transmettre les ficelles du bon exportateur. Cinquante pays seront présentés dont quinze nouveaux (Angola, Tchad, Gabon, Cameroun, Chili, Brésil, Mexique...) par rapport à l'an dernier. "Là où se situent des opportunités commerciales", indique Pascale Faou. Co-associé de la jeune société nantaise Logiroad, spécialisée dans l'édition de logiciels de gestion des routes, Yann Goyat y revient pour la deuxième fois. "Par opportunité, nous nous sommes développés sur le Tchad et le Niger et réalisons 65% de notre chiffre d'affaires à l'export. Le marché étant plutôt lent et en mauvaise forme en France, on regarde maintenant vers l'Inde, le Vietnam, le Mexique ou le Maghreb... et l'ICD va nous permettre de jauger les besoins et la faisabilité", explique-t-il.

Pour les dirigeants de PME

Loin des grands messes institutionnelles, l'ICD attire chaque année près de 1.200 personnes venues pour 90% des Pays de la Loire et de Bretagne. Principalement des PME. "Le nombre d'entreprises qui exportent n'augmente pas", concède Pascale Faou. Car, si la région (deuxième pour l'agriculture et la pêche) se place au 5e rang des régions françaises pour son PIB (Produit intérieur brut) et concentre un tiers des 4.600 ETI françaises, seules 219 d'entre elles ont leur siège social en Pays de la Loire. "D'où la faiblesse de nos exportations", estime Pascale Faou. C'est donc aux dirigeants de PME que s'adresse l'ICD, et pas seulement aux responsables export, dont beaucoup de ces entreprises sont dépourvues. La structuration des ressources humaines sera d'ailleurs l'un des volets mis en avant au cours de cette journée.

"C'est un lieu pour apprendre des uns et autres", indique Hakim Mouslin, jeune patron de la société d'ingénierie Innosea, spécialisée dans les calculs complexes et la simulation pour l'aide à la conception des systèmes d'énergies marines renouvelables. Présente au Danemark et en Allemagne, Innosea, qui vient d'ouvrir un bureau à Edimbourgh, au Royaume Uni, réfléchit au recrutement de deux à trois personnes pour étoffer son effectif (15).

L'export progresse

"Plus que les opérations "filière" que l'on connait bien, la journée de l'ICD offre un concentré d'informations sur les pays, la gestion des RH, etc.", indique le créateur d'Innosea, satisfait du suivi offert par les institutions régionales. De fait, contrairement à d'autres régions françaises, les acteurs (CCI, Région, WTC...) semblent plutôt sur la même longueur d'ondes.

La synergie commencerait-elle à payer ? "Quand on est toujours entre deux avions, c'est un rendez-vous qui permet de faire le point et de rencontrer en une journée l'ensemble des acteurs du commerce international", témoigne Benoit Legall, directeur export du groupe BHD, spécialisé dans la transformation des toiles techniques et des matériaux souples pour l'industrie et qui appuie son développement à l'international sur les deux bureaux ouverts en Chine et en Inde par le conseil régional. L'entreprise de Nort-sur-Erdre, qui vient de fonder Façade Textile International (FTI), une joint-venture avec la société anglo-suisse Profil Tension System, vise une croissance de 15% en 2014 pour un chiffre d'affaires de 53 millions d'euros qu'elle espère développer pour atteindre les 100 millions d'euros en 2018.

Même si l'activité de la région s'élève à 18,2 milliards d'euros (en progression de 0,9% sur un an), sa part ne représente que 4,3% de l'ensemble des exportations françaises, ne permettant au territoire ligérien qu'à grignoter une place au classement national. Installé au neuvième rang, ce dernier voit - hors énergie - tous les postes et les filières (navale, aéronautique, automobile, agroalimentaire...) progresser de façon significative réduisant singulièrement le déficit de la balance commerciale. Certains y verront la patte de l'ICD, d'autres l'esprit du cheval-dragon Long Ma...

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