Aux Etats-Unis, les « cord-cutters » sont de plus en plus nombreux

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Depuis l'arrivée des grandes plateformes de vidéo à la demande comme Netflix ou Amazon, la télévision payante traditionnelle est en grande perte de vitesse aux Etats-Unis.
Depuis l'arrivée des grandes plateformes de vidéo à la demande comme Netflix ou Amazon, la télévision payante traditionnelle est en grande perte de vitesse aux Etats-Unis. (Crédits : Mike Blake)
Le nombre de consommateurs américains qui choisissent de résilier leur abonnement à la télévision payante, pour privilégier les services de vidéo à la demande, grimpe en flèche. Selon une étude du cabinet eMarketer, ils seront 33 millions d’ici la fin 2018, soit 33% de plus en un an.

Au pays de l'Oncle Sam, les acteurs de la télévision payante traditionnelle ont de quoi s'inquiéter. Outre Atlantique, le phénomène de « cord-cutting » s'accélère. Concrètement, il s'agit des consommateurs qui décident « de couper le câble », et de résilier leurs abonnements à la télévision (via le câble, le satellite et les offres des opérateurs télécoms) pour privilégier les services de vidéo à la demande comme Netflix ou Amazon. Selon une étude du cabinet eMarketer, les « cord-cutters » seront 33 millions d'ici à la fin 2018 aux États-Unis. Un chiffre en augmentation de près de 33% en un an. Il s'agit d'une très forte progression, puisqu'en juillet 2017, eMarketer n'envisageait qu'une hausse de 22%.

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In fine, quelques « 186,6 millions d'adultes américains regarderont la télévision payante en 2018 », souligne le cabinet. Ils seront 3,8% de moins par rapport à l'année dernière. Cette baisse est légèrement supérieure à celle de 3,4% observée en 2017, poursuit eMarketer. Lequel souligne que les fournisseurs de télévision par satellite, suivis par les opérateurs télécoms, subiront les plus fortes baisses de clients.

Toujours plus de contenus originaux chez Netflix

Analyste chez eMarketer, Christopher Bendtsen précise que la plupart des principaux fournisseurs traditionnels de télévision (comme les câblo-opérateurs Charter et Comcast) ont beau avoir signé des partenariats avec Netflix pour l'intégrer à leurs offres, ces accords demeurent très récents. C'est pourquoi, selon lui, cela n'aura pas d'impact significatif sur leurs taux de désabonnements cette année. De manière générale, les partenariats entre les acteurs de la télévision payante et les plateformes de vidéo à la demande devraient, juge-t-il, permettre aux premiers de freiner un peu leurs pertes d'abonnés. Mais pas de les arrêter.

En attendant, les plateformes comme Youtube, Netflix, Amazon ou Hulu continuent de se développer à toute vitesse. Selon eMarketer, c'est leur capacité à proposer toujours plus de contenus originaux (séries, films et autres documentaires) qui fait leur succès.

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Les résultats du géant américain des télécoms AT&T, ce mardi, témoignent du déclin de la télévision payante. Le groupe, qui a récemment racheté le mastodonte des médias Time Warner, a perdu, au deuxième trimestre, quelques 286.000 abonnés à la télévision par satellite (via sa division DirectTV). Pour résister aux cadors de la vidéo à la demande, AT&T mise dorénavant beaucoup sur sa propre plateforme à prix plus doux : DirectTV Now. D'ailleurs, celle-ci a enregistré, toujours au deuxième trimestre, 342.000 nouveaux abonnés.

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Commentaires
a écrit le 26/07/2018 à 10:28 :
autour de 100$ par mois pour le câble, ça coûte. alors que l'immobilier, la santé, l'Education ou la garde d'enfants flambent.
on a vu aussi que les entrées au cinéma sont en baisse régulière depuis 2002.

les ventes immo ont plongé de 12% en Californie Sud et de 9% à San Francisco. la Californie annonce ce qui va se passer au niveau national, d'après CNBC.
les mises en chantier de logements aussi ont plongé de 12%.
le logement est devenu inabordable.
a écrit le 26/07/2018 à 10:16 :
JE pense que l'on peut raisonnablement associer cette tendance avec l'ère d'internet qui fait que nous nous habituons à avoir le choix et pas seulement en tant que consommateur en tant également que personnes aptes à faire la part des choses.

Une véritable révolution que les décideurs feraient mieux d'intégrer dans leurs raisonnements plutôt que de s'y opposer systématiquement machinalement, réflexe oligarchique caractérisant plus la bêtise de celle-ci que celle des consommateurs.

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