Toulouse innove tous azimuts

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La start-up toulousaine Kawantech développe un prototype pour moduler l'intensité de l'éclairage LED selon le passage des piétons.
La start-up toulousaine Kawantech développe un prototype pour moduler l'intensité de l'éclairage LED selon le passage des piétons. (Crédits : DR)
Experte en systèmes embarqués, terre d'expérimentation, la capitale de l'aéronautique veut relever le défi de l'innovation et trouver de nouvelles solutions dans l'énergie et la mobilité.

Un défi est lancé aux entrepreneurs. Dans sa nouvelle charte locale des marchés publics, Toulouse prévoit de donner un avantage compétitif aux entreprises implantées dans la région afin qu'elles s'emparent de la ville intelligente.

Déjà dans le passé, Toulouse a attiré les projecteurs en testant la géolocalisation des places de stationnement et le trottoir intelligent. Ville connectée, la capitale occitane peut surtout se vanter d'être pilote pour les grands industriels. En 2004, l'opérateur Orange choisit Toulouse pour implanter son réseau 3G en France.

« Nous demeurons une terre d'expérimentation puisque Toulouse a été retenue pour tester la 4G+, souligne Jean-Christophe Arguillère, délégué régional chez Orange. Nous accélérons aussi le déploiement de la fibre optique dans la métropole à l'image de Palaiseau, ville 100% fibre. Orange met en place les outils nécessaires au développement de la smart city. »

Données ouvertes et éclairage au LED

Toulouse fait également figure de bonne élève dans les réseaux électriques intelligents avec le projet Sogrid piloté par ERDF. Dans un test grandeur nature prévu en 2015, mille foyers toulousains expérimenteront un nouveau réseau électrique intelligent.

« C'est l'un des projets les plus techniques menés actuellement pour préparer le réseau électrique de demain, explique Xavier Montuelle, chef du projet. Ce réseau intègre les énergies renouvelables et s'adapte aux nouveaux usages, comme les bornes de recharge des véhicules électriques. Avec Sogrid, le réseau est supervisé en temps réel afin d'anticiper toute anomalie, localiser les pannes et éviter d'éventuelles coupures d'électricité. »

La métropole est aussi en pointe dans le domaine des données ouvertes. L'élu toulousain Bertrand Serp occupe d'ailleurs la présidence d'Open Data France depuis juillet dernier :

« Non seulement la transparence est vertueuse pour la vie démocratique, mais elle l'est aussi pour la création d'entreprises quand ces dernières utilisent les données pour répondre aux problématiques des citoyens. »

Si certaines expérimentations connaissent des succès, d'autres subissent des échecs (voir ci-contre), à l'image du trottoir producteur d'énergie ou du système de géolocalisation des places de stationnement. Cette dernière idée demeure dans l'air du temps, on parle notamment du Toulousain Sigfox pour installer un nouveau système de géolocalisation via son réseau bas débit. Concernant l'éclairage public, l'ancien adjoint de gauche Alexandre Marciel assure que Toulouse fut « pionnière en installant des lampadaires urbains à détecteur de présence dès 2009. Il s'agissait de moduler l'intensité lumineuse en fonction de la présence de piétons. Une première mondiale ! Certains jugeaient ce projet gadget alors qu'il inspire de nombreuses métropoles désireuses de réaliser des économies d'énergie ».

L'enjeu est de taille, « la facture s'élève à plus de 4 millions d'euros par an, indique Émilion Esnault, nouvel élu en charge de l'éclairage public à Toulouse, passée à droite lors des dernières municipales. Nous équipons progressivement notre parc avec de l'éclairage LED. Cela permet de consommer 30% d'énergie en moins mais l'investissement financier est lourd. Moduler l'intensité de l'éclairage en fonction de l'heure ou du quartier permettrait de rentabiliser cet équipement ».

Une start-up toulousaine a d'ailleurs été sélectionnée pour développer un nouveau prototype.

« Le luminaire apportera un éclairage adapté en fonction du piéton, du cycliste ou du véhicule, explique Nadia Koslowski, pour la société toulousaine Kawantech. Avec ce système, on pourrait atteindre 60 % d'économie d'énergie dans certaines rues peu empruntées. Un démonstrateur sera installé avant la fin de l'année. »

La volonté d'une stratégie globale cohérente

Avec la start-up Kawantech, Toulouse poursuit ainsi sa démarche expérimentale.

« Un certain nombre d'initiatives se sont développées ces dernières années mais il manquait une stratégie globale cohérente, estime Bertrand Serp, vice-président de Toulouse Métropole en charge du numérique. Nous avons voté en septembre une délibération afin que la métropole s'engage dans une véritable démarche de ville intelligente. Nous souhaitons mettre l'accent sur des thématiques importantes telles que la mobilité ou l'énergie. »

Reste la question du financement :

« Nous prévoyons notamment de répondre aux appels à projets européens du programme Horizon 2020. La smart city est aussi un levier d'économie pour la collectivité. Imaginez un système qui éteint automatiquement les lumières ou baisse le chauffage pendant la nuit et le week-end afin de réduire la facture énergétique dans les bâtiments publics... »

Véhicules électriques et métro futuriste ?

La mobilité est l'autre thème fort que la métropole souhaite s'approprier.

« Dans la ville de demain, l'intermodalité sera essentielle », insiste Jean-Michel Lattes, premier adjoint au maire. En complément du métro et du tram, la nouvelle municipalité investit dans « un réseau de bus très performants sur les dix lignes les plus fréquentées, annonce l'élu. À chaque station, des bornes d'information indiqueront l'arrivée du prochain bus. Pour rendre l'attente acceptable, le bus sera géolocalisé afin de tenir compte du trafic en temps réel ».

Toulouse entend également poursuivre le développement des bornes de recharge pour les véhicules électriques. Un partenariat qu'il conduit avec une entreprise régionale, le Groupe Cahors. À l'heure actuelle, aucun projet de véhicules ou de vélos électriques en libre-service. Mais Jean-Michel Lattes, également vice-président de Toulouse Métropole chargé des transports, ne ferme pas la porte, « d'autant que JC Decaux étudie un système où l'utilisateur dispose de sa propre batterie qu'il branche au vélo ». Il a surtout en tête un projet innovant concernant la livraison du dernier kilomètre :

« L'idée serait de créer des dépôts en périphérie, approvisionnés par les poids lourds, pour permettre aux véhicules électriques utilitaires de livrer le centre-ville. »

Là encore, une entreprise toulousaine serait directement concernée puisque Actia Group travaille sur ce véhicule utilitaire du futur. Enfin, le projet phare porté lors des municipales par la nouvelle majorité est celui d'une troisième ligne de métro en 2024. L'opportunité d'un métro du futur ? Les contraintes budgétaires qui pèsent sur les futures métropoles n'empêchent pas de rêver...

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Commentaires
a écrit le 09/01/2015 à 19:54 :
trotelec .. un échec à Toulouse oui mais faute de financement institutionnel pour accompagner un projet à fort potentiel industriel ..... dommage pour la France ... le projet est désormais aux USA avec son fondateur .... cette fuite là n'est pas fiscale, elle est le symbole de la frilosité des institutionnels et des banques face à l'innovation de rupture .... !

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