La ville se développe-t-elle nécessairement au détriment du climat ?

Comment mesurer les émissions de gaz à effet de serre objectivement et sans contestation possible ? Les satellites de nouvelle génération y parviennent, mais beaucoup d’Etats pollueurs refusent leurs conclusions…

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(Crédits : AFP)

La discussion tourne essentiellement autour de trois interrogations cruciales : comment mesurer correctement l'évolution du climat ? Comment, ensuite, faire partager à tous les pays les conclusions de cette mesure sans (trop) heurter leur sensibilité nationale, de façon à ce qu'ils acceptent de prendre les décisions politiques qui s'imposent ?

La dangereuse expansion des métropoles

Sur le premier point le scientifique Jean Jouzel, longtemps président du Giec (Groupe international pour l'étude du climat), aujourd'hui directeur de recherche au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, a rappelé le fameux objectif de la Cop 21 (moins de deux degrés de hausse des températures moyennes à l'horizon 2050), sous peine de voir, à Paris même, se multiplier les canicules en été (+ 7 à 8 degrés de température moyenne). « Nos villes doivent rester faciles à vivre, a-t-il insisté. Or ces villes qui concentrent aujourd'hui 52% de la population mondiale en rassembleront les deux tiers en 2050 et la construction des nouvelles villes destinées à les accueillir produira à elle seule 460 milliards de tonnes de gaz carbonique, soit la moitié des « droits à polluer » auxquels nous limite le respect des fameux deux degrés ! »

Les satellites: juges de paix

Se pose dès lors la question de la mesure de la pollution. Dans ce domaine, estime Jean-Yves Le Gall, président du Cnes, le meilleur, le plus objectif, des « juges de paix » est le satellite : « Sur les 52 variables admises communément pour mesurer l'évolution de la pollution, 26 ne sont observables que depuis le ciel. C'est par exemple le cas pour la montée du niveau des océans, qu'on peut désormais mesurer au millimètre près avec nos satellites d'observation. » Pour éviter toute contestation, Jean-Yves Le Gall, qui refuse de « jouer le rôle de gendarme et de distributeur de mauvais points », propose d'associer le maximum de pays et d'organismes à la conception même des futurs satellites, de façon à ce que ne soient plus « leurs données » mais « nos données » que fourniront les satellites aux différents Etats. Ainsi, ils seront sans doute plus enclins à modifier leurs politiques et à entraîner l'adhésion de leurs populations. « Bientôt, conclut-il, de nouveaux satellites seront capables de détecter les émissions de méthane (gaz à effet de serre bien pire que le gaz carbonique) ou de CO2, exactement comme nos actuels satellites météo savent déjà détecter les nuages de pluie. »

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