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Rezopole tisse sa toile haut débit à Lyon

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(Crédits : reuters.com)
L’association à but non lucratif a inauguré le troisième point de son nœud Internet. Un réseau qui représente la face cachée de l’écosystème numérique lyonnais.

Rezopole continue de tisser sa toile sur l'agglomération lyonnaise. L'association vient d'y inaugurer son troisième point de présence: LyonIX 3, implanté à Limonest, dans le centre de données de DCforData. Fondée en 2001, Rezopole est une association à but non lucratif dont la vocation est le développement de l'infrastructure Internet, notamment des réseaux à très haut débit dans la région Rhône-Alpes.

«Notre métier, c'est de permettre à tous les acteurs d'échanger du trafic. On crée de la mutualisation», explique Samuel Triolet, directeur de Rezopole.

L'association a développé LyonIX, le nœud d'échange Internet de Lyon. Il permet aux acteurs économiques (opérateurs, SSII, FAI, grands comptes, acteurs publics) de faire du peering. Autrement dit d'échanger de très gros volumes de données en faisant transiter directement entre eux le trafic Internet, via un point d'échange local. Ces points sont désormais au nombre de trois sur l'agglomération: LyonIX 1 à Villeurbanne, LyonIX 2 à Vénissieux et le troisième, donc, à Limonest. Il vient sécuriser les deux premiers et offrir une ouverture vers l'Ouest.

Pour les entreprises présentes sur le nœud lyonnais, le principal avantage est une baisse du coût de la bande passante, avec plus de rapidité dans la transmission des données et de fluidité dans le trafic. LyonIX est aussi un network access point (NAP). Techniquement, il permet l'achat et la vente de services  Internet et télécoms, directement entre les membres de LyonIX. Le nœud devient alors une place de marché Internet.

Rezopole

Une décentralisation du trafic internet

Ce réseau n'offre pas que des avantages d'entreprises à entreprises. À l'échelle macro-économique, son rôle est essentiel dans le développement de l'économie numérique à Lyon et en Rhône-Alpes, comme le confirme Samuel Triolet:

« Si nous n'étions pas là, le trafic passerait en totalité par Paris. On peut faire une analogie avec le secteur aérien. Sans aéroport, vous voyez les avions qui passent au-dessus de votre tête, mais vous n'en avez pas qui se posent, et donc pas de retombées économiques. Avec le trafic Internet, c'est un peu la même chose. »

Autrement dit, il s'agit ni plus ni moins que de décentraliser l'Internet, qui transite à 80% par Paris, ou plutôt de le conserver sur Lyon. Ce trafic restant local, il tend à dynamiser le secteur numérique dans son ensemble, souligne Samuel Triolet:

« Il évite la délocalisation de services informatiques en maintenant des emplois sur la région et permet de développer de nouveaux services. Il y a un effet levier, nous contribuons à créer un écosystème numérique. De plus en plus d'acteurs externes à la région souhaitent venir s'installer à Lyon, c'est un signe. »

Il y a cinq ans, on comptait, par exemple, deux centres de données à Lyon, contre dix-huit aujourd'hui, parmi lesquels treize sont raccordés à LyonIX.

Partie immergée de l'iceberg numérique, la structure LyonIX devrait représenter un atout non négligeable dans la candidature de Lyon au label French Tech. Rezopole réfléchit déjà à un quatrième point sur le secteur de l'aéroport Lyon-Saint-Exupéry, et travaille sur des connexions internationales.

L'association gère d'autres nœuds en Rhône-Alpes (notamment à Saint-Étienne et Grenoble) et espère aussi réaliser en 2015 une boucle interconnectée Lyon, Roanne, Saint-Étienne, Valence, Grenoble, Chambéry, Genève. Elle emploie une dizaine de personnes avec un budget annuel d'un million d'euros, alimenté par le Grand Lyon et la région, mais avec 70% d'autofinancement en 2014.

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