Cultiver l'investissement financier des femmes

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La relance économique bénéficierait d'une plus grande implication des femmes dans l'investissement. Mais selon une étude menée par la plateforme eToro, elles ont encore des difficultés. Une table ronde, organisée le 13 avril par eToro et La Tribune, fait le point sur les actions à mener pour dynamiser l'investissement féminin.

Et si la relance économique passait par les femmes ? Au-delà des débats sur la nécessité d'un plan plus inclusif, les experts d'eToro, une plateforme d'investissement multi-actifs mondiale, ont voulu en savoir plus sur les investissements financiers des femmes. L'ONU ne considère-t-elle pas, dans un rapport de 2017, l'investissement particulier comme une clé pour améliorer la contribution des femmes à l'économie mondiale et l'égalité de genre ? Quant au cabinet McKinsey, il a estimé, en 2015, que des progrès en matière d'égalité hommes/femmes ajouteraient pas moins de 12 000 milliards de dollars au PIB mondial à horizon 2025...

Après avoir constaté une faible proportion d'utilisatrices (13% au niveau mondial, 11% en France), eToro a donc décidé de mener l'enquête, auprès d'un échantillon de 1 000 Françaises âgées de 18 à 70 ans, pour mieux connaître leurs pratiques et leurs besoins. Les résultats font d'abord apparaître que, malgré l'épargne colossale engrangée sur fond de pandémie, la moitié des femmes ont vu leur pouvoir d'achat diminuer depuis le début de la crise sanitaire. Ensuite, si l'épargne reste le placement financier privilégié des Françaises (pour près de 65% d'entre elles), suivie de l'assurance vie et de l'immobilier, seules 15% des femmes interrogées investissent actuellement dans les actions. Enfin, en matière d'investissements, les femmes privilégient les énergies renouvelables (41 %) et la technologie (34 %). Autant de secteurs porteurs pour une relance économique durable... Par ailleurs, 73 % des Françaises veulent apprendre à investir, afin de devenir financièrement indépendantes et 49% d'entre elles se sentent exclues, voire rejetées du monde de l'investissement... « Le monde de la finance reste très majoritairement masculin - pour l'instant. Mais il n'y a aucune raison objective pour que cela demeure ainsi », commente à cet égard Valérie Kalifa, directrice marketing France chez eToro.

Faire avancer la cause des investisseuses

C'est pour débattre des mesures à prendre face à ces différents défis qu'avec La Tribune, eToro réunit, le 13 avril, Valérie Kalifa, directrice marketing France d'eToro, Inès de Dinechin, vice-présidente de l'Association Française de Gestion, Caroline Ramade, fondatrice et CEO de 50inTech, Paloma Castro Martinez, business angel et co-fondatrice de WE Invest et Gaëlle Haag, CEO de StarTalers. Ces expertes partageront leur expérience et leurs idées pour faire avancer la cause des investisseuses. Car pour l'heure, entre le manque d'information (relevé par 57% des femmes interrogées lors de l'enquête eToro, et 70% chez les 40- 45 ans), et la peur de perdre son capital (pour 47% d'entre elles), de nombreux freins restent à lever. A cela s'ajoutent des aspects plus culturels. Les hommes sont, selon diverses études, plus souvent en charge des relations avec les banques et de la gestion des comptes dans un couple. Pas étonnant que près de la moitié des femmes estiment faire l'objet « d'exclusion » lorsqu'il s'agit d'entrer dans le monde de l'investissement... Et pas étonnant non plus que 58 % (le taux le plus élevé à l'échelle mondiale) déclarent avoir du mal à faire confiance aux institutions financières lorsqu'elles prennent des décisions d'investissement.

Comment faire pour les inclure ? Comment faire pour leur donner confiance ? « Nous devons identifier et comprendre les défis liés à la démocratisation de l'investissement féminin, et proposer des pistes concrètes pour y répondre », déclare Valérie Kalifa. Les réponses, lors de la table ronde, porteront sans doute sur la formation - l'enquête eToro fait ressortir que près de 30 % des Françaises souhaiteraient apprendre par elles-mêmes - et sur une plus grande représentation des femmes dans les institutions financières, de nature à rassurer les clientes. « J'ai travaillé 10 ans chez Euronext ainsi que dans le monde bancaire, où les postes de pouvoir sont, comme souvent, davantage occupés par les hommes. Aujourd'hui, je constate chez eToro que les choses évoluent favorablement », relève d'ailleurs Valérie Kalifa. Et enfin, ces expertes évoqueront sans doute un soutien, y compris sous forme de prêts bancaires, aux entrepreneuse. Une façon de susciter intérêt et solidarité de la part des investisseuses potentielles.

Retrouvez le Connect Live eToro « Démocratiser l'investissement féminin », le jeudi 13 avril à 9h30 sur latribune.fr

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Commentaires
a écrit le 09/04/2021 à 10:03 :
"Faire avancer la cause des investisseuses"

Et si elles ne le veulent pas ? Non mais franchement vous ne trouvez pas qu'elles ont assez à faire à supporter une époque aussi dingue en ce moment ?! Sans elles tout s'écroulerait même si cela ne serait pas forcément mauvais.

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