Recruter 100.000 personnes en dix ans, l’immense défi de la filière nucléaire
Emma Rodot
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La centrale nucléaire de Cruas-Meysse, reconnaissable notamment par sa fresque, compte deux réacteurs en Ardèche.
DR/EDF Matthieu Colin
En France, la filière nucléaire peine à combler ses besoins de nouveaux talents. Entre la recherche active de nouveaux profils via l'insertion professionnelle, le renforcement des formations et les actions dans les lycées, le secteur tente d'élaborer une stratégie offensive.
Les superlatifs sont nombreux : « chantiers du siècle », « plan Marshall »... Depuis trois ans et le discours de Belfort, le secteur nucléaire français se voit propulsé dans un nouveau dessein politique.
Face à une augmentation attendue de l'activité de la filière de 25%, près de 100.000 recrutements sont planifiés sur les dix prochaines années, selon le syndicat professionnel de l'industrie nucléaire Gifen, dans son rapport baptisé « Match ». Les besoins sont jugés urgents : ils concernent autant la maintenance des infrastructures existantes que le démantèlement des sites les plus anciens. Par ailleurs, les nouveaux projets, tels que les réacteurs EPR2, nécessiteront également une augmentation significative de la main-d'œuvre qualifiée pour voir le jour.
« Nous avons recensé 17 métiers dont nous aurons besoin : cela va du calorifugeur, du logisticien nucléaire, au soudeur et au décontamineur », dépeint ainsi Frédéric Toubeau, directeur régional de France Travail, et référent national de la filière.
En Auvergne-Rhône-Alpes, se rapprocher des sites nucléaires
Face à l'absence de certaines compétences scientifiques et techniques, où trouver des salariés ? Les industriels et l'État misent depuis deux ans sur des plans d'insertion professionnelle et d'actions dans les collèges-lycées, et ce, au pied des centrales. C'est par exemple le cas du programme « Atom Inclusion », lancé par France Travail, l'association d'industriels Vivatome et Manpower la semaine dernière à Pierrelatte (Drôme), à deux pas du Tricastin, l'un des berceaux de l'industrie des combustibles nucléaires en France.
Il consiste à recruter en mission d'intérim ou en CDI-intérimaire, puis potentiellement en CDI, des personnes sorties de l'emploi, en réinsertion professionnelle ou encore habitant un quartier prioritaire de la ville. Mais aussi des personnes en situation de handicap et « des femmes », dont la proportion plafonne à 24 % dans cette industrie (et n'a pas évolué depuis 2018).
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