Nantes se veut tout entière à l'heure numérique

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Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole, soutient activement le projet Nantes Tech.
Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole, soutient activement le projet Nantes Tech. (Crédits : Reuters)
La métropole nantaise veut mettre à profit sa candidature à la French Tech pour numériser l'ensemble de l'agglomération.

Avec son éléphant rose, Nantes entend bien rejoindre le bestiaire de la French Tech. Sur les traces de Fleur Pellerin, Axelle Lemaire, secrétaire d'État au numérique, avait choisi Nantes pour le lancement officiel de la French Tech, le 4 juin dernier. Faut-il y voir un signe ? Les Nantais, en tout cas, veulent y croire.

Ce jour-là, sous les nefs de l'Île de Nantes, Johanna Rolland, nouvelle maire nantaise et présidente de Nantes Métropole, a remis officiellement le dossier de la candidature à la ministre, et l'a entraînée dans les allées du Web2day pour lui présenter les réalités plus ou moins augmentées de l'écosystème nantais. De simple tremplin pour start-up poussé par la Cantine numérique de Nantes, ce rendez-vous d'affaires a réussi en moins de quatre ans à capter près de 2.000 fondus du numérique, venus de tout l'hexagone chercher de l'information ou des finances. «

Du simple petitdéjeuner à la première Digital Week, organisée du 12 au 21 septembre 2014, qui a pour ambition d'être le premier événement scientifique international spécialisé dans les cultures numériques émergentes, la métropole organise au moins 500 événements par an consacrés au Web »,

glisse Francky Trichet, enseignant-cher-cheur nantais appelé au côté de Johanna Rolland pour numériser la ville. Ici, entre 2009 et 2012, le numérique a accouché de 170 entreprises par an. Dont quelques belles réussites comme iAdwize, My Script, 4 Mod Technology ou Lengow, qui commencent à se faire une solide réputation. En vingt ans, ce secteur a crû de 443 % et emploie, aujourd'hui, 19200 personnes.

« La candidature nantaise engendre une véritable mobilisation des entrepreneurs », remarque Jérôme Guéret, directeur investissement de la société de capital-risque Go Capital.

Une fois n'est pas coutume, le projet semble faire l'unanimité. Les critiques sont rares. Ainsi, c'est du bout des lèvres que Christophe Chapet, président de l'association Adn Ouest (plus de 300 décideurs du numérique dans la région) déclare :

« Il n'y a pas que les start-up... mais bon, ça va plutôt dans le bon sens. »

Une culture à diffuser « jusque dans les foyers »

Dans le privé comme dans le public, les Nantais prennent le numérique à bras-le-corps. Dans l'open data, à travers les pôles de compétitivité, les clusters ou les grandes écoles (Mines, Centrale, Audencia...), la technopole Atlanpole, etc., qui ont créé leur propre incubateur ou des accélérateurs. En quelques années, le réseau a su fédérer. Jusqu'à Airbus, qui vient de rejoindre le sillage de la Nantes Tech.

« Notre force, c'est qu'ici on réussit à mettre tout le monde autour de la table pour constituer un véritable écosystème », embraye Adrien Pogetti, délégué général de l'association Atlantic 2.0, créée à l'initiative de la Cantine numérique et qui réunit les principaux acteurs du Web et de l'innovation numérique au coeur du Quartier de la création, sur l'Île de Nantes.

De ce vaste espace urbain en cours de réhabilitation émergera bientôt le symbole du numérique à la nantaise. Cet été, les premiers coups de pioche ont été donnés pour transformer une partie des anciennes halles Alstom, autrefois berceau de la construction navale. Six mille mètres carrés vont être réhabilités pour devenir en 2017 le poumon des industries créatives et culturelles de la métropole. Ici seront rassemblés le cluster du Quartier de la création, l'École supérieure des beaux-arts de Nantes, un pôle universitaire de recherche et d'enseignement, des équipements publics voués au design, à la recherche, à l'innovation, des plateaux pour accueillir des projets coopératifs, un hôtel d'entreprises consacrées aux industries créatives et culturelles, un restaurant, des ateliers d'animation, etc.

« Mais le numérique ne se limite pas à l'Île de Nantes », précise Francky Trichet, qui travaille à la feuille de route du numérique nantais pour l'automne.

« Plus qu'une simple filière, il doit trouver sa place dans toutes les strates de la société. Au CHU, avec les green IT, avec l'usine du futur développée par l'IRT Jules Verne... et jusque dans les foyers nantais. L'idéal serait que dans dix ans, on ne parle plus de numérique, tellement il aura été digéré. »

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>>> Pour en savoir plus sur la French Tech en métropoles

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