Vélo, nouveau moteur éco (2/4): "Les Boîtes à vélo" rayonnent en France

Frédéric Thual, à Nantes

Frédéric Thual, à Nantes
Il est là, tout l'été, tous les après-midis de 15 h à 18 h, aux abords du miroir d'eau, face au château des ducs de Bretagne, à Nantes. Un lieu situé sur le parcours du circuit touristique du "Voyage à Nantes", un lieu où les Nantais, petits et grands, aiment venir se rafraîchir. Un lieu idéal pour Frédéric Ratouit, alias "Frai'd le glacier", qui peut écouler jusqu'à 300 glaces par jour. "Ensuite, il faut que je recharge", explique ce quinquagénaire, spécialiste de la création d'entreprises, fondateur de la coopérative "L'Ouvre-Boîtes 44", et qui s'est décidé l'an dernier à lancer son activité de glacier ambulant.
Capitale verte en 2013, Nantes, choisie pour accueillir le congrès international Velo-city en 2015, est devenue un véritable tremplin pour les déplacements utilitaires à bicyclette. À ce jour, ils sont 27 passionnés à s'être lancés dans ce mode d'activités et à être référencés par le collectif nantais des Boîtes à vélo. Ce qui représente 40 à 45 emplois.
"Ce sont aussi bien des Sarl, des Eurl, des travailleurs indépendants, des auto-entrepreneurs, des salariés de coopératives", note Céline Eloumou Zoa, présidente du collectif "Les Boîtes à vélo" fondé dans le but de se serrer les coudes et d'accroître la visibilité des travailleurs à vélo.
En effet, trois conditions sont requises être coopté: avoir créé une activité commerciale et disposer d'un numéro Siret (code d'identification unique) ; être le propriétaire de l'engin utilisé; faire la promotion du vélo et signer la charte de bonnes pratiques.
Les plus "mordus" peuvent avaler jusqu'à 250 kilomètres par semaine...
Pour Frai'd le glacier, dont la remorque pèse 150 kilos, le parcours quotidien se limite à 10 kilomètres par jour. "Impossible sans une assistance électrique", dit-il. De fait, il a investi 10.000 euros pour son second vélo équipé d'une remorque. Et pour intervenir sur des manifestations en dehors de la métropole, il utilise une camionnette électrique.
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Dans une ville pro cyclable, relativement plate et peu pavée, l'activité progresse. On y trouve des coursiers évidemment, un plombier, une artiste capillaire, de la restauration ambulante diverse et variée (café, hot-dogs, crêpes...), un informaticien, un paysagiste, une libraire, un réparateur de vélos, un déménageur... pour répondre à des besoins de proximité, à des petits boulots négligés par les artisans, quand ce ne sont pas des demandes d'entreprises sensibles aux démarches de RSE.
La présidente du collectif "Les Boîtes à vélo", Céline Eloumou Zoa, apporte quelques précisions sur le financement:
Sur ce sujet de l'investissement, Frédéric Ratouit (alias Frai'd-le-glacier) partage volontiers ses tuyaux:
Pour lui, le marketing est une obligation:
"Et les réseaux sociaux contribuent à ce développement. Ce n'est même pas un passage obligé, c'est une évidence pour les trentenaires. On est entré dans une aire de réseaux qui va s'amplifier avec les logiques de proximité. En fait, le problème n'est pas l'investissement, mais l'adéquation entre la personne et le projet."
Et d'expliquer au passage, pourquoi il a choisi, comme un tiers des adhérents des Boites à vélo, le statut d'entrepreneur salarié au sein d'une coopérative:
Autre exemple : fondée en 2010 par Pierre-Olivier Clerc, l'un des précurseurs de la démarche, Ze Plombier compte aujourd'hui 3 tripoteurs et 2 salariés qui sillonnent la ville de Nantes. "On a basculé d'auto-entrepreneur à SARL l'an dernier", confie Sonia Boury, femme et secrétaire du plombier, devenue associée de l'entreprise, qui affichait un chiffre d'affaires de 252.000 euros en 2015, en hausse de près de 15% par rapport à 2014. Une croissance qui a nécessité ce changement de statut. "Et qui nous a permis de recruter et d'acheter d'un local", explique Sonia Boury. Le bouche-à-oreille a fait son œuvre.
C'est cette logique et cet état d'esprit que Les Boîtes à vélo, encore toutes auréolées du prix Talents Vélo en 2014 et du Prix européen pour le transport durable (Ashden Eurostar Awards for sustainable Transport, à Londres), cherchent aujourd'hui à transmettre pour créer un réseau national.
Et ça roule : dans la roue de la structure nantaise, Grenoble avec une trentaine d'entrepreneurs à vélo a lancé sa propre Boîtes à vélo, cooptée par les Nantais. Paris est sur le point de s'y mettre. Lille, Strasbourg, Rennes, La Rochelle... s'y intéressent activement. La transmission du nom "Les Boîtes à vélo" ne se fera ni sous la forme d'une franchise ou ni au travers d'une licence. Plutôt sous la forme d'un échange au regard de bonnes pratiques. À l'image de ce que l'on peut voir avec le logiciel libre. Une sorte de "freechise" à l'instar du concept, notamment, déployé par la coopérative rennaise Toutenvélo, opérateur de transport spécialisé dans la logistique urbaine, décliné à Rouen et Grenoble, et qui propose des packs (vélo, remorque, caisson) en plusieurs capacité pour se lancer.
Par Frédéric Thual, à Nantes
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