Élaboré depuis quatre ans, le projet Territoire zéro chômeurs de longue durée (TZCLD) de Dieulefit-Bourdeaux, dans le sud de la Drôme, ne verra finalement pas le jour. Son sort a été scellé à l'issue du dernier Conseil départemental, le 9 décembre, actant le retrait, à 26 voix contre 12, des financements de la collectivité, jusqu'alors engagée à 15 % en sus de l'État.
Et ce, malgré la grève de la faim entamée six jours avant par douze personnes, dont quatre maires et trois conseillers municipaux engagés dans le projet. Une action coup de poing, faute de solutions et surtout de dialogue au regard du calendrier, souffle Christian Bussat, maire de Dieulefit, l'un des élus mobilisés : « Nous avions jusqu'au 31 décembre pour déposer notre dossier. Après deux manifestations à Valence et une à Dieulefit, le temps s'est raccourci... La grève de la faim, c'était notre dernier coup de pression, parce que nous avons trouvé cette décision particulièrement injuste ».
Ce dispositif était l'une des 65 déclinaisons locales de la deuxième vague du programme TZCLD en France. En trois ans, il visait à embaucher 80 personnes en situation de chômage de longue durée dans une entreprise à but d'emploi (EBE), autour de missions d'intérêt général et non-concurrentielles : création d'une « mathériauthèque », d'une recyclerie, fabrication artisanale, etc. Cela, dans un territoire rural, situé à quelques encablures des Baronnies provençales, et dont le taux de chômage avoisine les 9 % (selon les données 2021 de l'INSEE), contre 7,9% dans l'ensemble du département.