Intel - Qualcomm : duel de géants dans les puces pour mobiles

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Intel qui lorgne de plus en plus le marché de la téléphonie mobile. Qualcomm qui avance de plus en plus sur celui des ordinateurs... La bataille s'annonce féroce entre les deux groupes américains de puces. L'un est numéro un mondial sur les ordinateurs, fixes ou portables, l'autre sur les téléphones mobiles. Désormais, les deux univers convergent dans les smartphones, smartbooks ou autres objets électroniques connectés aux réseaux mobiles.

Les ambitions d'Intel...

« Hors de l'architecture X86, point de salut » : tel est en substance le message que tente de faire passer Intel auprès des acteurs de la mobilité. Roi des microprocesseurs pour ordinateur et seigneur de guerre important dans les processeurs pour serveur, Intel ne cache pas son appétence pour les objets mobiles communicants, téléphones portables, smartphones et tablettes. Pour y parvenir, la société possède le processeur Atom et ses futures versions. Elles devraient consommer moins d'énergie tout en occupant moins de place pour une performance plus élevée.

Cadre d'Intel, Pankaj Kedja définit son travail comme la gestion de l'écosystème de la société dans les téléphones portables et les smartphones. « Cette tâche ne consiste pas seulement à fournir un bout de silicium très performant, précise-t-il. Nous devons aussi travailler intimement avec les différents partenaires dans le logiciel, le matériel, les producteurs de systèmes et les opérateurs. »

Alors que Qualcomm (lire ci-contre), Freescale, Marvell et Nvidia ont conçu des processeurs pour faire fonctionner des tablettes et des smartphones, quels sont les avantages qu'Intel peut apporter pour se différencier ? Sur ce point, Pankaj Kedja entonne le refrain de la compatibilité. « Tous les jours, des centaines de milliers de sites Internet sont créées et 99,999 % d'entre eux le sont à partir d'un PC, explique-t-il. Sur un téléphone portable, on n'obtient qu'une partie de l'innovation apportée par ces sites Web. Or, les utilisateurs ne se contentent pas d'une expérience limitée. Ils veulent plus et pour l'obtenir, ils ont besoin de performance et de compatibilité. Seul Intel peut leur apporter cela.»

Autrement dit, Intel espère reproduire dans le monde de la téléphonie l'hégémonie atteinte dans le monde du PC. « Farmville compte 18 millions de joueurs sur Facebook, mais ils ne peuvent pas le jouer sur un smartphone, sauf si ce smartphone utilise une puce Intel », assure Pankaj Pandja. Et de noter que ses chances de réussir sont importantes puisque le processeur Atom s'est vendu à plus de 40 millions d'exemplaires en moins de deux ans.

... face aux projets de Qualcomm

« Nous n'avons pas l'intention d'aller sur le segment des mini-PC. Les positions des différents fabricants de puces sont déjà bien arrêtées et c'est un marché moins volumineux que celui des téléphones », affirme à « La Tribune », Andrew Gilbert, président de Qualcomm Europe. En revanche, il a bien l'intention de devenir le numéro un des smartbooks, mélange de mini-PC et de smartphone, un ordinateur portable qui offre l'avantage d'être constamment connecté au réseau 3G comme un téléphone.

Ce segment a émergé cette année avec le lancement de Snapdragon, la puce « tout-en-un » de Qualcomm qui, en plus d'assurer la communication avec le réseau (la spécialité de Qualcomm), gère le système d'exploitation de l'ordinateur. Et cela fonctionne. Plusieurs fabricants, dont HP, le numéro un mondial, ont déjà lancé ce type de produits. Le Nexus One, le téléphone de Google, fonctionne aussi sur cette plate-forme. « Intel viendra peut-être sur ce segment, nous verrons bien », lance, confiant, Andrew Gilbert.

Et si Intel arrive dans la téléphonie mobile, comme l'accord conclu avec Nokia l'an dernier le prévoit ? « Je n'ai pas peur. Le marché est déjà extrêmement compétitif », rappelle Andrew Gilbert. Ce qui n'a pas empêché Qualcomm d'en devenir le numéro un mondial même s'il n'a encore jamais fourni une seule puce à Nokia, le premier fabricant de terminaux mobiles.

Enfin, Qualcomm compte lancer à la fin de cette année, avec un fabricant encore mystère, un lecteur de livres électroniques. Celui-ci utilisera évidemment une puce Qualcomm mais aussi un écran tactile qui utilise la lumière du soleil pour afficher les images. Développée par Mirasol, une société acquise il y a cinq ans par le groupe américain, cette technologie promet une image en couleur de la qualité du LCD et une consommation proche de celle des appareils fonctionnant à l'encre électronique.

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