Le spécialiste français de l’énergie nucléaire prévoit d’ouvrir mi-2026 sa première usine de fabrication de pièces métalliques par impression 3D à Romans-sur-Isère (Drôme). Le groupe entend gagner en productivité.Des pièces métalliques, fabriquées en série par des imprimantes 3D : désormais, ce dessein est aussi valable pour les centrales nucléaires. Alors que plusieurs acteurs internationaux convergent vers le développement de ces technologies depuis une dizaine d'années, Framatome vient de débuter le chantier de son futur Centre de formation additive (CFA) dédié à l'impression 3D, accolé à son usine de fabrication de combustibles nucléaires, à Romans-sur-Isère (Drôme).
Ce nouveau bâtiment, de 8.500 mètres carrés, sera dédié à la fabrication en série de pièces métalliques allant de quelques millimètres à plusieurs mètres de long et jusqu'à 20 tonnes, intégrées pour certaines aux assemblages de combustibles ou encore aux pompes primaires des réacteurs.
Pour cela, deux technologies d'impression 3D seront utilisées : l'une dite de « fabrication additive sur arc-fil », à savoir une impression 3D traditionnelle, plutôt destinée à de grandes pièces pour le nucléaire civil et la défense (sous-marins) grâce aux machines de la start-up néerlandaise MX3D (dont EDF est entré au capital). L'autre, appelée « fusion laser sur lit de poudre », sera consacrée à des composants plus petits et à la géométrie plus complexe, notamment présents dans les assemblages de combustibles nucléaires.
Pas encore d'instruction par l'ASNR
Framatome s'est lancé il y a quinze ans dans ces recherches autour de la fabrication additive. Alors que les premiers usages consistaient d'abord à prototyper des composants, ou à valider des concepts, l'industriel s'est finalement engagé à produire des pièces finales il y a quatre ans. La société a notamment introduit un premier composant d'assemblage de combustible en acier inoxydable dans la centrale nucléaire de Ringhals, en Suède, à partir de 2022, puis en 2024. Désormais, elle passe à la vitesse supérieure avec cette nouvelle usine représentant un investissement de 25 millions d'euros. La production devrait être lancée en juin 2026.