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"L'attente des Auvergnats pour l'international est forte"

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Hamid Berkani, président de l'agence régionale de développement économique Auvergne et vice-président du conseil régional d'Auvergne, chargé du développement économique.
Hamid Berkani, président de l'agence régionale de développement économique Auvergne et vice-président du conseil régional d'Auvergne, chargé du développement économique. (Crédits : DR)
Entretien avec Hamid Berkani, président de l'agence régionale de développement économique Auvergne et vice-président du conseil régional d'Auvergne, chargé du développement économique.

LA TRIBUNE - Au 1er janvier 2016, les régions Auvergne et Rhône-Alpes formeront la deuxième plus grande région de France. Il avait été question d'un rapprochement entre l'Auvergne et le Limousin, finalement ce sera avec Rhône-Alpes. Allez-vous en ressortir plus fort ?

HAMID BERKANI - Que l'on soit un acteur économique ou un citoyen, l'aspect positif de cette réforme réside dans le fait que nos deux territoires seront unis et plus forts. Je ne dis pas fusionnés car derrière ce mot, on pense souvent à absorption. Il ne faudrait surtout pas que ce soit le cas puisque nos territoires doivent exister côte à côte. Il y a quelques années, l'une des idées avait été de s'allier avec le Limousin, ce qui à mon sens aurait été une décision négative. Se rapprocher d'un territoire dynamique comme Rhône-Alpes est ainsi une véritable opportunité pour nous. Une vision qu'ont comprise depuis longtemps les entreprises, et à laquelle les présidents des deux régions (René Souchon et Jean-Jack Queyranne) ont adhéré très vite, en organisant à ce jour plus de 400 réunions de travail pour mener à bien cette union. La future région possédera donc une grande complémentarité dans des domaines clés comme l'aéronautique, le numérique ou l'agriculture.

Avant ce projet, les acteurs économiques des deux régions avaient-ils mené des travaux prospectifs ?

Ils n'ont pas attendu la réforme pour le faire. Les entreprises travaillent depuis longtemps entre elles, ce sont ainsi près de 70 % des échanges économiques constatés de notre territoire vers Rhône-Alpes. C'est un peu moins le cas dans l'autre sens. Dans le même temps, des écoles se sont rapprochées, des événements, des pôles de compétitivité également. Nous devons désormais conforter cet ensemble. Cette union est une bonne chose pour les entreprises, pour l'emploi et donc pour les citoyens.

Dans le futur, faudra-t-il envisager d'harmoniser les structures territoriales de développement économique, par exemple ?

Nous devrons aller davantage vers la complémentarité. La politique économique en Rhône-Alpes est plus concentrée sur les zones urbaines tandis qu'en Auvergne, nous nous efforçons à mener un rééquilibrage permanent entre les territoires. Nous pourrons donc étendre notre savoir-faire à l'ensemble de la région à travers une grande agence de développement économique. En partant de l'existant bien entendu, elle devra être grande et puissante à l'international, tout en conservant sa proximité avec les entreprises des territoires.

Qu'attendent les chefs d'entreprise d'Auvergne ?

Pour les patrons auvergnats, imaginer la plus petite région mangée par la plus grande serait très mal vécu. C'est l'une des craintes que nous entendons régulièrement ici et ce à quoi nous répondons par la pédagogie. En revanche, nous observons aussi un sentiment de fierté. Fiers de pouvoir intégrer une région grande comme l'Irlande. Et l'une de leurs attentes principales réside dans l'ouverture à l'international grâce au savoir-faire et aux outils que possède Rhône-Alpes. Pour exemple, sur un mandat, nous n'avons pu réaliser que deux délégations à l'étranger : en Chine et en Inde. Avec la fusion, cela devrait pouvoir changer.

Rhône-Alpes est la deuxième région de France et la septième d'Europe, comment l'Auvergne va-t-elle pouvoir tirer profit de cette situation et montrer ses atouts ?

Tant sur le tourisme que sur le numérique, l'Auvergne possède des atouts dont elle pourra faire profiter toute la région. Les loyers sont plus bas que la moyenne et il y fait bon vivre. D'ailleurs, le PIB du tourisme est régulièrement supérieur à la moyenne nationale. Avec ce rapprochement des régions, nous souhaitons que Clermont-Ferrand devienne une capitale d'équilibre comme Grenoble l'a été un temps, aujourd'hui un acteur de poids en Rhône-Alpes. Mais c'est un travail qui demande du temps et une collaboration de tous les acteurs, politiques et économiques.

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