Eric Besson veut libérer des fréquences pour de nouveaux services mobiles

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(Crédits : REUTERS)
Le ministre de l'Industrie veut donner aux télécommunications un autre bloc de fréquences aujourd'hui occupées par les télévisions.

Nouveau bras de fer en vue entre les télécommunications et l'audiovisuel. Eric Besson dévoilera ce lundi midi aux dirigeants de l'Agence nationale des fréquences (ANFR) sa stratégie en la matière. Le ministre de l'Industrie doit confirmer l'attribution cette année du "dividende numérique", c'est-à-dire des fréquences libérées par l'arrêt de la diffusion de la télévision analogique. Surtout, il donnera le coup d'envoi du chantier d'un nouveau dividende numérique, en annonçant le lancement en janvier d'une consultation publique, avec le ministère de la Culture.

Ce second dividende, comme le premier, sera obtenu en réduisant la place occupée par les chaînes de télévision grâce à des technologies moins "gourmandes" en fréquences. Et, comme pour le premier dividende, cette libération permettra, selon le ministre, "de dégager des fréquences pour de nouveaux services mobiles". Fréquences qui seraient vendues aux opérateurs, et donc feraient rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat. Ce concept de second dividende est évoqué depuis l'an dernier par la Commission européenne, qui y a fait allusion en septembre dans une proposition de décision.

De nombreux obstacles restent à surmonter. Il faudra, comme pour le premier dividende, trouver une solution harmonisée avec nos voisins, notamment pour éviter les brouillages, et surmonter l'opposition du secteur audiovisuel, même si le ministre prône la concertation et assure vouloir éviter un nouvel affrontement entre télécoms et audiovisuel.

Opération lourde et complexe

Sur le plan technique, libérer ces fréquences sera une opération lourde et complexe, "autant que l'arrêt de la TV analogique", de l'aveu même d'un acteur des télécommunications. Le second dividende nécessitera de changer toute la chaîne de diffusion de la TNT (télévision numérique terrestre). D'abord, il faudra utiliser une nouvelle norme de diffusion, le DVB-T2 au lieu du DVB-T actuel. Ensuite, il faudra comprimer encore plus le signal vidéo d'une chaîne, avec la norme MPEG-4 au lieu de son prédécesseur MPEG-2. Certes, cette nouvelle norme est déjà utilisée en TNT pour les chaînes payantes et les chaînes en haute définition. Mais les chaînes gratuites de la TNT sont toujours diffusées en MPEG-2.

Concrètement, cela signifie que tous les adaptateurs TNT devront être remplacés pour supporter ces deux nouvelles normes. Aujourd'hui, aucun ne supporte le DVB-T2, et une petite partie décode le MPEG-4, qui doit obligatoirement être intégré aux téléviseurs de plus de 66 cm et devra l'être à tout téléviseur à partir de décembre 2010.

A ce jour, il est difficile d'estimer le volume de fréquences susceptibles d'être dégagées. Selon le Conseil supérieur de l'audiovisuel, l'arrêt du MPEG-2, envisagé entre 2013 et 2015, libérerait 16 mégahertz, et le DVB-T2 permet d'occuper 30 % à 50 % de place en moins. Le nouveau directeur général de l'ANFR sera chargé d'établir un plan d'utilisation des fréquences d'ici à la fin de l'année et de préparer la position française en vue de la conférence mondiale de l'Union internationale des télécommunications en 2012.

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