Cette expérimentation est particulièrement utile pour les populations éloignées de l’emploi, témoignent plusieurs communes françaises. Un constat que confirme la note d’étape publiée par France Stratégie.C'est l'un des rares dispositifs de soutien à l'emploi qui devrait résister au couperet du budget 2025. Alors que le gouvernement prévoit la suppression des emplois francs dans les quartiers prioritaires et un sévère rabot aux aides à l'apprentissage, le dispositif Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD) conserve le soutien de l'Etat. Dans son discours de politique générale le 1er octobre, le Premier ministre Michel Barnier l'a classé parmi les politiques « qui donnent des résultats et doivent être encouragées ».
Prolongée en 2021 pour une deuxième phase de cinq ans, l'expérimentation vise à résorber le chômage de longue durée sur des territoires volontaires. Pour ce faire, elle propose aux personnes privées durablement d'emploi des embauches en CDI au sein d'Entreprises à But d'Emploi (EBE). Déployée depuis 2016, la démarche a embarqué 75 territoires. Une vingtaine est en cours d'instruction.
Le rapport final d'évaluation est prévu pour l'été 2025. Une note d'étape publiée par France Stratégie souligne d'ores et déjà les effets du dispositif sur les 57 premiers territoires.
Moins de recours au RSA
Les salariés embauchés dans les EBE sont souvent âgés (41% ont plus de 50 ans). 60% n'ont pas le baccalauréat. L'expérimentation leur permet un meilleur retour à l'emploi.
La commune de Jouques en est témoin : située dans l'arrière-pays d'Aix-en-Provence, cette ville rurale de 4.500 âmes fait partie de la première salve des territoires zéro chômeur de longue durée. Le dispositif a bénéficié à 91 personnes, dont 51 salariés actuellement en CDI au sein de l'EBE Elan Jouques. Parmi elles, beaucoup de profils seniors. Elan Jouques recense par ailleurs 40 sorties du dispositif (emploi, formation, création d'activité ou suivi d'un conjoint).
«Pour ceux qui sont partis, l'EBE a été mobilisatrice, observe Ludwig Rouault, directeur d'Elan Jouques.Et pour ceux qui restent, l'apport principal du dispositif est d'avoir bien sûr un emploi. Ce qui implique d'accéder à un logement quand certains étaient jusque-là hébergés en foyer ou en colocation. Ils peuvent consommer dans leur commune et participer à la vie du territoire. »
Avec Laurence Bottero (Marseille), Cécile Chaigneau (Montpellier), Guillaume Fischer (Tours), Maëva Gardet-Pizzo (Marseille), Maxime Giraudeau (Bordeaux), Pascale Paoli Lebailly (Rennes)