SI Abdelatif Benazzi devenait président de World Rugby, personne ne pourrait l'accuser de ne pas faire le poids. Du temps de la splendeur athlétique du deuxième ligne du XV de France (78 sélections entre 1990 et 2001), sa balance affichait 112 kilos. À 56 ans, il a encore pris de l'épaisseur. Depuis la fin de sa carrière, le natif d'Oujda (Maroc) a multiplié les activités d'utilité publique, entre actions caritatives et engagement au sein du Haut Conseil à l'intégration.
Vice-président de la Fédération française de rugby (FFR) depuis juin 2023, délégué à l'international, il devrait devenir définitivement un poids lourd du sport français en prenant la tête de la fédération internationale. L'Afrique du Sud, le Japon ou l'Argentine poussent derrière lui dans la mêlée. L'Italien Andrea Rinaldo (soutenu par l'Irlande) et l'Australien Brett Robinson (soutenu par l'Angleterre) seront les deux autres candidats à la succession de Bill Beaumont. Verdict le 14 novembre.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Comment en êtes-vous venu à briguer la présidence de World Rugby ?
ABDELATIF BENAZZI - Tout est parti de l'accueil des représentants des fédérations étrangères pendant la Coupe du monde 2023, en tant que vice-président de la FFR. Plusieurs responsables m'ont dit que la France devait revenir au centre des débats, car avec l'Angleterre elle représente 80 % de l'économie du rugby. J'ai senti une soif de changement, une demande accrue de sortir du conservatisme. Avant de prendre ma décision, j'avais donc déjà des soutiens forts.