Atteinte à la vie privée : Google visé par une plainte pour localisation abusive

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En novembre dernier, déjà, Google s'était vu accuser de géolocaliser à leur insu pendant près d'un an les utilisateurs d'Android.
En novembre dernier, déjà, Google s'était vu accuser de géolocaliser à leur insu pendant près d'un an les utilisateurs d'Android. (Crédits : Dado Ruvic)
Le géant américain est visé par une plainte déposée en Californie pour non-respect de la vie privée, qui pourrait se transformer en recours collectif (class action). A l'origine de la polémique, une enquête de l'agence Associated Press publiée la semaine dernière, selon laquelle Google utiliserait une géolocalisation abusive de ses utilisateurs... Y compris lorsque l'historique de localisation est désactivé. Retour sur l'affaire en 3 questions.

■ Quel est le cœur du problème ?

Google traquerait les utilisateurs de ses applications - tant sur iOS que sur Android - même lorsque ces derniers ont désactivé l'historique de localisation, selon une enquête de l'agence Associated Press, publiée le 13 août et confirmée par plusieurs chercheurs américains. De quoi permettre au géant américain de retracer les allées et venues des utilisateurs, minute par minute... Ce qui soulève des inquiétudes quant au respect de la vie privée.

Il est possible de désactiver manuellement sa localisation dans les paramètres de son smartphone. Dans sa page d'assistance, Google assurait alors : "Vous pouvez désactiver votre localisation à n'importe quel moment. Les endroits visités ne seront plus enregistrés." La filiale d'Alphabet a modifié sa page depuis les révélations. Désormais, il est écrit que le fait de désactiver l'historique "n'affecte pas les autres services de localisation sur votre appareil". Par exemple, les données de localisation peuvent être récoltées lors de l'utilisation d'autres services, tels que le moteur de recherche et Google Maps, souligne la société.

"Il y a de nombreuses façons pour Google d'utiliser la localisation pour améliorer l'expérience des utilisateurs, notamment: l'historique de localisation, les activités sur le Web et les applications ou encore, les services de localisation au niveau des terminaux", s'est défendu auprès d'Associated Press un porte-parole de Google. "Nous fournissons des descriptions claires de ces outils (...) pour que les utilisateurs puissent les activer, les désactiver et supprimer leurs historiques à tout moment."

■ Quel est le but de la plainte ?

Une action en justice a été déposée vendredi dernier devant le tribunal fédéral de San Francisco. Le plaignant accuse Google de non-respect de la vie privée du fait de sa collecte des allées et venues des utilisateurs de smartphones - et ce, en dépit de la désactivation du paramètre "historique de localisation".

Si l'action vise à obtenir des dommages-intérêts pour un montant non spécifié, elle souhaite surtout acquérir un statut de recours collectif. L'idée est de pouvoir former une class action au nom de tous les utilisateurs américains d'iPhone ou de smartphones régis sous Android, qui ont vu leurs mouvements enregistrés par Google en dépit de leur volonté.

"Google a expressément indiqué aux utilisateurs de son système d'exploitation et de ses applications que l'activation de certains paramètres empêcherait le suivi de géo-localisation des utilisateurs", lit-on dans l'action en justice. "Cette allégation était fausse."

Et de poursuivre : "Malgré les tentatives des utilisateurs de protéger la confidentialité de leur localisation, Google collecte et stocke les données de localisation des utilisateurs, envahissant ainsi les attentes raisonnables des utilisateurs en matière de confidentialité."

■ Est-ce une première pour Google ?

Non. Dernier exemple en date : le mastodonte de l'Internet s'est vu accuser en novembre 2017 de géolocaliser à leur insu pendant près d'un an les utilisateurs d'Androidson système d'exploitation utilisé tous les mois par plus de 2 milliards de terminaux actifs dans le monde. Google se serait basé sur les antennes-relais utilisées par les appareils Android lors d'une connexion Internet. Plus précisément, la partie du système d'exploitation, qui gère l'envoi des messages et des notifications, aurait collecté ces informations à l'insu des utilisateurs, avant de les envoyer à Google.

D'après la firme de Mountain View, cette agrégation de données aurait permis d'améliorer "la vitesse et la performance d'acheminement des messages". Les informations n'auraient jamais été utilisées, ni même stockées, selon Google. L'entreprise américaine s'était pourtant engagée à stopper cette collecte le mois des révélations.

Lire aussi : Google utilise un mouchard pour géolocaliser les utilisateurs Android

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