Un p'tit tour à NéoCity 2050... avec Elyx

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(Crédits : Yacine Aït Kaci)
Elyx est un personnage imaginaire. Il représente la part d'enfance en chacun de nous, qui s'émerveille d'un rien car tout est en permanence nouveau, magique, intéressant. Comme c'est un dessin, il ajoute à son caractère une totale liberté de mouvement, d'action et aussi de temps. C'est ainsi qu'il peut librement se mouvoir dans l'imaginaire, là où s'écrivent les projets d'aujourd'hui qui deviendront la réalité de demain. Aujourd'hui, Elyx revient du futur de la ville, NeoCity, une smart city, et ce qu'il va nous en raconter est extraordinaire.

La première chose qui a frappé Elyx à NeoCity, lui, la petite mascotte parisienne, c'est le silence. Plutôt le bruit des oiseaux dans la végétation luxuriante totalement intégrée à la rue. C'est sûr que de ne plus avoir de voitures individuelles a considérablement fluidifié le trafic. Celui-ci se partage entre le système de transports en commun et l'impressionnante flotte de véhicules autonomes de tout type : transports de marchandises, livraisons, transports scolaires, services urbains, taxis. Il n'y a pas de transports spécifiques pour les handicapés, car il n'y a plus de handicapés au sens où on l'entendait au début du siècle : les aveugles de naissance ont des rétines artificielles, les amputés des membres biomécaniques et tous ceux qui autrefois se seraient déplacés dans des fauteuils roulants ont désormais des prothèses adaptées et totalement compatibles avec les normes en vigueur dans les transports. Au système routier se sont ajoutés les drones, principalement pour le transport de colis et de petites marchandises, mais aussi de personnes pour les services extrêmement urgents.

Tous les objets imprimés en 3D

Les transports en commun sont gratuits et les courses des véhicules autonomes sont décomptées du crédit individuel de transport de chaque individu qui peut le créditer soit par abonnement, soit par échange de service et d'énergie. L'ensemble du réseau est électrique et alimenté d'une part par les centrales périurbaines, d'autre part, par la grille d'énergie des bâtiments eux-mêmes. En effet, chaque immeuble, mais aussi chaque foyer produisent sa propre énergie et mettent à disposition son surplus sur la grille de manière quasi transparente.

Les techniques d'impression 3D se sont tellement développées qu'on ne parle plus que de fabrication et de son pendant, le recyclage. Des fabriques un peu partout produisent les objets nécessaires à la commande et livrent leur production via le réseau de transport autonome.

Il y a des fabriques spécialisées dans certains types de biens, comme les vêtements ou les meubles, les véhicules et autres machines complexes et des fabriques généralistes qui produisent les objets trop imposants ou complexes pour les mini-fabriques des espaces communs de certains immeubles ou des particuliers. Pratiquement tout ce qui est fabriqué peut être recyclé, la valeur des objets ne repose pas dans leur matérialité, mais dans leur usage. Les importations ont quasiment disparu, on importe principalement encore des matières premières et la course aux matières de synthèse basées sur l'explosion des nanotechnologies est le nouvel eldorado économique et technologique du siècle. Tout le reste est immatériel : un objet est un fichier, personnalisable à merci, suivant les droits associés. L'artisanat a été conservé, dans les fabriques elles-mêmes, qui y consacrent une part de leur budget. Ainsi, chaque ville a malgré tout préservé ses spécificités et son histoire, ce qui fait le bonheur des visiteurs qui peuvent ainsi retrouver des objets, vêtements, uniques au monde où qu'ils aillent. L'art et la création sont devenus le nouvel or noir de ces villes basées sur l'échange et la création immatérielle. D'une manière générale, toutes les activités basées sur une très forte valeur ajoutée humaine.

Une ferme dans chaque quartier

Elyx a travaillé une après-midi entière dans un champ... sur le toit d'un immeuble. L'agriculture urbaine est venue compléter les apports des champs périurbains et la permaculture urbaine a considérablement augmenté l'autonomie alimentaire des villes. Son après-midi a crédité sur sa carte urbaine des points qu'il pourra dépenser dans une des coopératives alimentaires ou dans le système de transport. Dans chaque quartier, il y a au moins une ferme et nombreux sont les habitants à s'être tellement passionnés par l'activité qu'il n'est pas rare de voir pousser des végétaux dans la plupart des habitations. Il faut dire que la permaculture est enseignée dès l'école primaire, les repas des cantines étant en grande partie composés à partir des plantations du réseau scolaire lui-même.

Pour sortir de la ville, de nombreuses possibilités sont offertes. Les gares sont toujours au coeur des villes, connectées au système de transport urbain et les trains d'autrefois remplacés par des transports sous vide ultrarapides qui relient les grands centres urbains. Un Paris-Marseille ne prend plus qu'une heure et il n'est plus rare qu'on fasse l'aller-retour dans la journée. Pour les transports outre-mer, les aérogares accueillent les avions supersoniques intercontinentaux, ainsi que les transports spatiaux. Le passeport de citoyenneté mondiale a été instauré et permet de garder en mémoire les allers-retours hors de la Terre, notamment les stations de loisirs en orbite et bien sûr la destination des aventureux : Mars, dont la colonisation a débuté au milieu du siècle, dans une course industrielle qui a passionné les foules.

Elyx est rentré ce matin pour assister à Cities for Life organisé à la Mairie de Paris, des étoiles plein les yeux. Dans une période marquée par la désaffection des États par les citoyens, les villes sont devenues les nouvelles plaques tournantes du désir d'avenir, résolument tournées vers l'innovation et l'écologie, sans jamais les mettre en compétition, bien au contraire en créant les conditions durables d'un cycle vertueux. NeoCity est déjà là, dans notre imaginaire, reste à parcourir ce chemin exaltant entre le dessein et la réalité.

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>> BIENVENUE DANS TON MONDE

Elyx est un personnage inventé en 2011 par Yacine Ait Kaci qui, tout petit déjà, signait ses dessins YAK. Son oncle, dessinateur de presse en Algérie, où il a vécu quelques années, défendait les droits des femmes dans le monde arabe. YAK, après les Arts déco à Paris, veut inventer un nouveau mode d'expression utilisant le numérique et les réseaux sociaux dont il devient l'un des artistes pionniers.

Dans les années 1990, il crée un premier personnage, Ixel, pour L'Équipe. Ixel devenu Elyx est un personnage universel stylisé : toujours souriant, il n'est ni homme, ni femme, il est de tous les continents et de toutes les religions. Elyx se fait remarquer par le bureau d'information de l'ONU pour l'Europe et devient en 2015, « ambassadeur virtuel de l'ONU » puis réalise un tour du monde viral en soixante-dix jours. Elyx, « yx » pour désigner les chromosomes du masculin et du féminin, est l'« hélice » de l'ADN humain. L'ONU (mais aussi la COP22) utilise son symbole sur de nombreux outils de communication.

Pour explorer le monde de demain, YAK vient de publier un livre, Bienvenue dans ton monde, où il promène Elyx dans le futur. De la voiture autonome aux robots et à l'intelligence artificielle, il nous aide à envisager les défis de demain : climat, énergie, démocratie, citoyenneté mondiale...

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