France Télévisions : les journalistes vent debout contre les mesures d’économies

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Mardi, les journalistes du groupe public ont adressé un coup de semonce à leur présidente, Delphine Ernotte, en adoptant à une majorité écrasante (84% des votants, avec un taux de participation de 69%) une motion de défiance à son encontre.
Mardi, les journalistes du groupe public ont adressé un coup de semonce à leur présidente, Delphine Ernotte, en adoptant à une majorité écrasante (84% des votants, avec un taux de participation de 69%) une motion de défiance à son encontre. (Crédits : Reuters)
Au lendemain d'un vote cinglant des journalistes de France Télévisions contre leur patronne Delphine Ernotte, une grève de vingt-quatre heures est organisée ce mercredi au sein du groupe pour protester contre les importantes mesures d'économies projetées en 2018 et contre la vaste réforme préparée par le gouvernement.

La grogne monte d'un cran. Au lendemain d'un vote cinglant des journalistes de France Télévisions contre leur patronne Delphine Ernotte, une grève de vingt-quatre heures est organisée ce mercredi au sein du groupe, pour protester contre les importantes mesures d'économies projetées en 2018 et une vaste réforme préparée par le gouvernement.

Trois organisations - CGT, FO et Syndicat national des journalistes (SNJ) - appellent les salariés à cesser le travail "pour l'honneur du service public": à l'occasion d'un comité central d'entreprise (CCE), ils souhaitent mobiliser les salariés face à ce qu'ils considèrent comme une tentative de "démolition" du groupe.

Motion de défiance des journalistes contre Delphine Ernotte

Une grève, également pour protester contre les coupes budgétaires, avait déjà perturbé les antennes du groupe le 17 octobre, à l'appel des syndicats CGT, FO mais aussi CFDT qui cette fois ne participe pas au mouvement. Mardi, les journalistes du groupe public ont adressé un coup de semonce à leur présidente, Delphine Ernotte, en adoptant à une majorité écrasante (84% des votants, avec un taux de participation de 69%) une motion de défiance à son encontre.

Sommée par le gouvernement de réduire de 50 millions les dépenses du groupe en 2018, à 2,57 milliards d'euros, la direction du groupe veut supprimer 180 postes équivalent temps plein (ETP) l'an prochain via des non-remplacements de départs à la retraite, dont 30 dans l'information. Ces mesures doivent être adoptées lors d'un conseil d'administration prévu le 21 décembre. Delphine Ernotte, dans un message envoyé aux salariés lundi, avait dit prendre "au sérieux" cette motion de défiance mais avait défendu les économies projetées, y compris dans les programmes d'information, soulignant que "certains chantiers peuvent être difficiles, mais ils sont nécessaires".

Propos sévères de Macron sur la gouvernance de France Télévisions

Outre les mesures d'économies, les organisateurs de la grève s'inquiètent d'une réforme en profondeur de l'audiovisuel public, que le gouvernement veut lancer l'an prochain. Cet automne, la révélation de "pistes de travail" radicales émanant du ministère de la Culture, évoquant un "rapprochement" entre France Télévisions et Radio France, ainsi qu'entre les réseaux régionaux de France 3 et France Bleu, mais aussi la suppression de France Ô ou le passage de France 4 à une diffusion 100% numérique, a déclenché la colère des syndicats qui y voient le risque d'une destruction du service public.

Et des propos très sévères du président Emmanuel Macron envers l'audiovisuel public, tenus la semaine dernière devant des parlementaires, ont encore accru la tension.

"L'audiovisuel public, c'est une honte pour nos concitoyens, c'est une honte en termes de gouvernance, c'est une honte en ce que j'ai pu voir ces dernières semaines de l'attitude des dirigeants", aurait fustigé le chef de l'Etat, selon Télérama.

"L'audiovisuel public est la honte de la République", aurait-il dit selon L'Express, des propos toutefois démentis par l'Elysée. Pour Force Ouvrière, qui appelle les salariés à envoyer "un message fort" mercredi, ces signaux procèdent "d'une volonté d'instituer un climat anxiogène dans l'entreprise". Le gouvernement veut aller vite. Les patrons de l'audiovisuel public doivent présenter des propositions communes à la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, le 21 décembre. Cette dernière remettra ensuite ses recommandations à l'exécutif, en vue d'une décision en février ou mars.

