Telecom Italia empêtré dans une affaire de fraude

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L'une de ses filiales, Telecom Italia Sparkle, est soupçonnée de fraude fiscale et de blanchiment. Cette affaire présentée par les magistrats comme l'une des fraudes les plus importantes de l'histoire de l'Italie a empêché le conseil d'administration d'approuver les comptes de sa maison-mère Telecom italia. Du coup, l'opérateur reporte la présentation de ses résultats.

Telecom Italia devait présenter ses résultats 2009 jeudi. Il faudra attendre au moins un mois de plus, le temps de voir plus clair dans l'affaire de fraude fiscale et de blanchiment dans laquelle est impliquée sa filiale Telecom Italia Sparkle avec le groupe Fastweb. Affaire décrite par les magistrats comme étant probablement l'une des fraudes les plus importantes de l'histoire de l'Italie.

Pour l'heure, 300 millions  d'euros de fonds de ladite filiale ont d'ailleurs été mis sous séquestre par la justice italienne, un montant correspondant à la TVA qu'elle aurait détournée. Une mesure de mise sous tutelle à l'encontre de la filiale et de Fastweb, le deuxième fournisseur d'accès à Internet haut débit i a même été réclamée. Le juge se prononcera le 2 mars.

Dans ce contexte pour le moins délicat, le conseil d'administration a choisi de ne pas approuver les comptes obligeant Telecom Italia à renvoyer au 25 mars l'approbation de ses comptes 2009. La présentation de ses nouveaux objectifs financiers est égalemenr repoussée à une date ultérieure.

Jeudi soir, Telecom Italia s'est contentée de résultats prémiminaires pour 2009, lesquels font état d'un chiffre d'affaires en baisse de 5,6%de 27,19 milliards d'euros. Le groupe annonce également avoir maintenu son excédent brut d'exploitation à 11,3 milliards d'euros.

L'ombre de la mafia

Le mécanisme au centre de ce scandale est un "carrousel" fiscal complexe qui aurait permis de frauder pendant plusieurs années le fisc italien pour un montant de 365 millions d'euros, selon les magistrats qui enquêtent depuis 2007. Selon l'accusation, Telecom Italia Sparkle et Fastweb vendaient, fausses factures à l'appui, des services téléphoniques jamais fournis à une société ayant son siège au Royaume-Uni. La somme encaissée était ensuite transférée à des sociétés écran en Italie puis au Panama et les groupes de télécoms prenaient au passage une commission et facturaient la TVA sans jamais la reverser à l'Etat. Cet argent revenait ensuite dans les caisses de la société de départ et ainsi de suite. Après plusieurs tours dans ce "carrousel", ce sont environ 2 milliards d'euros d'argent sale qui auraient été blanchis au bénéfice des deux groupes.

Mais Telecom Italia et Fastweb assurent qu'ils ne sont pas à l'origine d'une telle fraude et qu'ils ont été lésés dans cette affaire. Pourtant, l'un des principaux accusés, le fondateur de Fastweb, Silvio Scaglia, a fait l'objet mardi d'un mandat d'arrêt émis par le parquet de Rome, puis incarcéré ce vendredi. L'homme, l'un des plus riches du pays, plaide son innocence et se dit prêt à répondre aux questions des magistrats au plus vite. Le mandat d'arrêt concerne également 55 autres personnes dont des responsables de Fastweb et de Telecom Italia Sparkle ainsi que le sénateur de droite Nicola Di Girolamo.

Derrrière cet élu, c'est en fait la mafia calabraise, la 'Ndrangheta qui serait impliquée. La justice soupçonne également l'entrepreneur romain Gennaro Mokbel d'être intervenu pour que des boss calabrais aident le sénateur à se faire élire.

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