Féminiser la tech : le champ des possibles

À l’heure où la crise sanitaire confirme l’inexorable ascension du numérique, former et attirer davantage de talents féminins, encore minoritaires dans les métiers de la tech, est plus que jamais une nécessité et une opportunité. Une question de réussite économique comme d’équité… C’est pourquoi, de l’école à l’entreprise, des initiatives se multiplient pour faire bouger les lignes - sans tarder.
(Crédits : Istock)

La digitalisation de l'économie ne cesse de s'accélérer, si bien que le marché du travail n'a jamais été aussi avide de talents numériques. Délégués à la protection des données, ingénieurs en intelligence artificielle, community managers, spécialistes en cybersécurité... figurent d'après une récente enquête de LinkedIn en France parmi les dix métiers les plus recherchés. L'urgence pointe pour faire face aux besoins : sur le Vieux Continent, il manque un million de personnes avec des compétences informatiques pour accompagner l'inéluctable transformation digitale.

Dans le même temps, le monde de la tech manque encore trop de profils féminins... d'après le collectif Femmes@numérique, elles ne représentent qu'un tiers des salariés dans le digital et seules 16 % occupent des fonctions techniques, tandis que dans la cybersécurité, leur part ne dépasse pas 11 %.

Un atout pour l'innovation et la croissance

Faire la part belle aux femmes dans la tech est ainsi aujourd'hui plus que jamais un enjeu clé, tant pour répondre aux besoins économiques qu'à ceux d'un équilibre sociétal. Le développement de l'intelligence artificielle en est un exemple édifiant : plus de mixité parmi les concepteurs d'algorithmes permettrait notamment de ne pas reproduire des biais. Ceux-ci sont aujourd'hui bien réels, comme l'ont montré des études telle que Gender Shades du MIT : les algorithmes actuels de reconnaissance faciale peinent à reconnaître les visages féminins, en particulier ceux appartenant aux minorités... Et certaines études montrent que des algorithmes neutres sont susceptibles d'augmenter la diversité dans le recrutement.

« Une meilleure intégration des femmes dans le digital n'est pas seulement bénéfique pour elles-mêmes, mais aussi indispensable pour l'avancement des nouvelles technologies et de la croissance économique. Les inventions portées par des équipes mixtes, ou uniquement féminines, s'avèrent avoir un impact technologique plus large et par conséquent mènent à des gains économiques plus importants », estime un récent rapport du réseau Women's Forum, missionné par le gouvernement pour piloter un plan de mobilisation national en faveur des femmes dans ce secteur d'activité. Sans oublier que la diversité au sein des entreprises rime avec une plus grande créativité, à en croire une étude du cabinet BCG (« How Diverse Leadership Teams Boost Innovation »).

L'éducation et la formation, leviers de la mixité

Autant d'arguments de poids pour miser sur la mixité... Mais pour féminiser davantage les professions STEM (sciences, technologies, ingénieries, mathématiques), encore faut-il remonter à la source du problème : celui d'une faible part des filles dans les filières scientifiques et technologiques. Ainsi, les filles ne représentent que 28 % des inscrits en école d'ingénieurs, même si ces dernières années le taux a progressé.

Les initiatives se multiplient pour attirer plus de filles vers la tech et briser les stéréotypes, à l'instar de celles lancées par 42, l'école phare en France des métiers du numérique. Communication positive, sensibilisation, partenariats... l'établissement dirigé par Sophie Viger prend la question à bras le corps. Récemment, l'école a organisé un événement baptisé Tech pour Toutes - de 7 à 77 ans - en partenariat avec Digital Ladies & Allies ainsi qu'avec Engie. Objectif : promouvoir la mixité et l'équilibre des genres dans la tech en ouvrant les portes de son établissement pour débattre des clichés...

Ces entreprises de l'énergie en quête de profils IT

Côté entreprises, on se mobilise aussi pour attirer plus de femmes vers les fonctions liées aux nouvelles technologies. Chez Gaz Réseau Distribution de France, les femmes occupent pour l'heure 33 % des postes à la Direction des systèmes d'information (DSI). La Chief Information Officer de GRDF, Karima Drissi, confirme la forte volonté de sa société de féminiser les métiers techniques ainsi que son envie de « faire tomber les dogmes ». Le groupe Engie, qui a inscrit le digital au cœur de sa stratégie, cherche à faire avancer la diversité à travers, entre autres, son réseau « Women in Networking » (WIN). La directrice de la connectivité chez Engie, Lucile Hofman, témoignera elle aussi de son rôle lors du prochain [Connect Live] « Femmes dans la tech : le challenge de tous les possibles », organisé par La Tribune en partenariat avec le Réveil Digital d'Engie.

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Pour en savoir plus, participez à notre Connect Live avec le Réveil Digital d'Engie le 18 juin à 9h30 sur latribune.fr





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