Mix énergétique : éolien, solaire, nucléaire… Le dilemme français
Frédéric Denhez
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En France, la transition énergétique ressemble à un acte manqué. Tout le monde la veut, collectivement ; personne ne la souhaite, personnellement. La France aime l'éolien, mais ne veut pas d'éoliennes au bout de son jardin. Les Français craignent le nucléaire, mais en définitive, ils font avec. En 2021 (chiffres 2019), les moulins à vent nationaux ont assuré environ 8 % de la consommation d'électricité, pour l'essentiel depuis les Hauts-de-France et le Grand-Est. D'ici 2023, selon la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), la puissance installée devra augmenter de 14 %, et de... 100 % à l'horizon 2028. Parce qu'en 2030, la loi a fixé un objectif de 40 % d'énergies renouvelables dans la production nationale d'électricité. Est-ce possible ? Tout à fait. Est-ce souhaitable ? Assurément. En mer, ça l'est plus encore, car le « gisement de vent », comme disent les spécialistes, est énorme. Il est le deuxième d'Europe, derrière la Grande-Bretagne, un pays dont les côtes sont déjà ponctuées, à l'horizon, d'éoliennes immenses et innombrables. Chez nous, on n'en voit toujours pas. Le premier parc est enfin en construction, au large de Saint-Brieuc. On en parlait depuis onze ans, il va voir le jour après de grands retards. Avec les six autres champs programmés par l'État, la capacité de production de l'éolien offshore tricolore devrait atteindre d'ici 2028 un niveau comparable à celui de la centrale nucléaire de Paluel ou celle de Gravelines. À Saint-Brieuc, les 62 ailes commenceront à tourner courant 2023, sur une surface de 75 km2. D'ici-là, peut-être des permis d'exploitation pour des parcs éoliens flottants, c'est-à-dire non fixés au fond de la mer, auront-ils été accordés : plus loin des côtes, portant des mâts plus hauts, exploitant ainsi des vents plus forts et surtout plus constants, les éoliennes flottantes permettraient de doubler, sur le papier, le gisement des vents français. Reste à trouver comment les relier à la côte par des câbles électriques performants, solides et pas trop chers. Ça, c'est encore un mystère.
Frédéric Denhez