Comment Twitter veut rendre les "trolls" invisibles

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Twitter, site de microblogging créé en 2006, revendique désormais 336 millions d'utilisateurs actifs par mois.
Twitter, site de microblogging créé en 2006, revendique désormais 336 millions d'utilisateurs actifs par mois. (Crédits : Reuters)
Le site de microblogging instaure de nouveaux filtres pour réduire la visibilité des publications de "trolls", ces comptes qui commentent les publications de façon ironique ou haineuse. Longtemps resté à la traîne sur le sujet, Twitter multiplie les mesures anti-trolls depuis plus d'un an.

Twitter poursuit sa bataille contre les "trolls". La plateforme de microblogging a annoncé mardi vouloir réduire la visibilité des publications des "trolls", ces fameux comptes qui commentent les publications de façon ironique ou haineuse. Très souvent anonymes, ces comptes peuvent être générés par de vraies personnes ou des "bots" (contraction de "robots", désignant ici des logiciels automatisés).

Certains "comportements de type "troll" sont drôles, positifs ou humoristiques", souligne Twitter dans une note de blog publiée mardi. Mais "ce dont nous parlons aujourd'hui ce sont (ceux) qui déforment et perturbent" le fil des conversations sur le réseau social.

La difficulté pour Twitter, c'est de "réagir de manière proactive à ces comportements perturbateurs qui ne violent pas nos politiques mais qui ont un impact négatif sur la qualité de la conversation", affirme la note de blog. Ainsi, les contenus considérés comme litigieux ne seront pas supprimés de Twitter, ils seront seulement moins visibles dans le fil d'actualité et les résultats de recherche. Les commentaires de trolls sous une publication seront visibles en cliquant sur un bouton "voir plus de réponses". Les utilisateurs pourront également modifier leur paramètre de sécurité pour décider de voir par défaut "tout le contenu" publié sur la plateforme.

"Le résultat est que les personnes contribuant à une conversation saine seront plus visibles dans les conversations et la recherche", avance l'entreprise américaine.

Une baisse des signalements d'abus

Pour identifier les "comportements de trolls", Twitter utilise un faisceau d'indices : si un compte n'a pas confirmé son adresse mail, si la même personne utilise plusieurs comptes simultanément, tweetant en rafale, ou mentionnant des comptes qui ne la suivent pas, ou tout comportement qui pourrait évoquer une "attaque coordonnée". Le réseau social affirme que cette nouvelle méthode, introduite débat mars, a déjà permis de "réduire de 8% les signalements d'abus dans les fils de conversation et de 4% dans la recherche".

Ces nouveaux filtres figurent dans la politique de Twitter, lancée début mars pour "améliorer la qualité, l'ouverture et la civilité des débats publics". Alors que les réseaux sociaux sont critiqués pour permettre un usage détourné de leurs outils, Jack Dorsey, Pdg et co-fondateur de Twitter, admettait début mars :

"Nous ne sommes pas fiers de la façon dont les gens ont profité de notre service, ou de notre incapacité à y répondre assez rapidement" après avoir "été témoins d'abus, de harcèlement d'armées de trolls, de manipulation par les bots, de campagnes de désinformation et de chambres d'écho de plus en plus dissuasives."

Multiplication des mesures anti-trolls

Créé en 2006, Twitter a longtemps été à la traîne pour contrer les "trolls" et les harcèlements en ligne sur sa plateforme. Un fléau qui aurait causé du tort à la croissance du réseau social, estimait en 2015 Dick Costolo, l'ancien directeur général. Dans un mémo interne, il estimait :

"Nous sommes nuls pour gérer les abus et les trolls sur la plate-forme et nous l'avons été depuis des années."

Avant de poursuivre :

"Ce n'est pas un secret et le reste du monde en parle tous les jours : nous perdons utilisateur après utilisateur en ne répondant pas aux problèmes de trolls auxquels ils sont confrontés tous les jours."

Le problème de la modération est un point sensible à tous les réseaux sociaux, qui doivent jongler entre supprimer les publications (et être accusés de censure) et miser sur l'auto-régulation (et être soupçonnés de laxisme).

Pour redresser la barre, le réseau social aux 336 millions d'utilisateurs a multiplié les annonces sur le sujet depuis plus d'un an. En février dernier, Twitter a annoncé un système empêchant les personnes radiées de la plateforme de se créer un nouveau compte avec une autre identité. Deux mois plus tard, l'entreprise américaine a pris une décision jugée surprenante et superficielle... en décidant de supprimer les photos de profil "œuf", affichées par défaut lors de la création d'un compte, au profit d'une silhouette anonyme.

"Nous avons remarqué que certains comptes étaient créés seulement pour harceler les autres, et souvent ils ne prenaient pas le temps de personnaliser leurs comptes (...) C'est pourquoi, on a associé l'œuf à un comportement négatif", justifiait à l'époque Twitter.

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Commentaires
a écrit le 17/05/2018 à 10:28 :
Twitter censure abusivement en utilisant le Shadow Ban et en supprimant chaque jour 2 a 3 de mes abonnés ? Et ce sans aucune explications ? En Marche pour la pensée unique ? Non a la Police politique des réseaux sociaux Twitter Facebook ces derniers ont- Ils des instructions dans l’affirmative de qui ? La France est l’un des pays qui censure le plus ?
a écrit le 17/05/2018 à 0:36 :
Je suis toujours stupéfait de constater que les commentaires des trolls sont ceux qui recueillent le plus de réponses sur les forums. Il s'agit bien évidemment d'un encouragement à la récidive et à l'imitation.
a écrit le 16/05/2018 à 20:19 :
c’est t bien d’avoir pris conscience qu’il fallait poser un cadre
maintenant il faut aller plus loin :
vérifier l’identité des comptes par document officiel pour «  sécuriser » encore plus .
les modérations ne peuvent que être fait par des humains
je ne pense que les subtilités infectes de certains trolls puissent être compris par des robots.
a écrit le 16/05/2018 à 17:54 :
""Nous sommes nuls pour gérer les abus et les trolls sur la plate-forme et nous l'avons été depuis des années.""

Il n'y a bien qu'aux états unis que l'on entend autant de sincérité, tellement rafraichissante, tellement agréable et du coup tellement productive dans le milieu des hommes d'affaires.

Bravo et merci pour cet article qui enfin depuis tant d'années et de centaines d'annonces mensongères nous permet de commencer à espérer qu'ils vont enfin agir.

DE puis que Trump utilise à fond ce réseau social d'ailleurs...

En UE en générale on maquille les incompétences en méthode normale, c'est ça être néolibéral.

Dire que le boss de Twitter me donne raison depuis des années... c'est ça la classe américaine. En UE on est trop compromis pour comprendre l'intérêt de la sincérité.

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