Football : la fédération française opte pour la démocratie

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Pro et amateurs sont arrivés à un consensus à l'issue des Etats généraux du football. Le monde du sport espère aussi la mise en place de mesures économiques lui permettant d'être plus compétitif.

L'ambiance était à la congratulation vendredi dans les locaux de l'Insep. Dirigeants du football français amateurs et professionnels se félicitaient de l'aboutissement des travaux réalisés au cours des Etats généraux du football jeudi et vendredi. "Jamais je n'aurai pensé que nous serions allés aussi loin", a expliqué l'actuel président de la Ligue de football professionnelle Fernand Duchaussoy.

"C'est une révolution tranquille", a corroboré le président de la Ligue de football professionnelle Frédéric Thiriez. Après le crash de Knysna en Afrique du Sud, au cours duquel la planète avait assisté les yeux ébahis à la grève des Bleus, Roselyne Bachelot et Rama Yade s'étaient empressées d'appeler à une réforme de la gouvernance des instances.

Un président élu au suffrage direct

Au centre de la réforme : le mode d'élection de son président et de l'équipe dirigeante. Si le projet est entériné le 18 décembre par la FFF, n'importe qui, pourvu qu'il soit licencié de la fédération, pourra présenter sa liste et son équipe à la présidence. "C'est une démocratisation sans précédent de la fédération", a assuré Fernand Duchaussoy. Actuellement, pour arriver à la tête de la fédération, le président doit avoir gravi tous les échelons du monde associatif. Résultat, il est nommé au plus haut sommet de la maison à un âge avancé et par cooptation, à des niveaux supérieurs à 90% qui évoquent les meilleures républiques bananières.

Le président, qui aura fait campagne auprès de l'assemblée fédérale (l'actionnariat de la fédération), arrive donc avec une équipe de 12 membres, également élus. Quatre à cinq membres sont chargés de missions opérationnelles essentielles. Contrairement à ce que pourrait craindre le monde amateur, les présidents de clubs ne se précipiteront pas pour participer au comité exécutif de la fédération.

"Dans la mesure où il y a non cumul des mandats entre la fédé et la Ligue, les présidents préfèreront siéger à la Ligue de football, où ils défendent leurs intérêts", juge Bernard Caiazzo le président de Saint Etienne. Enfin, un haut conseil non opérationnel représentant les différentes familles du foot sera créé. Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes pour sortir une fédération pénalisée par l'immobilisme et le consensus, comme l'a montré le maintien de Raymond Domenech à la tête de l'Equipe de France et les caprices de ses joueurs.

Des négociations en cours entre pro et amateurs

Toujours en négociations, le poids des clubs professionnels au sein de l'Assemblée fédérale, qui sera compris entre 33 et 40%, contre 25% actuellement, et les reversements faits aux amateurs. Ces derniers sont prêts à perdre du pouvoir en échange d'une garantie sur les montants, en fonction des droits télé. (pour en avoir plus cliquez sur ce lien :  "le foot en conclave").

Une alternative à la suppression du droit à l'image collective

Au-delà de la gouvernance des clubs, des pistes ont été proposées pour améliorer la compétitivité du football. Principale mesure : la suppression de la taxe sur les spectacles (versées aux collectivités) et son remplacement par une TVA à 5,5% qui permettrait aux clubs de récupérer de la TVA, ce qu'ils ne peuvent faire actuellement. En termes de concurrence, les clubs seront logés à la même enseigne. Actuellement, la taxe sur les spectacles varie d'une région à l'autre et certains clubs en sont exonérés. En outre, ce remplacement aurait un impact positif pour les clubs compris entre 11 et 15 millions d'euros par an.

La secrétaire d'Etat au sport Rama Yade a même proposé il y a un mois au Premier ministre François Fillon cette mesure pour compenser la suppression du droit à l'image collective (DIC) qui coûtait une quarantaine de millions par an à l'Etat. Pour le moment, la suggestion de la secrétaire d'Etat est toujours sur un bureau de Matignon dans la perspective du remaniement.

Autre mesure ayant fait consensus mais qui ne nécessite pas d'intervention de l'Etat car elle dépend de la FFF, les clubs pourront obtenir le fameux « numéro d'affiliation », qui leur permet de s'inscrire à des compétitions. Aujourd'hui, il est toujours aux mains de l'association sportive liée au club, lui accordant le pouvoir suprême. Technique, cette mesure est censée permettre au foot professionnel clubs d'être plus attractifs aux yeux des investisseurs.

Certains hésiteraient actuellement à mettre de l'argent dans des clubs n'ayant pas l'entière maîtrise de leur destin sportif. Enfin, d'un commun accord, les représentants du foot vont "demander un changement législatif" pour transformer leur entreprise en société anonyme.

Le volet sportif n'a pas été oublié. En Coupe de France par exemple, les clubs les plus petits (en national par exemple) recevront plus souvent les grands clubs lors des rencontres qui les opposent, alors que c'est le contraire actuellement. Une mesure prise afin de donner un coup de pouce aux divisions inférieures. Les clubs auront aussi la liberté de gérer la billeterie actuellement aux mains de la fédération. 

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