Vélo, nouveau moteur éco (1/4): les Pays de la Loire, la tête dans le guidon

Frédéric Thual, à Nantes

Frédéric Thual, à Nantes
Avec quelque 2.500 kilomètres de voies cyclables empruntant les itinéraires de la "Vélodyssée" (de Roscoff à Biarritz), de "La Loire à vélo" (de Cuffy à Saint-Brevin-les-pins) et de la toute récente "Vélo Francette" (de Ouistreham à La Rochelle), les Pays de la Loire, qui revendiquent le titre de première région française dédiée au vélotourisme, entendent faire du vélo un véritable acteur de son développement économique. Car, ainsi que le déclarait récemment, à l'aube du lancement de la saison touristique 2016, Bruno Retailleau, président de la région :
Pourtant, au lendemain du printemps, un professionnel sur deux avait le sentiment de pédaler dans le vide au regard d'un niveau d'activité en baisse par rapport à l'an dernier. Tout juste avaient-ils l'espoir d'un ultime coup de pédale de dernière minute pour faire basculer dans le positif une saison aux réservations estivales jusque-là quasi stables. En attendant l'ivresse des sommets, une étude menée en 2015 sur l'itinéraire de "La Loire à vélo" laisse augurer de véritables belles perspectives.
Parcourant les régions Centre-Val de Loire (621 km) et Pays de la Loire (373 km), l'itinéraire de La Loire à Vélo, c'est 37% de routes à faible circulation, 27% de voies vertes, 24% de routes sans transit, 12% de pistes et bandes cyclables, et 300 aires d'arrêt pour les cyclotouristes. Les deux tiers du parcours longent la Loire (ci-dessous, la voie verte aménagée le long de la "Levée de la Divatte", face à l'île Buzay).
Sur plus de 900 km, les deux régions, six départements et sept agglomérations, ont investi 50 millions d'euros pour la rendre praticable et attractive. L'an dernier, 935.000 cyclistes l'ont emprunté. 23% de plus qu'il y a dix ans.
Parmi eux, on dénombrait 43% de touristes, en croissance de 42%. Un tiers d'entre eux provenait de l'étranger (Allemagne, Pays-bas, Royaume-Uni, Suisse...).
C'est bien sur cette typologie de clientèle, qui permet d'allonger la période estivale avant et après les traditionnelles vacances d'été, que les régions comptent investir et capitaliser.
Quand un excursionniste dépense 1,50 euro, un touriste itinérant dépense en moyenne 80 euros par jour, principalement en restauration et hébergement. Plus du tiers d'entre-eux reconnaît en profiter pour visiter une ville, un village, un château ou un musée.
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L'an dernier, ces retombées ont atteint 29,6 millions d'euros. Une consommation multipliée par deux en cinq ans.
La région, qui consacre un budget annuel de 10 millions d'euros au développement touristique, veut ainsi doubler les itinéraires de Vélocéan le long du littoral et favoriser les accès de l'intérieur vers la côte. A lui seul, le département de la Vendée concentre 1.080 km de pistes cyclables, loin devant la Sarthe (400 km) ou l'Anjou (500 km)...
De plus, l'une des ambitions de la région est de rénover la route des vins d'ici à 2017, afin de mieux l'intégrer aux itinéraires cyclables existants et de créer une douzaine de boucles thématiques autour des 35.000 hectares de vignes qui en font le troisième vignoble français au regard du nombre d'AOC et d'AOP.
Ces douze nouvelles boucles, appuyées sur un support numérique, devront être adaptées aux nouvelles pratiques et aux attentes des touristes. C'est d'ailleurs ce qu'il ressort des pistes à explorer soumises par l'étude réalisée sur "La Loire à vélo": à savoir, affiner la promotion web avec une communication très réactive en fonction des événementiels ou des conditions météorologiques, densifier les réseaux de boucles pour mieux tirer parti des itinéraires, poursuivre la communication internationale et la promotion de l'intermodalité, etc.
Dès cette année, deux premières boucles ont été finalisées: l'une de 16km dans la Sarthe pour découvrir le vignoble de Jasnières; l'autre, un peu plus longue, de Nantes à Clisson, inscrite dans le cadre de l'opération touristico-culturelle Le Voyage à Nantes, et qui, en 11 étapes, propose une relecture du muscadet, à travers les caves, de petits villages, des exploitations reconverties à la biodynamie... qui composent le vignoble nantais. Pour permettre de les découvrir à vélo, la région a conclu un partenariat avec la SNCF pour équiper certains TER de racks pouvant embarquer 10 à 15 bicyclettes. L'an dernier, 9.900 vélos ont ainsi été transportés grâce au service Train Vélo Loire entre Orléans et Saint-Brevin-les-Pins, dans l'embouchure de la Loire.
Quelle que soit la destination, le vélo est devenu un véritable outil de marketing, de communication et d'attractivité. On le voit avec ce parcours culturel intitulé "Le Voyage à Nantes" qui propose de "voir la ville autrement" en découvrant à vélo le circuit d'art contemporain élaboré dans la ville tout au long d'une ligne verte. On le voit à Angers, où d'anciens globe-trotters ont fondé le Vélo-bar pour permettre de se restaurer pendant la réparation de sa monture par exemple. On le voit dans la Sarthe, où l'on vous propose de découvrir un zoo.... Le vélo est devenu prétexte à destination. A la nostalgie, aussi, avec la rando rétro "Anjou Loire Vintage", lancée par la ville de Saumur, où les participants sont tenus de participer avec des vélos d'avant 1987 et des tenues d'époque pour des boucles bon enfants de 30 à 130 kilomètres.
Angers, quant à elle, a accueilli cette année une étape du Tour de France, et Franck Louvrier espère bien convaincre Christian Prudhomme, le patron de la Grande boucle, de créer une future étape sur l'itinéraire de "La Loire à vélo".
Dans un autre registre, le célèbre circuit Bugatti accueillera, les 20 et 21 août prochains, la 7e édition des 24 heures du Mans à vélo. L'an dernier, ce rendez-vous avait drainé 5.000 coureurs amateurs, semi-pros et people mêlés, venus de 68 départements et de 12 pays pour se retrouver pour un mythique départ (photo) face à leur deux-roues campé devant les stands... La ligne droite des Hunaudières à vélo, c'est classe!
Par Frédéric Thual, à Nantes
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