La soie est aux canuts, à Lyon... ce que la dentelle est à Calais. Aujourd'hui, l'identité de tisserands reste ancrée dans la capitale des Gaules, bien que sa réussite florissante soit moins visible qu'au début du XIXè siècle. Depuis l'essor de la pétrochimie, qui a permis la massification de l'industrie textile, la filière a été amputée. Tout comme la délocalisation de nombreux outils productifs. Un siècle plus tard, une quarantaine d'entreprises, la plupart historiques, tentent de recréer une filière à 100 % française de bout en bout, là où 80 % des fils de soie sont aujourd'hui produits en Chine.
Pour y parvenir, ces entreprises lyonnaises s'appuient non seulement sur des partenaires, notamment le Japon et les Etats-Unis à l'export - l'international représentant en moyenne 70 % de leurs activités. Mais elles explorent aussi de nouveaux marchés : haut-de-gamme ou spécialisés, reconnus pour leur qualité.
Aujourd'hui, la plupart des entreprises de la soie française interviennent à partir de l'étape de création et d'impression, là où la production, grâce aux cocons produits par les vers à soie, reste quasi intégralement réalisée en Chine, au Brésil et en Ouzbékistan. L'argument financier prime, certes, mais la question du climat pèse aussi dans l'équation : les zones chaudes et tempérées permettent la pousse des feuilles de mûriers toute l'année, soit une dizaine de récoltes par an.