Et les Grands Prix du concours i-Lab 2020 sont…

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(Crédits : iStock)
Traditionnellement en juillet, la cérémonie de remise de prix du concours i-Lab 2020 a été reportée. Mais la sélection des start-up de la deeptech a bien eu lieu ! Le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation les dévoile aujourd'hui. Une façon de montrer son soutien sans faille à l'innovation et de verser rapidement les fonds nécessaires à la mise sur le marché de technologies de rupture - pour le plus grand bien des citoyens. Cette année, le concours i-Lab compte 73 lauréats et distingue parmi eux 10 Grands Prix.

Cette année, crise sanitaire oblige, la cérémonie annuelle marquant la remise des prix du concours i-Lab, ne devrait avoir lieu qu'à l'automne. Mais dès le début de la pandémie de Covid-19, le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation a tenu à montrer son engagement auprès des créateurs d'entreprises issues de la recherche publique.

Non seulement le concours a été maintenu, et a enregistré quelque 424 candidatures finalisées, mais en plus, le calendrier a été respecté ! Même si les processus de sélections ont dû être adaptés et dématérialisés... « La tenue du concours i-Lab était d'autant plus importante que la crise nous rappelle les grands défis sociétaux auxquels nous devons faire face - en santé, mais aussi le réchauffement climatique, les besoins liés à la sécurité, la mobilité, lenumérique ou encore le vieillissement de la population... », précise le ministère. Une stratégie que salue Florence Séjourné, PDG de la société de biotech Da Volterra, et présidente 2020 du jury national du concours i-Lab. « Je tiens à rendre hommage aux organisateurs pour avoir maintenu le calendrier de l'évaluation, malgré les conditions liées à l'épidémie de Covid-19 », a-t-elle déclaré.

Si le ministère a déployé des moyens financiers spécifiques et supplémentaires pour identifier des solutions de lutte contre le nouveau coronavirus, le concours i-Lab, quant à lui, est resté ouvert à tous les créateurs d'entreprises deeptech, quelle que soit leur thématique. « Ce soutien est indispensable, ajoute la présidente du jury national, et dans ce domaine, le concours d'innovation i-Lab, bien établi depuis 22 ans et qui jouit d'une grande reconnaissance, est une vraie chance pour les entrepreneurs français ». Le transfert de technologies, du laboratoire vers l'entreprise et le marché, pour déployer les bienfaits des innovations, quel qu'en soit le domaine, auprès des citoyens, est l'un de ses chevaux de bataille. Mieux, assure-t-elle, « l'innovation est l'une des clés de la prochaine reprise économique ». « Avec i-Lab, nous préparons le monde de demain », confirme de son côté Franck Bernard, responsable de développement produits partenariats, à la direction de l'Expertise de Bpifrance, qui opère le concours pour le ministère.

La subvention, pouvant allant jusqu'à 600 000 euros, qui accompagne les Grands Prix, sera ainsi remise dès cet été.
« Les candidats sont souvent des primo-entrepreneurs, c'est donc d'autant plus important, psychologiquement, qu'ils voient leurs efforts rapidement récompensés », relève à cet égard Franck Bernard. En effet, s'il n'était pas question de faire attendre les candidats, qui ont pris soin de remplir le dossier i-Lab, de réaliser une vidéo pour présenter leur projet, de répondre aux questions pointues des experts, aussi bien sur leur projet que sur leur business plan et leurs ambitions, il n'était pas non plus question pour le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, de retarder le versement des sommes dont est assorti un succès au concours i-Lab. « Nous sommes fiers de pouvoir annoncer le financement de projets qui proposent des solutions à nos grands défis sociétaux », relève ainsi le ministère qui porte avec succès le concours i-Lab depuis 1998. Autre bonne nouvelle du concours 2020, les femmes représentent 20 % des lauréats, un chiffre en augmentation par rapport à l'an dernier (17%) et de près du double de la moyenne historique (11 %).

Les 10 Grands Prix, qui bénéficieront également d'un parrain pour les accompagner dans le développement de leur projet, peuvent donc dès aujourd'hui poursuivre leurs actions, afin de développer plus avant leur projet et faire de la deeptech l'une des réponses à la grande bataille de la reprise économique et du leadership de la France dans le domaine de l'innovation. Nous avons, encore et toujours, besoin de chercheurs/entrepreneurs innovants pour améliorer la vie et la santé des citoyens, protéger la planète, parfaire les procédés industriels, inventer de nouveaux usages aux technologies...

Les 10 Grands Prix

Dominique Barry-Etienne, Be-SAFE

Mycea, start-up montpelliéraine spécialiste des champignons, propose de nouvelles solutions aux bio-industries pour favoriser la transition agro-écologique. La société développe des solutions alternatives aux pesticides conventionnels en valorisant les propriétés biochimiques des champignons. Son projet Be-SAFE (Biocontrol and Environmental Solutions for Agriculture based on Fungal Extracts) vise à identifier et produire un nouveau type d'extraits naturels pour lutter contre les pathogènes agricoles.

