La deeptech française à la conquête de l'Amérique (1/4)

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(Crédits : Reuters)
Dans le cadre du programme Deeptech North America - NETVA, lancé en 2010 et porté par le ministère de l'Europe et des Affaires Etrangères, 14 start-up innovantes françaises s'envoleront au printemps prochain pour les Etats-Unis. L'objectif ? Explorer le marché et les opportunités de développement sur place. Car pour toutes, les Etats-Unis sont incontournables. Et les lauréats i-Lab sont présélectionnés d'office...

Embarquement immédiat ! Les 14 start-up françaises* sélectionnées dans le cadre du programme Deeptech North America - NETVA, ont déjà eu un avant-goût de ce qui les attend outre-Atlantique avant l'été. En effet, elles viennent de participer à un séminaire de formation sur l'approche des marchés nord-américains. Au programme : interventions d'experts français et américains, ateliers et pitchs. De quoi débroussailler le terrain. Même si l'Amérique n'est pas forcément une inconnue. Ainsi, Simon Gazikian, le nouveau DG d'Amiral Technologies, spin-off du CNRS fondée à Grenoble en 2018 et lauréate du concours i-Lab 2019, a travaillé aux Etats-Unis au cours de sa carrière. « Les Etats-Unis sont un axe de développement majeur pour nous et un passage obligé, confirme Simon Gazikian. Or nous n'avons pour l'instant que des clients français ». Il compte donc sur NETVA pour trouver dans la région de San Francisco des partenaires commerciaux pour la distribution du logiciel mis au point par Amiral Technologies, qui permet de prédire, sans données historiques de pannes, les pannes à venir sur des équipements industriels, ainsi que des partenaires industriels qui pourraient intégrer la technologie française dans leurs propres instruments.

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Un programme à la carte

Des premières informations dispensées lors du séminaire, il a particulièrement retenu les dispositifs en direction des entreprises françaises en matière d'assurance à l'export, de même qu'il a apprécié le fait de devoir faire une présentation, qui pourra servir auprès d'investisseurs, de même que les feedbacks et les questions des autres start-up sélectionnées pour le programme. Une façon de s'enrichir et d'élargir sa vision. « Le programme est bien structuré, et le fait qu'il soit à la carte est la bonne formule », conclut-il.

Ce qu'il attend de son séjour sur place - au printemps prochain, si tout va bien sur le front sanitaire - ce sont « des feedbacks des Américains sur notre technologie et notre proposition de valeur, d'autant que dans quelques mois, nous aurons déployé encore davantage de projets », dit-il, de même que « des contacts qui pourraient déboucher sur des partenariats et pourquoi pas, des discussions avec des investisseurs potentiels ». Si les Etats-Unis sont dans sa ligne de mire, le nouveau DG, qui a pris son poste à la fin 2019, veut procéder par étapes. « D'abord la France et l'Europe, puis les Etats-Unis et l'Asie ». Autant dire qu'il voit grand ou, comme il le dit, qu'il est « ouvert à tout ». Et surtout au succès...

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Devenir un acteur de référence

Nihal Engin Vrana, co-fondateur, en 2019, de SPARTHA Medical, et lauréat du concours i-Lab la même année, connaît lui aussi les Etats-Unis : il a fait son post-doc au MIT, à Boston, après un doctorat en ingéniérie biomédicale à Dublin. « Mais si j'ai déjà un réseau universitaire, je n'ai aucun contact avec des investisseurs, ni avec des chirurgiens », dit-il. Issue des travaux de recherche de l'Inserm à Strasbourg, la toute jeune pousse developpe des revêtements multifonctionnels à base de polyarginine et d'acide hyaluronique « qui servent à protéger aussi bien les prothèses dentaires que les implants de hanches et de rachis des bactéries », complète le scientifique. Et si son produit est déjà en demande en Allemagne, SPARTHA Medical souhaite le commercialiser sur le grand marché américain de la santé. Pour cela, Nihal Engin Vrana ira à Los Angeles, « une ville très active dans la biotech. La Californie est stratégique pour nous », souligne-t-il. Aidé des experts du consulat de France sur place, il espère pouvoir entrer en relation avec les chirurgiens du réseau hospitalier lié à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA) pour leur présenter le produit en personne. « Parce que c'est sur la relation, le visuel, la confiance, que les choses se jouent », ajoute-t-il.

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Déjà, la formation de l'été a été riche en enseigments. « Ce n'est pas parce que je connais les Etats-Unis que je dispose de toutes les informations techniques ou juridiques pour monter une filiale ou aborder le marché ! », s'exclame ainsi Nihal Engin Vrana. D'autant que « le développement international est obligatoire » pour une start-up de son secteur, ajoute-t-il. Ce chercheur/entrepreneur espère donc qu'avec NETVA, il pourra explorer deux axes de développement sur le marché américain : la vente en direct du revêtement pour implants aux hôpitaux, et la mise en place des partenariats avec des sociétés qui fabriquent ces implants pour leur fournir un revètement correspondant à leurs besoins spécifiques. Son ambition n'est-elle pas de faire de SPARTHA Medical un acteur de référence sur le créneau des protections pour implants chirurgicaux, à horizon 2025 ? Il compte bien sur le programme NETVA 2020 pour y parvenir. Un programme pour lequel, d'ailleurs, comme les autres lauréats du concours i-Lab, il a bénéficié d'un accès direct à la deuxième phase de sélection, du fait de la passerelle établie en ce sens entre le ministère des Affaires étrangères et celui de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.

* AgenT, Amiral Technologies, Byond, Carbon Waters, CERTIS Therapeutics, Deepsense, Grapheal, Hewel S.A.S., PowerUp, SPARTHA Medical, SurgAR, Vaxxel, VeriQloud et Wise-Integration

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