Les Jeux Paralympiques ont débuté mercredi. L'occasion pour la ministre de revenir sur les nombreux chantiers en cours pour améliorer la vie quotidienne des 12 millions de personnes concernées par un handicap.LA TRIBUNE DIMANCHE - Les Jeux paralympiques ont débuté mercredi avec une cérémonie regardée par plus de 10 millions de téléspectateurs, soit dix fois plus qu'à Tokyo. Qu'en avez-vous pensé ?
FADILA KHATTABI - C'est la première fois que la France accueille des Jeux paralympiques, et les Français ont été au rendez-vous de cet événement. C'était une très belle cérémonie, et on ne peut pas dire qu'elle a été bradée. J'ai senti une liesse populaire, c'était magique.
Ces Jeux sont l'occasion de faire intervenir davantage de personnes en situation de handicap dans les médias. En 2023, la représentation du handicap atteignait 1 % dans l'audiovisuel, selon l'Arcom, un chi re que vous voulez augmenter...
Oui, nous voulons le multiplier au moins par 5, voire par 10, et durablement. Mais au-delà de ce chiffre, les personnes handicapées ne souhaitent pas uniquement s'exprimer sur le handicap dans les médias. Pour l'anecdote, lorsque j'étais vice- présidente de Région chargée de la formation professionnelle et de l'emploi, un journaliste m'a appelée pour savoir ce que je pensais de l'élection d'Obama. Il m'a renvoyé au fait que j'étais issue de la diversité. C'est la même chose pour les personnes handicapées : elles veulent s'exprimer sur leurs sujets d'expertise sans être systématiquement renvoyées à leur handicap. Le but de ces Jeux est de faire tomber les préjugés. Et si l'on fait changer les regards, c'est pour changer la vie des personnes handicapées et améliorer leur quotidien. En matière de droits, nous ne sommes pas toujours au rendez-vous...
Le village des athlètes fera partie de ce bel héritage, avec 2 800 logements 100 % accessibles à tous les handicaps
Propos recueillis par Marie Nidiau