Pourquoi Oracle réclame 4 milliards de dollars à SAP

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Le numéro trois mondial des logiciels Oracle reproche à son rival allemand de lui avoir "volé" des logiciels. SAP a reconnu les faits mais estime le préjudice à quelques dizaines de millions de dollars.

Coup d'oeil sur un procès qui passionne la Silicon Valley. Lundi, Larry Ellison, directeur général d'Oracle, a accusé lundi SAP, son rival de toujours dans le domaine des logiciels d'entreprise, de l'avoir spolié de quatre milliards de dollars dans le cadre d'une affaire de violation de la propriété intellectuelle.

Le co-fondateur du groupe américain s'est exprimé dans le cadre du procès intenté à SAP par Oracle pour vol de logiciels. Le groupe allemand, premier éditeur de logiciels européen, a plaidé coupable pour vols de fichiers Oracle perpétrés par sa filiale, aujourd'hui fermée, TomorrowNow.

Les deux entreprises se retrouvent devant un tribunal fédéral de Californie, qui devra déterminer le montant des compensations que SAP devra verser à Oracle. Trois ans et demi après qu'Oracle a déposé plainte dans le cadre de cette affaire, Larry Ellison - connu pour ses charges violentes à l'encontre de SAP - a enfin eu l'occasion de dire que le groupe allemand devrait verser des milliards de dollars de dommages et intérêts.

Les avocats de SAP, qui estime de son côté ne pas devoir payer plus de quelques dizaines de millions de dollars, ont par la suite invité Larry Ellison à apporter des preuves écrites venant étayer son estimation. Mais l'homme le plus riche de la Silicon Valley s'est dit dans l'incapacité de fournir des documents venant à l'appui de ses déclarations.

Les avocats de SAP ont enfoncé le clou en présentant devant le tribunal des échanges de messages de dirigeants d'Oracle disant que TomorrowNow ne constituait pas une menace pour la société. Tout en reconnaissant les agissements contraires à la loi de TomorrowNow, que le groupe a fermée en 2008, SAP assure que le conseil d'administration n'en a jamais rien su.

Le procès, très suivi par les acteurs du monde technologique, est pimenté par la volonté d'Oracle de faire venir au procès Leo Apotheker, président du directoire de SAP au moment des faits et tout récent nouveau directeur général de Hewlett-Packard .

Détectives privés

Oracle a envoyé la semaine dernière une citation à comparaître à Leo Apotheker, soupçonné par Joe Nocera, éditorialiste du New York Times, d'avoir dans un premier temps couvert les agissements de TomorrowNow. Hewlett-Packard, où Leo Apotheker n'a officiellement commencé que depuis une semaine, a rejeté l'assignation, estimant qu'Oracle cherchait, au nom de sa rivalité avec SAP, à harceler son tout nouveau dirigeant.

Une source a dit lundi à Reuters qu'Oracle avait engagé des détectives privés pour localiser Leo Apotheker afin de lui remettre en mains propres cette assignation. Le prédécesseur de Leo Apotheker à HP, Mark Hurd, a dû quitter le groupe en août après s'être vu reprocher d'avoir falsifié des notes de frais pour dissimuler une "relation personnelle proche" avec une femme travaillant pour un sous-traitant.

Mark Hurd, qui est un ami intime de Larry Ellison a été nommé début septembre au conseil d'administration d'Oracle, un mois après son éviction de Hewlett-Packard, ce qui a entrainé un différend judiciaire entre les deux groupes, désormais réglé.

Avant le mandat de Mark Hurd, la dirigeante Carly Fiorina avait été évincée en 2005 par un conseil d'administration mécontent des résultats irréguliers du constructeur informatique.

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