Si les histoires d'amour finissent mal en général, certaines peuvent aussi commencer fraîchement, avant (attention, spoiler) de se conclure par une félicité mutuelle et durable. Entre Netflix et la France - on l'a un peu oublié, dix ans après - les débuts furent houleux. Le groupe fondé par Reed Hastings et Marc Randolph s'était pourtant lancé à la conquête du monde dès 2010, en commençant par le Canada, puis la Grande-Bretagne et l'Irlande avant la Suède, la Norvège, le Danemark, la Finlande, et enfin les Pays-Bas. Mais, à la veille de leur implantation, la France n'en représente pas moins un défi particulier.
Pour plusieurs raisons. Soupçonné de vouloir imposer une culture 100 % américaine dans l'un des rares bastions mondiaux de l'« exception culturelle », Netflix s'attaque aussi à la télévision à l'ancienne, dite « linéaire », avec ses programmes imposés à heures fixes entrecoupés de publicités. Difficulté supplémentaire, l'entreprise reste totalement inconnue du grand public français. Selon une enquête de Médiamétrie, réalisée à l'été 2014, 76 % de la population déclare « ne pas connaître » la firme au N rouge vif. Un comble, compte tenu de son développement stupéfiant en seulement sept ans. Car ce n'est qu'en 2007 que l'ex-loueur de DVD - expédiés par la poste dans tous les États-Unis - a lancé son innovation majeure, le streaming, c'est-à-dire la diffusion en flux continu de contenus audiovisuels sur Internet.