« Il est urgent de promouvoir des transports doux en ville »

[ #SmartCityNantes # COP21 ] Nantes a organisé du 2 au 5 juin Vélo-City, le rendez-vous mondial de la pratique du vélo. Sont venus 1.550 participants, dont deux tiers d'internationaux et 91 exposants de produits et services innovants. Le président de la Région évoque pour La Tribune les défis de l'intermodalité du point de vue des élus locaux, en cette année de COP21.

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Jacques Auxiette, président de la Région des Pays de la Loire
Jacques Auxiette, président de la Région des Pays de la Loire (Crédits : DR)

LA TRIBUNE - Quel rôle a joué la Région dans l'accueil du congrès mondial Vélo-city 2015 à Nantes ?

JACQUES AUXIETTE - Il nous a paru indispensable de nous associer à ce congrès. Il illustre à la fois notre capacité à travailler et coopérer avec la métropole nantaise et notre conviction commune que le vélo a un réel avenir pour le développement et l'attractivité métropolitaine et régionale.

Depuis quand la Région s'intéresse-t-elle au vélo ?

Depuis de très nombreuses années. Au moins une vingtaine. À travers le développement des pistes cyclables sur le littoral et le lancement de « La Loire à vélo ». La dimension intermodale vélo + train, l'élaboration de notre Agenda 21 et depuis, la mise en oeuvre active de la transition énergétique, nous ont poussés à être innovants et proactifs.

Comment la Région greffe-t-elle ses actions en faveur de la pratique du vélo sur la politique de déplacements doux de la métropole nantaise ?

En tant qu'autorité organisatrice des transports sur son territoire, la Région se mobilise pour faciliter l'intermodalité. Notamment en adaptant le transport ferroviaire au vélo. Nous avons aménagé les gares pour permettre aux usagers du TER de garer leurs vélos, financé des abris sécurisés et des « cyclo-blocs », qui sont des abris individuels. Pour ceux qui choisissent d'emprunter le train avec leur vélo, dans le cadre de La Loire à vélo, la Région finance l'aménagement de wagons spécifiques, transformés en véritables garages à vélos sur rails. Pour gagner de la place à bord, dans les trajets du quotidien, nous favorisons le recours au vélo pliant avec une aide à l'achat pour les abonnés de travail, les étudiants, élèves ou apprentis.

Parallèlement, nous finançons, via un appel à projets, les itinéraires cyclables des centresbourgs vers les gares, et le transport de vélos à bord des autocars (lignes Nantes-Noirmoutier et Nantes-Saint-Jean-de-Monts par exemple). Enfin, au titre de sa politique touristique, la Région aménage à Nantes des pistes cyclables sur les itinéraires de La Loire à vélo et de la Vélodyssée.

L'itinéraire de La Loire à vélo traverse Nantes et les Pays de La Loire, comment avez-vous favorisé son utilisation ?

Depuis l'inauguration en 2012 de La Loire à vélo, les pistes cyclables des bords de Loire séduisent toujours plus de passionnés de la petite reine. L'an dernier, nous avons franchi le cap des 950000 cyclotouristes et espérons atteindre le million prochainement. Entre janvier et août 2014, 22,2 millions de kilomètres ont été parcourus à vélo, soit 555 fois le tour de la Terre !

Ce succès s'explique par une volonté politique forte des Régions Centre et Pays de la Loire, impliquées dans ce projet depuis 1995.

Les deux régions, les six agglomérations et les six départements ont investi plus de 50 millions d'euros pour aménager et sécuriser les 800 kilomètres de pistes cyclables. Les Pays de la Loire soutiennent activement l'émergence d'une offre touristique complète autour de La Loire à vélo. Nous aidons les établissements touristiques à s'adapter à une clientèle particulière et à proposer des randonnées canoës-vélos, l'accueil de vélos dans les établissements touristiques, des hébergements de plein air adaptés, l'accès au Train Vélo Loire, etc. À ce jour, ce réseau réunit 525 professionnels sous la marque La Loire à vélo pour améliorer le séjour des cyclistes. Par ailleurs, la marque touristique Val de Loire, qui associe Centre, Val de Loire et Pays de la Loire, doit permettre d'accroître la notoriété de La Loire à vélo à l'international.

Quelles sont les retombées économiques de cet itinéraire sur le territoire ?

L'année dernière, La Loire à vélo a généré près de 20 millions d'euros de retombées économiques pour notre seule région. Cela nous encourage, avec l'ensemble des acteurs, publics et privés, à poursuivre notre investissement dans l'offre touristique.

C'est un cercle vertueux sur le territoire. Il contribue à la promotion des vins, des châteaux, des lieux de visites insolites, etc., du Val de Loire.

Que préconiseriez-vous pour accélérer l'usage du vélo dans la métropole et sur le territoire ligérien ?

L'expérience de La Loire à vélo est riche d'enseignement pour développer aussi le vélo en ville. À l'heure où la transition énergétique est une nécessité, il est plus que jamais urgent de promouvoir des modes de transports doux, en particulier en milieu urbain. Les aménagements urbains, routiers ou de parking sécurisés, les systèmes de location tels que le Bicloo nantais, et la pédagogie à l'égard des jeunes dans le cadre de leur formation, contribueront à faire du vélo un mode de transport à part entière.

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>>> À NANTES, DES PROGRÈS, DES ATTENTES ET DES INTERROGATIONS

4,5% pour le vélo, 50,9% pour la voiture, 15,8% pour les transports en commun et 2,8% pour la marche à pied...

Depuis le premier « plan vélo » lancé en 2009 par Jean-Marc Ayrault, la bicyclette s'est enracinée dans la métropole. La mise en place de 880 « bicloo » en libre-service et 103 stations, l'aménagement de 485 kilomètres de voies cyclables, de places de vélos de stationnement abritées, de parc sécurisés et l'octroi de 4.000 aides pour l'achat de vélos électriques ont permis de doubler l'utilisation du vélo au cours des trois dernières années. Et de voir émerger un embryon d'économie cyclable.

« Cependant, l'usage du vélo dans l'agglomération ne s'est pas encore démocratisé et concerne principalement une élite sociale qui a changé récemment ses comportements de déplacement », reconnaît Nantes Métropole, qui, pour accroître la part de ce mode de déplacement (objectif 15% à 20% en 2020), veut davantage cibler les femmes, les jeunes et les classes sociales intermédiaires et modestes.

Comment ? Avec quels moyens ? Car la création d'un véritable réseau cyclable se heurte toujours à de redoutables et rédhibitoires points noirs où les cyclistes, dès qu'ils s'éloignent du centre-ville, se retrouvent trop souvent au milieu des flots de circulation.

La métropole est aussi consciente des dangers de la cohabitation vélo-voiture en ville : Nantes est ainsi la première ville française à avoir généralisé le « Cédez-le-passage des cyclistes au feu rouge », autorisé par panneau.

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Commentaires 2
à écrit le 04/11/2015 à 20:13
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Comme de nombreux habitants de l'agglo nantaise, ou hors agglo pour des raisons de coût du logement, il ne nous est pas possible de nous rendre en vélo au travail : pas assez de transports en commun, ou trop éloignés, trop de côtes, de fausses pistes...

à écrit le 27/10/2015 à 11:24
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Un bel exemple de la politique de l'arbitraire, typique des pensées dictatoriales. Et l'avis des citoyens il est ou ? Un bel exemple ou le lobby capitalistique prime sur la démocratie !!

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