"Réfléchir à des synergies et des coopérations"

Il ne s'agit pas "de supprimer, de fusionner" mais de "réfléchir" à "des synergies et des coopérations", s'est défendue la ministre lundi soir. Delphine Ernotte, dans son message aux salariés, a de son côté insisté sur la nécessité pour le groupe de "ne pas attendre que la loi soit écrite pour avancer", car "nous savons tous que nous pouvons faire mieux", et "que dans un univers qui change face à l'évolution des usages, il nous faut nous transformer". "C'est à cette tâche que je suis engagée et c'est tous ensemble que nous allons la réussir", a-t-elle plaidé.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 14/12/2017 à 0:50 :
A Privatiser DE SUITE ces radios et chaines. Que l'on soit Enfin débarrassé de cet impot pour ce mammouth. Et qu'ils fassent grève en illimité, contre la privatisation : leurs greves ne genent personne.
a écrit le 13/12/2017 à 18:28 :
C’est en se montrant déterminés à faire respecter la déontologie de la Charte de Munich de 1971 et le principe de la liberté d’opinion – tout spécialement sur l’appartenance à l’UE et à l’euro – que les journalistes assureront le mieux la survie de l’audiovisuel publique puisque l’origine des restrictions budgétaires imposées à France Télévisions – comme à de nombreux autres services publics – réside d’abord dans l’appartenance de la France à l’Union européenne et à l’euro.
Notre appartenance à une monnaie surévaluée par rapport à la compétitivité de l’économie française, dans un environnement économique ultra-libéral qui nous met en choc frontal avec des pays à bas salaires et à faibles normes sociales et fiscales, contraint en effet la France à une rigueur budgétaire sans fin.
Point Upr du jour
a écrit le 13/12/2017 à 18:01 :
comme toutes les entreprises publiques gavés à l'argent facile sans contrepartie simple remake de la sncf faible productivité absentéisme...
a écrit le 13/12/2017 à 17:41 :
"les journalistes vent debout contre les mesures d’économies "
C'est tellement facile de dépenser l'argent du contribuable corvéable à merci...sans se soucier aucunement de savoir si l'entreprise est viable !
a écrit le 13/12/2017 à 17:29 :
il y a un paradoxe à conserver un audiovisuel public et à privatiser la santé et la sécurité ,nos élus manquent vraiment de cohérence
a écrit le 13/12/2017 à 17:06 :
Des économies ...pour les autres :

