Ces nouveaux métiers qui fleurissent dans les villes

Natasa Laporte

Natasa Laporte
Une plateforme technologique qui connecte des commerces avec une flotte de livreurs indépendants : c'est le concept de Stuart. Ses livreurs sont « des piétons ou des vélos cargos pour la majorité qui ont la faculté de se connecter, de se rendre disponibles et dès lors d'effectuer des courses initiées par des commerces géographiquement proches », explique Benjamin Chemla, co-fondateur de la start-up. Un Uber à bicyclette de la livraison ? « Aujourd'hui, toutes les entreprises de transport font appel à une cascade de sous-traitants et la personne qui remet le colis est généralement un artisan indépendant ou un salarié de petite structure. Nous nous adressons à ces mêmes gens », se défend Benjamin Chemla.
Nombre de nouveaux métiers urbains s'appuient sur l'usage des smartphones. D'où le besoin de compétences telles que le développement web, un métier en tension. C'est pour répondre à cette pénurie qu'est née, en 2010, la Web@academy.
Au rayon des nouveaux métiers, tous ne sont pas liés aux nouvelles technologies. C'est le cas des Voisins Malins, une association dans l'Essonne qui emploie des personnes pour aller toquer à la porte des habitants de leur quartier, s'entretenir avec eux et leur relayer des messages pour le compte des collectivités ou des entreprises de service public. Salariés en CDI, dont beaucoup n'ont jamais travaillé auparavant, ils effectuent entre 15 et 20 heures par mois, explique Anne Charpy, la fondatrice. Pour Saïd Hammouche, fondateur de Mozaïk RH, une entreprise qui promeut les candidats issus de la diversité, « les Voisins Malins sont de formidables tremplins de reconnexion avec le monde économique ».
Ces nouveaux métiers, souvent à temps très partiel, ne sont-ils pas en train de dessiner l'emploi de demain ou la règle serait le cumul plutôt que le traditionnel CDI ? Une question complexe.
Le co-fondateur de Stuart, lui, veut rassurer : pour 60% des personnes qui travaillent via sa plateforme, c'est un complément de revenu. Et d'affirmer : « Il ne faut pas créer de dépendance mais offrir une flexibilité réelle. »
Par Natasa Laporte,
correspondante de La Tribune à Cities for Life
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