Six offres de reprise avaient été déposées auprès du greffe pour les diverses activités du groupe mondial Technicolor, placé en redressement judiciaire en février en France, et au Royaume-Uni où les 440 salariés ont été licenciés. Le Tribunal des affaires économiques a rendu jeudi 27 mars son jugement : le groupe spécialisé dans l'animation et les effets visuels est bien vendu à la découpe, y compris son fleuron Mikros Image, qui regroupe Mikros Animation Paris, MPC (effets visuels cinéma et séries) et The Mill France (vfx, post-production, publicité).
Ce démantèlement de Technicolor, déjà au bord de la faillite en 2020 avant sa relance en deux entités en 2022 (Technicolor CS, pour les effets spéciaux, l'animation et le jeu vidéo et Vantiva pour les systèmes vidéo et d'accès à Internet, entreprise elle-même sous le coup d'un troisième plan social en cinq ans, notamment à Rennes ) solde une histoire d'innovation française de plus de 130 ans.
Pour autant, la vente des actifs en France - où plus de 220 emplois sur 500 vont être préservés - et au Canada ne scelle pas totalement le sort The Mill à Shanghai et Séoul, ni la situation dramatique des salariés de Technicolor en Inde. Mis en défaillance de manière « extrêmement brutale » selon les administrateurs judiciaires, le groupe comptait près de 5.000 salariés dans le monde, à la fin janvier 2025.