Julien Leguy, FunCell

La start-up FunCell propose des produits biosourcés à base de cellulose ou d'hémicellulose pour transformer l'usage des matériaux cellulosiques (papiers, cartons, textiles, panneaux de bois) en leur donnant de nouvelles propriétés inédites (papiers plus résistants, solides à l'état humide...). Les premiers additifs FunCell, appelés BioWet, peuvent ainsi être utilisés par les papetiers pour réduire la quantité de pâte à papier par emballage, sans altérer les performances, ou par les fabricants de papiers d'hygiène pour remplacer les additifs toxiques qui leur offre de la résistance à l'état humide.

Vincent Marichez, Qfluidics

Qfluidics développe une pompe ultra low-shear (extrêmement douce) à destination du marché de la production des bio-pharmaceutiques, où nombre de liquides fragiles, comme les cellules vivantes pour la production de bio-médicaments, nécessitent un pompage extrêmement doux. Une technologie de rupture qui promet aux industriels d'atteindre leurs objectifs de rendement de production, jusqu'ici limité par les dégâts subis par les cellules lors des phases de pompage.

Théau Peronnin, Alice&Bob

La start-up Alice&Bob a pour ambition de mettre au point d'ici cinq ans un ordinateur quantique universel sans erreur et de vendre sa puissance de calcul exponentielle. Une telle machine serait à la fois capable de faire tourner n'importe quel algorithme, comme tout processeur classique, mais surtout de manière 100 % quantique, sans décohérence, autrement dit, sans erreur résultant du passage d'un état quantique à un état classique.

Ludovic Perret, NextHSM

Dans un contexte de numérisation accélérée, les entreprises veulent renforcer la sécurité de leurs données, dans le respect des nouvelles contraintes réglementaires motivées notamment par l'arrivée de l'ordinateur quantique - sachant que la menace quantique est déjà là, puisque les données chiffrées échangées peuvent être stockées aujourd'hui pour être déchiffrées dans quelques années. CryptoNext Security propose une bibliothèque cryptographique qui combine le meilleur des standards actuels de cryptographie avec de nouveaux algorithmes résistants à l'ordinateur quantique.

Georges Reymond, PROQURE

L'ordinateur quantique, par sa puissance unique, va révolutionner le domaine du calcul intensif. Les démonstrateurs construits jusqu'à présent restent toutefois limités dans leurs possibilités du fait qu'ils n'arrivent pas à passer à l'échelle. Cette dimension est l'atout majeur de la technologie exploitée par la start-up Pasqal. Validée en laboratoire, elle a déjà prouvé son potentiel en contrôlant les interactions de 49 particules quantiques individuelles, des atomes neutres manipulés par laser et piégés dans un réseau de pinces optiques. Le projet PROQURE vise à pousser cet avantage en atteignant 1 000 qubits.

Anavaj Sakuntabhai, D4Zin (Dengue 4 Zika Vaccine)

Issu de l'Institut Pasteur, le projet D4Zin (Dengue 4 Zika Vaccine) vise le développement d'un vaccin cellulaire contre les virus de la dengue et Zika. D4Zin est un vaccin à cellules T innovant qui combine une immunisation de longue durée et simultanée contre les quatre sérotypes de virus de la dengue et contre Zika, tout en évitant le renforcement de l'infection par les anticorps.

Christoph Spuhler, AcuSurgical

La start-up AcuSurgical, qui vient d'être créée, a pour ambition de révolutionner la chirurgie vitréo-rétinienne. Elle conçoit et fabrique un dispositif robotisé qui améliore la précision et la sécurité de cette chirurgie très délicate et permet d'opérer les patients de manière plus précoce et plus sûre. Ce robot ouvre également la voie à des chirurgies de demain qui ne sont pas réalisables par une main humaine.

Carlos Viana, ILICO

Le projet ILICO est le programme d'innovation de la société ICON Photonics, start-up issue des laboratoires de recherche de l'école d'ingénieur ESIEE Paris et du laboratoire CNRS-ESYCOM. ICON Photonics exploite un brevet international déposé sur une technologie de couplage optique pour les communications fibre optique. Cette technologie permet notamment d'augmenter les performances de débit des composants situés dans les modules optiques des datacenter et des systèmes de télécommunication optique 100Gbps et plus, tout en diminuant leur consommation énergétique.

Flore Wang, One Million Sheet

One Million Sheet construit la plus grande base de partitions de musique exploitables par la machine à partir de laquelle elle entraînera une intelligence artificielle capable de générer de nouveaux arrangements. Son objectif : devenir la première bibliothèque rassemblant les écritures de toutes les musiques du monde et permettre à plus de personnes de jouer de la musique.

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