Prix « coup de cœur » du public 2018, CorWave accélère vers les essais cliniques

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Louis de Lillers, CEO de Corwave.
Louis de Lillers, CEO de Corwave. (Crédits : DR)
La jeune pousse francilienne a séduit l’an dernier avec sa technologie de rupture qui pourrait révolutionner le traitement des patients atteints d’insuffisance cardiaque chronique : une pompe d’assistance fondée sur une membrane ondulante qui s’inspire de la nage des animaux marins. Très tournée vers l’international, la société deeptech se prépare à son prochain défi, celui de la validation clinique.

C'est une technologie palpitante qu'a choisi de récompenser, il y a un an, le public de la 4èJournée start-up innovantes du dispositif médical : celle de CorWave, à l'origine de pompes cardiaques implantables à membrane ondulante qui s'inspirent du mouvement de nage des animaux marins, capables de reproduire l'action physiologique du cœur natif. Une innovation qui représente un véritable changement de paradigme dans le traitement de l'insuffisance cardiaque chronique, puisque la pompe novatrice de CorWave est en rupture avec les dispositifs d'assistance cardiaques actuels, qui se présentent sous forme de pompes rotatives. Ces dernières fournissent un débit continu à grande vitesse, ce qui n'est pas sans entraîner des complications telles que des saignements...

Une innovation à forte valeur technologique

Fondée en 2011 au sein de l'incubateur MD Start, la deeptech CorWave a élu domicile en 2017 à Clichy, s'installant sur 1300 m² dotés de cinq laboratoires, d'un bureau d'études, d'une unité de fabrication pilote... Elle réunit aujourd'hui une cinquantaine de salariés, dont de nombreux docteurs en science, autour d'un travail d'innovation à forte valeur technologique mariant la mécanique des fluides à l'électronique et aux sciences des matériaux... Fruits de multiples compétences, deux produits ont jusqu'ici été développés par CorWave : Neptune, une assistance totale de type LVAD (assistance circulatoire gauche), destinée aux patients atteints d'une insuffisance cardiaque sévère, et Nemo, pour les patients qui sont à un stade moins avancé de la maladie mais voient néanmoins leur qualité de vie altérée.

Une visibilité auprès de l'écosystème

Le potentiel de sa technologie de rupture a déjà valu à la jeune entreprise plus d'un prix. En quête de notoriété au sein de la filière, elle avait décidé l'an dernier de concourir à celui du Snitem. « La compétition du Snitem permet de gagner en visibilité auprès de l'écosystème du dispositif médical. Elle a aussi mis en lumière le travail d'arrache-pied réalisé au quotidien par nos équipes pour que notre solution arrive chez les patients », estime Louis de Lillers, directeur général de CorWave depuis 2015. Objectif atteint : la Journée start-up innovantes du Snitem a permis à la jeune pousse de faire des rencontres et de nouer des contacts potentiellement utiles avec un grand nombre d'acteurs du secteur, confie son dirigeant.

Un partenariat scientifique et clinique avec la Pitié-Salpêtrière

Depuis, la start-up francilienne a accéléré en matière d'essais cliniques. Et une étape importante a été franchie grâce à la conclusion d'un partenariat scientifique et clinique avec l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, l'un des trois leaders mondiaux dans le domaine de la transplantation cardiaque, et le CHU de Lille, spécialisé dans les problématiques d'hémostase. Baptisé « Calypso », ce programme bénéficiera d'un financement de 14 millions d'euros accordés par Bpifrance, sur un total de 25 millions, pour une période de quatre ans. Il devrait optimiser et valider en clinique le dispositif Neptune, l'assistance cardiaque totale et implantable de CorWave. Un espoir pour de nombreux patients atteints de cette maladie chronique potentiellement mortelle...

Une ADN internationale pour un défi mondial

Les enjeux sont énormes, puisque l'insuffisance cardiaque est l'une des premières causes de mortalité dans le monde. « Près de 60 000 patients par an sur la planète sont potentiellement éligibles à l'assistance circulatoire totale. En ce qui concerne l'assistance partielle, ils sont environ 200 000 en Europe et aux Etats-Unis », indique Louis de Lillers. Sans oublier la Chine... « L'essentiel du marché est à l'international », résume-t-il. De quoi expliquer la stratégie internationale adoptée d'emblée par la société, qui possède déjà une filiale en Australie et une autre aux Etats-Unis, où elle compte lancer un essai clinique en parallèle des essais en Europe. Elle compte en outre une dizaine de nationalités au sein de ses équipes. Dernière recrue en date, une directrice financière embauchée depuis Londres. « Nous continuons de structurer la société pour nous préparer à la phase clinique, qui sera notre prochain grand défi », conclut le dirigeant de cette pépite tricolore promise à un bel avenir.

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