À quoi ressemblera la ville de 2050 ? Mégalopole polluée façon New Delhi ou Pékin, smart city efficiente comme Songdo en Corée du Sud, cité futuriste surgie du désert à l'image de Neom en Arabie saoudite, villes flottantes pour accueillir les réfugiés climatiques ou des communautés libertariennes : les scénarios sont nombreux et variés. Dans un monde parfait, le meilleur d'entre eux serait une ville durable, baignée de végétation, alimentée par les énergies renouvelables et autosuffisante pour son alimentation et sa gestion des déchets comme l'a conceptualisée l'architecte visionnaire Vincent Callebaut.
En réalité, la plupart des projets de métropoles futuristes insèrent de la nature dans les immeubles afin de combattre la pollution et les épisodes caniculaires. Déjà au début des années 2010, l'architecte bulgare Tsvetan Toshkov, installé à Londres, imaginait une cité au-dessus des nuages : d'immenses tours en acier surplombant les plus hauts gratte-ciel, couronnées d'un dôme en forme de fleur de lotus entouré d'espaces verts. « City in the Sky est un concept d'oasis tranquille au-dessus des mégacités polluées où l'on peut échapper au bruit, au smog et à la saleté. Il est inspiré par le lotus, connu pour sa capacité à émerger pure et propre des eaux boueuses » explique Tsvetan Toshkov. Un projet qui laisse songeur, et il n'est pas le seul... Côté mer, Koen Olthuis, fondateur du cabinet d'architecture néerlandais Waterstudio, a des ambitions tout aussi prometteuses. Pour ce spécialiste de l'urbanisme aquatique, le but premier est d'utiliser l'eau comme surface constructible et d'éviter de bâtir sur des terres fertiles. Avec Sea Tree, il propose une tour conçue comme un véritable parc naturel et amphibie. Implanté proche des mégapoles, Sea Tree, avec sa structure entièrement végétalisée, a pour but de nourrir les citadins et de capter les émissions de carbone. Pas d'habitat domestique pour autant dans ces tours végétales, mais plutôt un temple dédié à la biodiversité. Car Sea Tree est conçu pour abriter oiseaux, abeilles, chauves-souris et autres petits animaux qui peuvent « apporter beaucoup d'effets positifs à l'environnement d'une cité » selon l'architecte hollandais. Sous l'eau, Sea Tree procure un habitat pour les créatures marines et, si le climat le permet, pour des récifs de corail artificiels. Inspiré par les plateformes flottantes des compagnies pétrolières, il pourrait être financé par celles-ci qui prouveraient ainsi leur engagement dans la défense de la biodiversité. La ville chinoise de Kunming, capitale du Yunnan dans le sud du pays, qui accueillera la COP25 sur la biodiversité en mai 2021, est la première à avoir passé commande pour cet « arbre de mer ».