L'Allemand Springer investit dans le site "Business Insider"

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L'éditeur de « Die Welt » et du « Bild » multiplie les investissements dans le numérique. En France, il a acquis Auféminin, Seloger et pris 20% du moteur Qwant.
L'éditeur de « Die Welt » et du « Bild » multiplie les investissements dans le numérique. En France, il a acquis Auféminin, Seloger et pris 20% du moteur Qwant. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le site d’info financière américain a levé 25 millions de dollars auprès d’investisseurs dont l’éditeur de « Die Welt » et du « Bild » en tête. Le groupe de presse allemand multiplie les investissements dans le numérique qui pèse déjà la moitié de son chiffre d’affaires. Les investisseurs se remettent à faire de gros paris sur la presse en ligne.

Le groupe de presse allemand Axel Springer, qui a multiplié les investissements dans le numérique en Europe ces dernières années (Auféminin, Seloger, Qwant), se tourne désormais vers les Etats-Unis. L'éditeur de « Die Welt » et du « Bild » est l'investisseur leader du tour de table de 25 millions de dollars de Business Insider, le site d'information financière américain créé et dirigé par l'ex-analyste star de Wall Street au moment de la bulle des années 2000, Henry Blodget. Axel Springer Digital Ventures détiendra une participation minoritaire mais aura un siège au conseil d'administration. Selon le site Re/code, le tour de table valoriserait Business Insider 200 millions de dollars.

Fondé en 2007, le site américain, qui emploie 230 personnes, se présente comme « le premier site d'information économique aux Etats-Unis » et revendique 35 millions de visiteurs uniques par mois sur son marché et 70 millions dans le monde. Il est décliné en sept versions à l'international et propose un service d'études financières par abonnement, Business Insider Intelligence. Il aurait réalisé 30 millions de dollars de chiffre d'affaires, en hausse de 66%. En mars dernier, le site avait levé 12 millions de dollars auprès notamment de Jeff Bezos (Amazon) sur la base d'une valorisation de 100 millions de dollars. AOL avait proposé de le racheter pour ce montant l'année d'avant.

Une vision commune sur les nouveaux médias

« Axel Springer est le partenaire idéal pour notre aventure car il partage notre vision d'un avenir prometteur pour les nouveaux médias et de la capacité des sources d'informations nées avec le numérique de fidéliser de manière inédite et puissante leur audience » déclare Henry Blodget dans un communiqué conjoint.

Analyste du secteur Internet chez Merrill Lynch dans les années 2000, il avait été interdit d'exercer cette profession pour avoir recommander des actions qu'il qualifiait de "pourries" dans des emails privés, mis au jour par l'enquête du célèbre procureur de New York, Eliot Spitzer. Mais Blodget était considéré comme l'un des meilleurs connaisseurs du secteur, en particulier de l'e-commerce.

« Nous sommes enthousiastes de devenir investisseur du site d'information économique connaissant la croissance la plus rapide dans le monde et nous voulons soutenir le développement de Business Insider. Avec cet investissement, nous renforçons nos positions sur le marché numérique anglophone » explique Andreas Wiele, le directeur de la branche marketing et petites annonces de Springer.

Les investisseurs parient gros sur la presse en ligne

Aux Etats-Unis, le groupe allemand a déjà pris une participation importante dans la startup Ozy.com, qui édite un web magazine culturel, à l'automne dernier, des parts minoritaires dans l'application d'information vidéo NowThisMedia et même dans Airbnb. Springer réalise plus de la moitié de son chiffre d'affaires (qui s'élevait à 2,8 milliards d'euros en 2013) et près de 70% de son bénéfice d'exploitation dans le numérique.

Un autre site américain, Mashable, vient d'annoncer son deuxième tour de table, une levée de 17 millions de dollars, auprès de Time Warner Investments. Le site de Pete Cashmore, qui avait été approché par CNN en 2012, revendique 42 millions de visiteurs uniques par mois. Preuve que les investisseurs se remettent à faire de gros paris sur la presse en ligne.

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