Alors que la Cour des comptes publie son rapport critiquant la politique « insuffisamment rigoureuse » de gestion du groupe, une enquête menée par BFM Business affirme le même mois que la nouvelle directrice Delphine Ernotte touche un salaire constitué d'un fixe de 322 000 euros brut par an, avec un bonus variable pouvant aller jusqu'à 78 000 euros, soit un total de 400 000 euros bruts par an. Celle-ci répond que sa rémunération annuelle a été divisée par deux en quittant FT/Orange pour rejoindre France Télévisions.
a écrit le 13/12/2017 à 16:37 :
Le vieux monde il est là sur ces radios et chaines qui devraient être privatisées !!!
a écrit le 13/12/2017 à 15:57 :
on garde elise lucet est on degage les jeux televisees et autres foutaises.....pour voir les choses simplement
a écrit le 13/12/2017 à 15:40 :
INCONGRU de payer un impot audiovisuel, pour des chaines ou stations dont on ne Veut Pas. Donc A METTRE DE SUITE SOUS ABONNEMENT LIBRE ET VOLONTAIRE, et DECODEUR. Seules les chaines et stations privées, et autonomes financièrement, recueuillent mon suivi, et Jamais les Obligatoires. Si pas contents, ils et elles feront grève, et alors ! en quoi leur grève illimitée nous privera. LES 2.5 Milliards d'euros/An de l'audiovisuel public liquidé, plus utiles pour SAUVER LES MONUMENTS HISTORIQUES EN PERIL
a écrit le 13/12/2017 à 15:08 :
je me languis d'RT (russian today) television....
a écrit le 13/12/2017 à 14:08 :
Pour une fois je partage l'avis de notre Président. L'audiovisuel public a toujours vécu avec l'idée de recettes toujours croissantes permettant la production de programmes divers.
Or le service public est malade de ce système. Handicapé par le concept-boulet de l'exception culturelle, les téléspectateurs se détournent de séries franchouillardes sans intérêts autres que celui de servir le concept-boulet, et d'émissions débiles pour décérébrés.
Alors oui, on peut (et on doit) faire mieux avec moins. Il n'y a rien d'insurmontable pour peu que chacun des acteurs concernés (Etat, chaînes, producteurs....) en soit conscient et cesse de s'adonner à la drogue "argent public facile".
a écrit le 13/12/2017 à 13:54 :
Il y a autant de journalistes dans le groupe France Télévision que dans tous les autres médias réunis. Cette situation basée depuis des année sur le chantage aux "nuisances" va peut-être enfin dénoncée et corrigée. Si Mr Macron réussit à diminuer ce mammouth, il méritera notre respect.
a écrit le 13/12/2017 à 12:00 :
Par faiblesse les politiques ont laissé se créer depuis des décennies des baronnies qui n'ont pour seule raison de vivre de faire de l'obstruction systématique pour préserver leur pouvoirs, privilèges et revenus qui vont avec.....et tel est le cas de l'audiovisuel public mais nous les retrouvons aussi dans les instances agricoles, l'éducation nationale , la santé , le monde universitaire etc... ce qui a fait dire à certains que la France n'était pas réformable ....et bien si Macron et ses équipes arrivent à faire sauter ces verrous ce sera un progrès immense pour le pays . .
a écrit le 13/12/2017 à 11:59 :
Par faiblesse les politiques ont laissé se créer depuis des décennies des baronnies qui n'ont pour seule raison de vivre de faire de l'obstruction systématique pour préserver leur pouvoirs, privilèges et revenus qui vont avec.....et tel est le cas de l'audiovisuel public mais nous les retrouvons aussi dans les instances agricole, l'éducation nationale , la santé , le monde universitaire etc... ce qui a fait dire à certains que la France n'était pas réformable ....et bien si Macron et ses équipes arrivent à faire sauter ces verrous ce sera un progrès immense pour le pays . .
a écrit le 13/12/2017 à 11:56 :
Par faiblesse les politiques ont laissé se créer depuis des décennies des baronnies qui n'ont pour seule raison de vivre de faire de l'obstruction systématique pour préserver leur pouvoirs, privilèges et revenus qui vont avec.....et tel est le cas de l'audiovisuel public ..
a écrit le 13/12/2017 à 11:20 :
C’est vraiment le « vieux monde » qui s’agite dans notre télé d’Etat, des gens qui n’ont jamais eu à se serrer la ceinture à la différence de millions de Français et qui bénéficient en plus d’une ristourne fiscale qu’aucun politique n’a le courage de supprimer pour un peu plus de justice et d’égalité avec les autres citoyens !!!
Réponse de le 13/12/2017 à 11:36 :
Plutôt que de vouloir que tout le monde voit sa condition augmenter vous voulez sans arrêt que tout le monde voit sa condition baisser.

On ne vous censure jamais vos commentaires à vous je suppose hein...

Au secours.
a écrit le 13/12/2017 à 11:20 :
Macron n'ose pas s'attaquer directement aux journalistes de france télévisions et du coup fustige Ermotte que les journalistes ont légitimement pris pour cible également même si là aussi il serait plus normal de s'attaquer au mac.

Une époque difficile pour les laquais de toutes sortes de l'oligarchie, on les plaindrait presque.

Soutient en tout cas envers les salariés de france télévision, service public audiovisuel qui est el seul à diffuser des documentaires contraires au dogme néolibéral oligarchique, on comprend que le mac veuille les mettre au pas. Comme avec le général ! Non mais oh c'est qui qui commande !? C'est qui le chef hein ?

ET vous ferez 100 pompes chacun en prime !
Réponse de le 13/12/2017 à 21:52 :
On peut demander des comptes aux gens qui vivent avec l'argent des impôts, quel résultat qualitatif, quelle compétence et quel salaire pour quel travail !!! Le communisme c'est éffondré sur l'incapacité a être un minimum rentable et a ruiné l'état dit socialiste et ses habitants .

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